Le Non était-il de gauche ? De classe ?

« Le clivage entre oui et non ne superposait pas le clivage droite-gauche » note D. Cirera (dirigeant du PCF qui veut fonder un nouveau parti). Cette remarque n’est pas anodine. Elle a pour but de dédouaner le PS de sa dérive droitière accomplie. Les amis de R. Hue, sur notre département (et sans doute ailleurs), n’ont pas fait campagne ou plus précisément ont fait le minimum administratif pour ne pas apparaître en décalage avec les militants communistes profondément engagés dans leur masse pour le NON. En effet ils refusaient le slogan « Quand on est de gauche, on vote NON ». Pourquoi ? Tout simplement, ce vote contenait le germe d’une rupture avec le PS. Or leur stratégie essentielle est d’exister pour servir de caution de gauche au PS et justifier ainsi leur place sur les listes PS par exemple au Conseil Régional.

S’il est vrai que ce vote n’a pas restructuré la vie politique française, il n’en demeure pas moins que des millions d’électeurs socialistes ont choisi de ne pas suivre les consignes du PS, que des millions de personnes qui galèrent ont crié leur colère et leur refus de poursuivre dans la voie de la paupérisation et du mal vivre. On comprend donc pourquoi avec de tels freins à l’intérieur du parti et chez les socio-libéraux, le NON de gauche n’ait pas pu aboutir à un rassemblement durable et transformateur.

Car c’est bien un NON de gauche avec 60 % des Non se disant proches d’un parti de gauche et d’extrême gauche. Les 60 % des NON de gauche étaient un appui sérieux pour progresser, pour gagner même des électeurs de droite ou de gauche dont les intérêts bien compris sont dans des changements profonds de la société pour une justice sociale. Le but de notre parti de changer la société avec un rassemblement majoritaire avait de grandes bases pour être approché. Le NON était tellement de gauche que les partisans de « changer pour que tout reste comme avant » ont tout fait pour ne pas approfondir le clivage. La nature du NON de gauche n’était pas seulement dans sa réalité des 60 % mais surtout dans les potentialités qu’elle ouvrait.

Quant à sa nature de classe, elle apparaît dans la composition sociale de ceux qui ont voté NON (80 % des ouvriers, 67 % des employés  ), mais aussi dans le refus de poursuivre dans la voie impérialiste de la construction européenne et dans la volonté de changer l’état des choses existant.

Francisco Granados

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