Les fossoyeurs du Parti sont en marche ! Des communistes proposent la fondation d’un autre parti.
JF Mémain et M Carmouse sont parmi les premiers signataires d’un texte qui propose de « mettre en discussion le principe de la fondation d’un autre parti politique…en levant le tabou du nom. ». Ce n’est pas nouveau. Le coup du changement de nom a déjà été repoussé lors des précédents congrès. Fabienne Pourre souhaite que « toutes les cartes soient sur la table…On a trop souffert de discussions où les cartes étaient biseautées. » Rappelons que le collectif PCF 17 s’est créé suite aux résultats du 21 avril 2002 et au refus de discuter de la direction fédérale. Ca fait 5 ans qu’on attend que chacun joue cartes sur table. Les signataires reprochent à la direction du PCF « d’avoir mis sur le compte de la gauche plurielle et de Robert Hue l’échec de 2002. » C’est pourtant bien en 2002 que le Parti a perdu la moitié de son électorat (les 2/3 en Charente Maritime).
PCF, 1920-2008 ? C'est parti : la scission en 2008 ? Peut-être même avant...
« Les proches de Robert Hue ouvrent les hostilités au sein du PCF » titre l’Immonde, non sans jubilation, dans son édition datée du 20 juin 2007...
Quand les media du Parti de la Presse et de l’Argent (PPA – voir www.leplanb.org) font complaisamment écho aux déclarations de R. Hue, on pense immanquablement à cet ouvrier russe apostrophant Gorbatchev, la dernière fois qu’il s’est présenté aux présidentielles russes : « Mikhaïl Sergueievitch, que reste-t-il à détruire ?... ».
Les hostilités envers les communistes, au sein même de leur Parti, ont été ouvertes depuis longtemps : au moins depuis l’arrivée de R. Hue au Secrétariat général. Depuis au moins quinze ans, lui et sa clique expliquent aux communistes, inlassablement, ce qu’ils doivent être, et surtout ce qu’ils ne devraient plus être. Aujourd’hui, ils voudraient nous faire prendre l’effet pour la cause, le « déclin » du Parti dont ils sont responsables pour une fatalité, sur laquelle ils glosent sans aucune pudeur.
Mais l’article de « l’organe central du PPA » fait plus précisément référence à cette chose honteuse que l’on peut lire là : http://communisme21.fr/spip.php?article139 (et qui a déjà été signée par J.F. Memain et par Michèle Carmouze, entre autres). On peut s'en épargner la lecture, tout tient dans le titre III : « III- Notre proposition : fonder un autre parti. ». Là, on a envie de dire : « allez-y, les enfants, on ne vous retient pas ! ».
Mais on peut déjà conjecturer un brin : les fractions les plus droitières du PCF iraient à la scission, pour ensuite fusionner dans un nouveau Parti Démocratique de Gauche (PDG, si si, allez...) avec la gauche du PS (quelques nonistes du PS, Mélenchon, etc.) qu’aura abandonnée sa propre droite « moderne » (les Royal, DSK...) ; dans ce nouveau parti, PDG ou quel qu’en soit le sigle, une « tendance communiste » qui se maintient (mais juste tendance, un peu, quoi : pour maintenir quelques effectifs, c’est très bien les tendances) – l’événement fondateur sera célébré avec une rare emphase, comme « dépassant la scission du congrès de Tours » (mais si, on aura même droit à ça !). À la droite du « PDG », les socialistes « modernes » s’allieront avec le Modem, tandis que de l’autre côté se maintiendra un résidu du PCF « historique » qui aura d’autant plus de mal à exister qu’il ne se sera pas mis au clair (purgé) : scénario sur lequel les gauches d’Italie nous devancent d’une dizaine d’années... la suite n’est pas très réjouissante.
Enfin, le Président Nabolini fera tant et si bien qu'au bout de dix ans (mais si, c’est mon dernier prix !) on verra Bayrou comme un homme de centre-gauche et ce sera un soulagement que de voter pour lui au second tour (vraiment, faudra attendre le second tour ?), comme y appelleront ensemble Robert Hue, Laurent Fabius, Bertrand Delanoé et sa mandarine, dans le journal Libération (si Rotschild ne l'a pas coulé, mais sinon l'Huma pourrait même faire l'affaire).
Ce n’est d’ailleurs pas par hasard si huistes et autres liquidateurs parlent tant du « modèle allemand » aujourd’hui (fondation du parti Die Linke) : pour ne pas regarder, d’un côté en Italie une gauche captive entre Prodi et Berlusconi, pour ne pas regarder, de l’autre, en Grèce ou au Portugal des Partis communistes « non mutés » qui se maintiennent à des niveaux à côté desquels le PCF a été ridicule avec Robert Hue, et pitoyable avec Marie-George Buffet.
On prend les paris ? J'ai la gerbe, moi... pouark pouark ! (pardon pour ce bruit de crachotis...).
E. Chu .
LE MONDE | 19.06.07 | 17h01 : Les proches de Robert Hue ouvrent les hostilités au sein du PCF.
C'est une première depuis longtemps dans le Parti communiste. Les amis de Robert Hue publient un long texte et organisent une conférence de presse, mardi 19 juin, dans un café parisien. En sortant du bois avant le conseil national du 22 et 23 juin, ils entendent ouvrir les discussions internes au plus vite sans laisser la main à la secrétaire nationale. Marie-George Buffet devait en effet, lors du conseil, donner sa vision du congrès extraordinaire de la fin de l'année et demander que le parti ouvre "un grand débat citoyen et populaire pour discuter du projet du PCF".
Dans une contribution d'une quinzaine de pages, vingt personnalités proches de l'ancien président du parti et sénateur du Val-d'Oise appellent à "la fondation d'un autre parti politique" et demandent la mise en place d'"une direction pluraliste" chargée de la préparation d'un congrès en 2008. On trouve parmi les signataires, plusieurs membres du comité exécutif, des secrétaires de fédération, des fidèles de M. Hue comme Pierre Blotin ou Michel Maso, ainsi que des anciens de la direction nationale du temps où le sénateur était à la direction du PCF.
"WATERLOO ÉLECTORAL" Revenant sur le "Waterloo électoral" de la présidentielle, ils exigent que la direction actuelle "ose regarder l'échec en face". Le score calamiteux de 1,93 % obtenu par Mme Buffet serait le produit, à leurs yeux, d'une ligne fondée sur "une légende d'un non antilibéral toujours majoritaire à gauche" et de l'objectif de sa campagne d'"inverser le rapport des forces à gauche" en s'opposant à "la gauche du renoncement" incarnée par le PS. Pour sortir le PCF de sa marginalité, il est nécessaire, écrivent les auteurs, de fonder un "nouveau parti de transformation sociale", qui doit être "avant tout l'oeuvre des communistes", membres actuels ou passés, mais aussi de tous ceux qui constituent le "mouvement social". Même si la référence au communisme demeure "indispensable", "le PCF ne peut être ce parti", assurent-ils. Ils appellent donc leurs camarades à "un vaste débat qui ne peut aboutir" d'ici le congrès extraordinaire de décembre. Ce dernier devrait se contenter de procéder à un "relevé des différentes analyses" exprimées et mettre en route la préparation d'un autre congrès fin 2008. Les hostilités internes sont désormais ouvertes.