Pas de Tabou dans le Parti !
Dans l’Huma et sur internet, les dirigeants du PCF, P. Cohen-Seat, P. Blottin, J.C. Gayssot, D. Grador, R. Martelli, M. Duffour…, répandent leurs analyses sur la baisse de l’influence du parti communiste et proposent tous, avec des variantes de pure forme, sa disparition et une prothèse réformiste sur ce qu’il en resterait. Ils proposent qui de regarder en Allemagne, qui en Italie, pour rechercher un nouveau modèle pour alimenter le débat, (le noyer ?) mais se refusent à rencontrer certains partis communistes.
A les croire, ce sont eux les modernes. Il ne doit pas y avoir de tabou. La matrice, l’organisation, (les idées ?) sont obsolètes : il faut les changer. Leur avis est implacable. Partout le modèle issu de la troisième internationale a conduit à la faillite. La pensée unique leur sert d’argumentation. L’histoire de chaque peuple des ex-pays socialistes est ramenée à un magma infernal. Peu importe qu’en Tchéquie par exemple, il y ait un parti communiste puissant qui puise ses racines dans une existence communiste indépendante de l’arrivée de l’armée rouge. Il faut montrer que tous les peuples de tous ces pays ont une haine du socialisme. Dans une interview d’un cinéaste roumain, un journaliste de l’Huma (notre journal d’après Michel Laurent) ne fait même pas remarquer que, concernant la législation sur l’avortement, la Roumanie était une exception parmi tous les pays se réclamant du socialisme. Le parti ne s’oppose pas à l’idéologie dominante.
Ces dirigeants demandent qu’on écoute les non communistes, comme si les camarades ne discutaient qu’entre eux, n’avaient aucun contact avec « l’extérieur». (A ce sujet heureusement que je discute avec mes collègues, car ce n’est pas au parti que j’ai des discussions puisque les assemblées générales n’existent pas dans ma section dirigée par des partisans de dirigeants précités).
Par leur cynisme, leur absence d’autocritique, ils me font penser aux dirigeants d’entreprises qui ont « échoué » et disent mériter bien leur parachute doré.
Car enfin ils ont participé grandement à l’élaboration d’une stratégie; à sa mise en œuvre, qui a conduit le parti aussi bas. Si le parti ne correspond pas à leurs idées, qu’ils aillent en créer un autre ailleurs, qu’ils laissent les communistes décider des moyens et de la stratégie communiste à mettre en œuvre, mais qu’ils ne cherchent pas à profiter de leurs états de dirigeants pour dilapider le patrimoine de générations de communistes.
Les communistes après avoir été sonnés par le KO électoral, commencent à relever la tête. C’était bien net à la fête de l’Huma. Ils demandent des comptes à la direction et ce, de plus en plus fortement. La direction nationale du PCF ne peut plus ne pas entendre ce sourd mécontentement. Ne sachant plus comment le contenir, elle en vient à s’interroger sur la nécessité du congrès extraordinaire qu’elle avait convoqué ( M.G. Buffet déclarant au dernier Comité National : « Peut-être que l’idée d’un congrès extraordinaire de décembre était une erreur. »). Elle réagit au jour le jour. Ce n’est pas ainsi que le parti se relèvera. Mais au vu des prises de positions de tant de dirigeants, le veut-elle vraiment ?
Francisco Granados
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