Aux délégués et secrétaires de sections

de l’Assemblée extraordinaire du PCF

A tous les communistes de France

Nous vivons un temps déclassé. Notre chemin se perd dans la confusion des esprits et des formes. Nous avons pour mission historique d’être les initiateurs d’une époque nouvelle.

Oui, nous sommes, camarades, nous ne l’oublierons jamais, les continuateurs des Soldats de l’An II, des Jacobins de la grande Révolution française, des Robespierre, Saint-Just et Babeuf, oui, nous portons en nous les idéaux de la Commune de Paris, d’Octobre 17 ; oui, nous sommes aussi les militants actifs du programme du Conseil National de la Résistance de 1945 ; oui, nous sommes enfin avec la classe ouvrière et le peuple de France, les porteurs d’avenir.

Non ! nous ne vivons pas la fin de l’Histoire ! Tous les communistes de France doivent maintenant se retrouver dans le grand élan de solidarité révolutionnaire pour une société plus juste, pour une république sociale, pour le Socialisme.

Ce n’est pas le parcours suivi par les directions successives de notre Parti ces 15 dernières années.

Jamais depuis un siècle, nous n’avons été confrontés à une telle déchéance politique.

Sous les coups de boutoir idéologique de la classe dominante, nous nous sommes effondrés, sans réaction, sans idées, sans emprise dans les luttes. Nous avons perdu l’enthousiasme de ceux qui proposent de construire les temps nouveaux. Nous sommes proches du collapsus politique….

Réagissons Camarades !

Avons-nous le cœur de reprendre le combat de classe que nous n’aurions jamais dû quitter et qui forme l’essence même de notre raison d’être ? Pourtant, depuis la disparition des régimes du socialisme bureaucratique en Europe, nous nous efforçons, sans pensées théoriques, de trouver des concepts nouveaux pour le « rassemblement de la gauche ». Ainsi, cette stratégie à l’allure de « Gribouille » (les expériences récentes l’ont prouvé) nous fait glisser vers un néo-réformisme qui va à l’encontre des positionnements révolutionnaires indispensables à la revivification de notre parti communiste.

Plus encore, certains parmi nous prônent plus depuis longtemps la collusion de notre parti dans un ensemble social-démocrate pour la gauche française ; d’autres considèrent que la disparition du PCF en faveur d’une organisation politique nouvelle est la seule solution pour rassembler, en une nouvelle entité, la gauche de la gauche.

Il y a là l’effet majeur d’un pragmatisme destructeur qui nous renvoie vers les formes les plus élémentaires de la pensée politique….

L’offensive tous azimuts de la grande bourgeoisie dans la bataille idéologique du moment et sa représentation politique de la droite au pouvoir, ne trouve face à elle que réforme de la réforme, c’est-à-dire l’approbation des mouvements sociaux sur les bases du « capitalisme triomphant ».

Nous, les communistes de France, nous ne sommes pas dupes de cette stratégie d’abaissement politico-idéologique. Nous avons la conviction qu’il est indispensable de conserver l’organisation communiste PCF capable en ces jours troublés de novations profondes au carrefour du théorique et du politique.

Nous ne pouvons prospérer que sur la base d’une compréhension approfondie du monde et de sa traduction dans un projet politique. Notre parti a perdu depuis longtemps cette aptitude dialectique à élaborer des constructions fondamentales.

Aujourd’hui, où l’ensemble du corps social est imprégné par l’idéologique dominante, où les forces progressistes et révolutionnaires sont en sommeil, nous avons le devoir sacré de réanimer nos conceptions des luttes de classes par une confrontation marquée du sceau des mouvements anticapitalistes au plan mondial.

Nous devons réactiver la solidarité internationaliste. Les bourgeoisies française et européenne peuvent ainsi s’attaquer plus avant aux progrès sociaux arrachés par les luttes au cours des décennies précédentes.

Les forces réactionnaires au pouvoir façonnent ainsi sans vergogne des programmes de reculs sociaux dans tous les secteurs de la vie afin de réaliser au nom de la « modernité » toujours plus de profits pour les minorités et tenants du capitalisme maintenant mondialisé.

Il faut réagir, il est grand temps !  Seules les idées communistes peuvent engendrer des combats vainqueurs.

Il nous faut transmettre à notre peuple travailleur des signes forts, des perspectives novatrices, des stratégies solidaires et coordonnées, dans l’union repensée et activée par les intérêts majeurs des acteurs sociaux.

Rien ne peut nous soustraire aux nécessités de notre temps, rien ne peut nous conduire aux buts recherchés, le socialisme, sans l’apport majeur de la classe ouvrière du 21ème siècle, seule capable de fédérer les structures sociales de notre pays.

C’est pourquoi, les communistes de France, ceux qui sont fiers de l’être, vous appellent au rassemblement, certes dans la diversité, de nos forces, mais surtout pour des objectifs futurs communs qui rendront à notre parti communiste sa grandeur et son audience passées….

Nous ne pouvons donc accepter les tergiversations pseudo théoriques de la direction actuelle du PCF qui pratique une politique de liquidation par petites touches mais qui, aujourd’hui, ne peut plus tromper les militants.

Les communistes de France, ceux qui sont en marge et qui attendent le renouveau nous imposent de remettre à jour une conception révolutionnaire de l’action politique avec des horizons clarifiés.

Il nous faut impérativement dégager, étudier, traduire dans la vie les grands thèmes politiques du moment et notamment :

  1. La configuration des classes sociales contemporaines,
  2. La nature du capitalisme mondialisé,
  3. L’enjeu de l’écologie,
  4. Les contenus du socialisme.

Réfléchissons ensemble pour nous opposer aux fausses alternatives que l’on nous propose en ce jour de l’Assemblée extraordinaire.

Par conséquent, nous vous demandons un vote de défiance envers la direction du Parti et l’installation d’un comité provisoire de préparation du prochain congrès.

retour archives