Une contribution signée par de nombreux dirigeants importants du Parti est disponible depuis aujourd'hui sur le site Alternativeforge http://alternativeforge.net/spip.php?article1835
Elle est longue, je préfère donc la couper, pour en venir aux deux paragraphes les plus intéressants. Je n'ai malheureusement pas le temps de la commenter. D'autres s'en chargeront peut-être. Cela montre, hélas, tout le danger qu'il y avait à voter pour le texte du CN.
Bonne lecture...
Réflexions pour aller au bout des choix de la base commune et nommer clairement ce que nous voulons
jeudi 6 novembre 2008
Contribution destinée à nourrir le débat signée par : François Auguste, Nicole Borvo, Joël Canapa, Sophie Celton, Patrice Cohen-Séat, Jean-Marc Coppola, Marie-Claire Culié, Pierre Dharréville, Michel Duffour, Elisabeth Gauthier, Brigitte Gonthier-Maurin, Joëlle Greder, Fabienne Haloui, Alain Hayot, Gérard Mazet, Gérard Piel, Marjolaine Rauze, Gilles Ravache, Jean-Claude Sandrier, Richard Sheehan.
Notre congrès sera-t-il à la hauteur des enjeux ? C’est la question que se posent nombre de communistes, avec une certaine inquiétude.
[...]
Que dit enfin la base commune ? Elle appelle notre parti à de profonds changements, à une métamorphose. De quelle nature ? Il s’agit de faire face avec audace et créativité à la crise de la politique, de la gauche, et du communisme lui-même, pour permettre à des centaines de milliers de femmes et d’hommes, qui peuvent combattre avec nous pour les grandes réformes concrètes que nous proposons, de s’engager politiquement. Et pour le plus grand nombre possible d’entre eux, de faire de notre Parti le leur. Sachons, aujourd’hui, nous tourner résolument vers les jeunes, les salarié-e-s, les hommes et les femmes des quartiers populaires, les militant-e-s syndicalistes ou associatifs, les gens de culture, les intellectuels. Vers les hommes et les femmes qui veulent une gauche qui s’assume, à l’heure où l’idée-même est menacée de disparaître. Tous ont leurs sensibilités propres, leurs trajectoires politiques, leurs façons de voir les choses. S’imaginer qu’ils nous rejoindront en se coulant dans le moule d’une culture issue de près de 90 ans d’histoire est illusoire. Et inefficace. De leurs différences, et des nôtres, enrichissons-nous mutuellement. Ouvrons-nous, comme le dit la base commune, à d’autres cultures politiques. Et donnons leur toute leur place dans notre Parti transformé dans cet objectif.
Là aussi se pose la question de nommer ce que nous voulons faire, et devenir. Oui, nous voulons rassembler tout à la fois celles et ceux qui s’engagent en mettant le communisme au cœur de leurs références, et bien d’autres qui sont prêts à partager les mêmes combats politiques en y venant par d’autres références ou d’autres chemins. Nous devons produire un acte public qui donne ce signal. N’est-il pas nécessaire, pour qu’existe ce Parti ainsi métamorphosé, et d’abord pour manifester notre volonté de le construire, de lui donner un nom qui lui corresponde ? Un nom qui, inséparablement, assume notre histoire et montre de façon visible que nous en tirons les leçons, un nom qui dise le communisme qui est aujourd’hui le nôtre, démocratique, écologiste, féministe, solidaire, libertaire. Un nom qui, du même coup, contribuera à nous libérer des fausses images de nous-mêmes qui nous renvoient, dans l’esprit de tant de femmes et d’hommes, à une conception du communisme qui n’est depuis très longtemps plus la nôtre. A nous libérer d’une image qui ne correspond pas à ce que nous sommes. A tourner symboliquement une page, pour ne plus apparaître comme un parti du passé mais tourné vers l’avenir, résolument. N’est-ce pas en faisant ce signe, porteur de sens, que nous donnerons corps à la métamorphose -assumons-la pleinement- que nous devons accomplir ? Tout en y gardant notre référence communiste, ne pouvons-nous pas chercher et trouver ensemble ce nom ? Ne pourrions-nous pas accoler au beau nom de communiste, qui dit notre refus du capitalisme et notre idéal de solidarité et d’émancipation, celui de la démocratie, ce qui dirait notre rupture totale et définitive avec le stalinisme et notre passion de la liberté et de la citoyenneté ? Cette question du nom, nous en sommes tout à fait conscients, est difficile puisque nous voulons continuer notre parti, et le métamorphoser réellement. S’il est possible d’imaginer un autre type d’acte public qui dise cela aussi fortement, énonçons-le. La question mérite débat.