La gauche… C’est qui ? C’est quoi ? Par André Perez, secrétaire de la section PCF de Millau (Aveyron).

Après 2002, 2007 a confirmé ce que nous craignions, nous ne sommes pas morts mais marginalisés.

Nous allons devoir aborder deux questions de fond :

- celle du communisme ;

- la refondation de la gauche.

Sur ce point que j’aborde là, je l’avoue, je suis perplexe, parfois excédé par toutes ces références incantatoires à la gauche.

Les premières contributions au débat sont caractéristiques. La gauche n’est évoquée qu’en référence à des formations ou des partis politiques, titulaires de ce label, une fois pour toutes. Dans les deux campagnes que nous venons de vivre, les communistes qui étaient sur le terrain ont plusieurs fois entendu : « La gauche, la droite, c’est pareil ! »

Le vote utile qui nous a coûté entre 3% et 5% aux présidentielles n’a pas joué uniquement en faveur de Ségolène Royal, mais aussi en faveur de François Bayrou. Preuve supplémentaire d’un manque de repères que nous entretenons nous-mêmes, en évacuant ce qui me paraît essentiel, identitaire : les valeurs.

Comment peut-on évoquer sans cesse la notion de gauche, en dehors des projets politiques, des propositions et, tout aussi important, des comportements ?

Parlons concret. Lorsque François Hollande affirme son ambition de fédérer en un seul parti toutes les formations allant du centre au PCF, il illustre toutes ces ambiguïtés ressenties par notre peuple en faisant de la seule arithmétique électorale le moteur de sa démarche.

Quand Robert Hue félicite Ségolène Royal pour la qualité de sa campagne, il ne fait pas autre chose, passant par pertes et profits la suppression de la carte scolaire, les flics à l’école, les références à Tony Blair, la remise en cause des régimes spéciaux, les appels à Bayrou. Je précise que les partisans d’une gauche de la gauche nous proposent le même menu… en changeant la serveuse !

Mais restons dans le concret.

Kouchner, Besson, Bockel… des personnalités socialistes siègent dans le gouvernement Sarkozy. Sont-ils différents aujourd’hui de ce qu’ils étaient hier ? Sont-ils différents de Lang, Strauss-Kahn ou Royal ? Lorsque, en toute connaissance de cause, on soutient le projet Giscard de constitution européenne, reste-t-on de gauche malgré tout ?

Aborder le concept de gauche, à partir de l’essentiel, les valeurs, suppose de ne pas faire abstraction de la question des comportements, de la déontologie.

Lorsque Ségolène Royal reconnaît avoir inscrit dans son programme des mesures qu’elle désapprouvait et qu’elle n’aurait donc pas appliquées, le mépris des citoyens, est-il de gauche ?

Quand José Bové dit en 48 heures, tout et son contraire, quand il foule aux pieds, avec la complicité de communistes, un principe démocratique : « un homme, une femme, une voix », est-il de gauche ?

Quand Fadela Amara rejoint celui qui veut nettoyer les banlieues au Karcher, est-elle de gauche ? Que dire de ces associations que l’on nous présentait comme parées de toutes les vertus, par rapport au PCF ringardisé ?

Et quand Malek Boutih, président de SOS Racisme, membre du PS, félicite Fadela Amara, est-il de gauche ? Qui peut comprendre ?

Tout cela pour en arriver à une conclusion que je soumets au débat.

 

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