Témoignage, ressenti et propositions ……

 Avec un certain recul, je pense que si je n’ai pas quitté le PCF il y a quelques années, en même temps que mes camarades, avec lesquels j’étais sur la même longueur d’ondes, c’est peut être parce que j’étais en train de me battre pour essayer de sauver aussi la CGT.

 Aujourd’hui après réflexion, je pense qu’ils ont eu tort de partir et je me rends de plus en plus compte que l’on aurait bien besoin d’eux,  pour notamment  enrayer l’idée que notre parti doit disparaître.

Si cette idée peut paraître légitime lorsqu’elle vient de nos ennemis de classe, elle me semble très injustifiée lorsque ce sont ceux que l’on croyait nos  « alliés » qui s’en emparent.

Pour moi ils sont partout y compris au sein de notre parti et c’est insupportable.

Nous serions trop naïfs de croire que l’être humain, parce qu’il serait étiqueté communiste, soit parfait.

Trop d’exemples nous l’ont fait comprendre, et l’avenir de l’équilibre mondial, entre défenseurs de l’être humain et défenseurs du capital, s’en trouve aujourd’hui menacé.

Le compromis est une chose qui peut faire avancer ce pourquoi on se bat, la compromission peut déboucher sur sa propre perte.

Camarades, il est temps de rétablir l’ordre au sein de notre parti, sinon ceux qui nous proposent aujourd’hui de changer de nom, mais aussi de base, auront gagné et le réformisme aura une fois de plus aidé le libéralisme à obtenir une nouvelle victoire sur la classe ouvrière.

 Je suis persuadé qu’une quasi majorité de camarades ne souhaite pas que notre parti change de nom ni de base.

Les victoires de notre parti, tout au long de son existence nous laissent encore espérer de beaux jours.

Sous prétexte de modernisme, à quoi ressemblerait le fait de dire je suis communiste, s’il n’y avait plus de parti communiste ?

A moins que certains :

1/ aient honte  de porter cette étiquette,

2/ aient atteint leur objectif en voyant le Parti Communiste Français disparaître,

3/ s’y voient attribuer des postes pouvant assouvir leur soif d’ambition personnelle, voire de pouvoir.

 Peut être suis-je un peu basique, mais les bases ne sont elles pas l’origine d’une bonne compréhension des faits POUR TOUS.

 Apprendre pour comprendre, comprendre pour agir.

A l’heure où le libéralisme est en train de nous reprendre tous les acquis sociaux que nos aînés avaient obtenus par la lutte et parfois au prix de leur vie, n’y aurait il pas besoin d’avoir un peu plus de reconnaissance envers eux ?

N’y aurait il pas nécessité à réhabiliter  et à maintenir avec fermeté les bases qui étaient les leurs pour faire avancer leur combat, notre combat, celui des exploités ?

A l’heure où le capitalisme est devenu de plus en plus puissant, ne doit on pas lui opposer le reste de nos forces, y compris si aujourd’hui cela ressemble à de la résistance ?

Rappelons nous qu’il n’y pas si longtemps, la résistance a permis de déboucher sur la libération de notre peuple et sur de nouvelles conquêtes.

 A l’heure où le libéralisme met au grand jour ses contradictions, son mépris de l’être humain, ne pourrions nous pas être en capacité de l’aider à se suicider au lieu de penser à notre propre suicide ?

Nous n’allons tout de même pas nous installer à Londres pour faire avancer des idées justes, des idées qui sont dans la tête de la majorité du peuple français.

Des idées de plus de social, de plus de justice et de reconnaissance qu’ils ne savent pas comment faire avancer de manière concrète, parce que l’individualisme développé jusqu’à aujourd’hui par les dirigeants de ce pays, que nous appelons : NOS ennemis de classe, ne leur laisse pas entrevoir  la perspective d’une bataille politique et donc d’une victoire politique collective.

Parce qu’on leur a enlevé toute notion de ce qu’étaient leurs devoirs et surtout leurs droits.

Le « votez pour nous, on s’occupe du reste » doit être combattu dans notre bataille pour d’autres réalités qui pourraient être entre autre «  ensemble on est plus fort » ou « construisons ensemble un avenir plus juste ».

Malheureusement le votez pour nous on s’occupe du reste existe aussi,  au sein de notre parti et il va falloir d’abord balayer devant notre porte si l’on veut regagner la confiance, être en quelque sorte un modèle de démocratie.

Les temps sont révolus, où l’on arrivait à faire croire aux gens qu’il n’y avait pas d’argent.

La parade est de plus en plus facile pour démontrer l’inverse à ceux qui y croiraient encore.

Il suffit de regarder la télé ou de lire les journaux.

Il ne se passe un jour ou une semaine au cours desquels on nous explique qu’un dirigeant d’entreprise a perçu une somme colossale pour le remercier suite à  « d’une erreur de gestion ».

Et, dans le même temps on nous annonce les licenciements de plusieurs centaines de salariés.

On nous annonce à coup de pages entières dans les journaux financier des profits et des résultats sans cesse croissants de la part des entreprises du CAC 40, que le père Sarkozy pour donner l’exemple s’est augmenté de plus de 200%  pendant que l’on nous montre des gens qui vivent été comme hiver sous des toiles de tentes ou dans des locaux insalubres parce qu’ils n’ont pas pu honorer leurs loyers ou tout simplement parce qu’ils ont trop peu de revenus ou aucun.

A partir de cela, pouvons nous penser, nous communistes, que tout le monde serait devenu si inhumain et si injuste, qu’au fond  de lui même il n’aurait pas envie de plus de justice et de plus d’équité.

 Serions nous en train de croire, tout au moins pour certains d’entre nous que face à cela, notre identité de parti communiste français, avec tout ce qu’il a aidé à faire avancer, pour plus de justice sociale, pourrait nous gêner dans la concrétisation de nouvelles victoires avec ceux qui souffrent, et que de nouvelles avancées permettent à tous un avenir plus serein.

Mais quel est ce communiste qui pourrait croire en cela et vivre  sans honte, sans mériter le mépris de la classe ouvrière.

Serions nous aujourd’hui, si distant de ce peuple pour ne pas se rendre compte qu’il est  de plus en plus concerné par la lutte des classes, et qu’il attend peut être un signe fort de la véritable gauche. Celle dont il devrait encore croire qu’elle peut l’aider à faire avancer sans ambiguïté, ses souhaits de justice et ses besoins de reconnaissance sociale.

Qui n’aurait pas déjà constaté  que le parti socialiste, auquel une partie de la classe ouvrière a cru à une  époque est en train de voir certains de ses cadres passer à «  l’opposition », passer au service du libéralisme de façon plus officielle, et donc au service de ceux qui empoisonnent leur vie de tous les jours.

N’aurions nous pas eu la subtilité de bien analyser que de telles attitudes rajoutées à d’autres, par exemple, le financement des partis politiques et ses répercussions dans certaines malversations, pouvaient amener à penser le « en politique tous pourris »

Il est grand temps de faire la clarté sur tout cela, si l’on veut redevenir le parti de confiance des français exploités.

Nos tentatives de fusions, de changement d’identité décidées uniquement au sommet et soumises de façon peu démocratique à des camarades un peu trop confiants ou naïfs, n’arrangeront rien et il suffit de voir comment cela se décrète et se déroule pour comprendre que nos chefs pourraient  y retrouver certaines « compensations ».

Je pense par exemple, à la façon  dont s’est déroulée, l’assemblée de section de La Rochelle devant permettre d’animer des débats sur l’avenir de notre parti et se conclure par la désignation des candidats pour le niveau national.

La moindre des choses, c’est que l’on peut affirmer qu’elle ne s’est pas déroulée de façon  démocratique et que cela n’a pu échapper à aucun des participants à part ceux qui sont convaincus que le débat doit rester l’affaire des chefs et pour lesquels démocratie reste un vain mot.

 1° Refus d’écouter jusqu’au bout ce que j’avais à dire, sous prétexte que j’aurais débuté avec maladresse mon intervention par des propos vexants pour notre secrétaire fédéral. Maladresse que j’ai aussitôt reconnue, mais qui n’enlevait aucun sens à mon intervention, qu’une minorité a cru bon de boycotter, après avoir reconnu que le parti manquait de voix aux élections.

Et sous prétexte que j’avais déjà parlé !

2° La majorité des interventions a porté sur l’incompréhension et le refus sur la proposition du changement de nom du parti et donc le refus de la création d’un parti sur d’autres bases que celles de la lutte des classes. 

3° Cette réunion n’avait pas été préparée à la hauteur des enjeux qu’elle représente pour la classe ouvrière toute entière.

4° Les débats ont été trop limités dans le temps et tout le monde n’a pas pu s’exprimer.

5° Alors que nous étions là pour désigner nos candidats, les listes étaient toutes prêtes, sans qu’aucun appel à candidatures n’ait été fait.

6° Les réponses, un peu cavalières, de notre secrétaire fédéral à des questions posées par des camarades, m’ont fait penser que seul le chef avait raison.

 J’espère que ce n’est pas sur des bases identiques que l’on va développer la démocratie au sein de notre parti, parce qu’effectivement il ne correspondrait plus à ce que bon nombre d’entre nous en attend, à ce dont j’ai été fier.

 Effectivement les gens qui agissent de la sorte sous des aspects « sympas » peuvent aller voir ailleurs et créer tous les partis qu’ils veulent.

Pour ma part, mon départ n’est pas du tout envisagé, de nombreux combats et de nombreuses victoires sont encore possibles et je propose à ceux qui ont fait fuir au prix de leur santé, des camarades dont les valeurs n’étaient pas contestables, ceux qui ont fait perdre par croyance ou par inconscience la confiance du peuple envers le parti communiste français, de revenir sur des positions plus saines et plus constructives.

 Quelques propositions à débattre ou à améliorer si l’on veut avancer

 Il serait de bon goût de remettre en place les formations de base et supérieure de notre parti.

D’être avec les salariés porteurs de leurs revendications légitimes.

De développer dans le milieu exploité mais aussi au sein de notre parti une conscience de classe, qui me semble être aujourd’hui loin des pensées de certains d’entre nous.

De revenir au travail de proximité, par exemple en allant diffuser nos propositions ou notre presse sur les marchés, dans les entreprises et au sein de la population.

D’aller rencontrer les salariés en lutte.

 Il y a du travail pour regagner la confiance. L’heure n’est donc pas à baisser les bras, à vouloir changer de nom ou à vouloir brader notre parti, mais plutôt à vouloir lui redonner les moyens de la lutte, les atouts pour gagner.  

Michel CONNANGLE

retour archives