NOTRE PARTI, C’EST LA VOX POPULI Il y a quelques jours, j’envoyais un courrier à Marie George Buffet, l’assurant de mon entier soutien dans la campagne qu’elle mène pour l’élection présidentielle. Pour autant, si je considère que le Parti Communiste doit partir sous ses propres –et seules- couleurs dans ce combat, je pense aussi que notre parti ne doit pas avoir de tentations élitistes. Un parti ce sont d’abord des militants, nous ne devons pas l’oublier. C’est la raison pour laquelle, dans ce même courrier, j’indique, clairement, à la candidate de notre parti, que sa candidature n’a de sens que si, et seulement si, sa campagne est menée en lien étroit avec les militants. Ces militants qui, soyons réalistes, agissent au sein des classes populaires et dans le monde du travail, dans des conditions certes difficiles mais avec opiniâtreté, toujours. La vraie gauche populaire ce sont eux. Nous ne devons les exclure ni du débat ni de la campagne. Or, je crains qu’en la matière, la tentation soit grande de faire le contraire. Je crains que soient exclus du premier cercle tous ceux qui, en dépit de leurs compétences manifestes à mener et gagner des élections, ont parfois fait entendre des voix différentes de celle de Marie George Buffet. C’est dommage. Il ne faudrait pas que cela nous soit dommageable… Car, c’est effectivement ici, que se pose la question de l’orientation de la campagne du Parti Communiste. Ne l’oublions pas. De la même façon, nous ne devons pas oublier que les mots, eux aussi, peuvent être trompeurs. Voire déroutants, au sens où ils conduiraient la gauche populaire non pas à un rassemblement mais, au contraire, à un éclatement. Son éclatement, sa dispersion, et, à très court terme son éviction du prochain grand rendez-vous national. Ainsi, en va-t-il du terme «antilibéral». Je l’ai dit et je le répète, une fois encore, je ne sais pas ce qu’il signifie. Je ne comprends pas ce qu’il sous-tend. C’est la raison pour laquelle, à ce nébuleux concept –car c’est bien de cela dont il s’agit- je préfère les termes de «résistance contre le capitalisme » ; qui, eux, parlent à chacun d’entre nous, au quotidien, pas seulement dans les bouquins. Je l’avoue volontiers et sans détours, je suis pour le rassemblement, ce qui signifie que je suis pour une gauche populaire, pour le rassemblement d’une gauche populaire qui nous permettra de rompre avec le capitalisme. Et, cette gauche populaire, j’en suis certain, a besoin, aujourd’hui et maintenant, d’un parti communiste fort et influent. En ces temps de combat, parce que, ne nous leurrons pas, nous devrons mener une véritable bataille, il est temps de faire taire nos guerres intestines, il est temps d’être rigoureux et de permettre aux uns et aux autres de nous offrir le meilleur d’eux-mêmes. Nul ne doit rester au bord du chemin de cette campagne électorale pour la Présidentielle. Toutes les idées sont bonnes surtout lorsqu’elles émanent de personnes qui, chaque jour, se battent contre cette bête immonde qu’est la capitalisme. Ecoutons chacun, nous n’en sortirons que plus forts, plus unis, plus soudés, et plus décidés encore à mener notre juste combat. Rassemblons-nous et alors, le Parti Communiste deviendra, aux yeux de tous, le vrai, le seul parti de la gauche populaire. Rassemblons-nous et alors, le Parti Communiste deviendra, aux yeux de tous, le parti de la rupture avec le capitalisme. André Gerin |