Du passé, faut-il faire table rase ?
Pour certains la démonstration est imparable : le passé est mauvais (ce n’était que du stalinisme), le présent est catastrophique (voir les résultats des élections) et donc le PCF est sans avenir.
La Révolution Française a aboli les privilèges et l’esclavage, mais elle a donné le pouvoir à la bourgeoisie. Pourtant elle reste une référence.
La Révolution Bolchévique a sorti les pays de l’ex-URSS de l’oppression tsariste, de la misère, du sous-développement, de l’analphabétisme. Elle y a permis l’émancipation des femmes. Même si elle a aussi ses pages sombres et a perdu la bataille face au capitalisme, il faut comprendre ce qui s’est passé, en tirer des leçons, mais pas caricaturer ni rejeter en bloc.
L’histoire du PCF c’est le combat contre le capitalisme, l’impérialisme, avec 1936 et ses luttes victorieuses, la résistance, les nationalisations, la sécurité sociale, l’anticolonialisme, la solidarité avec les peuples et la lutte pour la paix... Aucun de ces combats n’est à rejeter. Il faut les poursuivre et les faire vivre. Mais c’est aussi des exclusions arbitraires, l’étouffement des sensibilités.
C’est aussi, plus récemment, la participation de 1997 à 2002 à un gouvernement qui a privatisé comme jamais. Résultats : aux législatives de 2002, le PCF perd la moitié de ses électeurs (les 2/3 pour la Charente-Maritime) par rapport à 1997. La « mutation » a frappé.
Le Parti s’efface aux élections dans de nombreuses régions (dont la notre). Après la victoire du NON où le parti est un considérable moteur, son effacement continue. M.G. Buffet sera candidate de la gauche antilibérale et populaire et récoltera (malgré sa campagne courageuse mais hors du parti) 1,92%. C’est bien le résultat de choix politiques éloignés des luttes.
C’est de ces choix qu’il faut discuter.
Je ne partage pas la position de ceux qui veulent fondre le PCF dans une force antilibérale à la gauche du PS : cela poursuivrait son effacement illustré encore dernièrement lors de l’appellation du groupe à l’assemblée nationale où le gros mot « communiste » a disparu.
Je ne partage pas non plus le souhait de ceux (dont J.F. Mémain et M. Carmouse, responsables nationaux et du département du 17) qui veulent construire un autre parti avec un autre nom. Ils peuvent partir si c’est leur choix.
Quitte à être traitée de communiste, je pense que le PCF a de l’avenir en étant utile au peuple….. s’il reprend dans les conditions actuelles le combat pour l’abolition du capitalisme.
Florence Granados, section de Rochefort.