Conseil national du PCF des 29 et 30 mars
Intervention de J.J. Karman
Gagner une élection ne veut pas dire que nous
avons raison politiquement. Nous avons plusieurs réalités,
gardons nous de généraliser des situations particulières. Je me
garderai donc de donner des leçons en partant des résultats
d'Aubervilliers.
A Aubervilliers, depuis 2001, le PCF est derrière le PS à toutes
les élections, sans exception.
Au premier tour des municipales, nous pouvons dire que nous
faisons un bon résultat puisque nous arrivons premiers et
gagnons 19% sur les Législatives de 2007.
Au deuxième tour, en passant de 33% au premier tour à 19% au
second, la droite a choisi de faire élire le PS.
Des tractations ont eu lieu avec deux chefs de file de la
droite. Et des irrégularités importantes ont été constatées.
Nous avons donc introduit un recours en annulation.
Le même jour, dans le canton historiquement le plus mauvais pour
le PCF, nous gagnons la cantonale avec 450 voix de plus qu'aux
municipales alors que nous perdons les municipales de 372 voix.
Et nous progressons de 24% sur les Législatives.
Le candidat du MODEM a ouvertement appelé à voter contre moi au
deuxième tour. Nous sommes une nouvelle fois devant un
renversement d'alliance de la part du PS. Il est vrai, qu'il
faut se souvenir, qu'à Aubervilliers, la municipalité communiste
de 1920 a été renversée en 1923 par une alliance des socialistes
avec le sinistre Pierre Laval. Le PS a mené une campagne
ouvertement anticommuniste, avec affiches sur lesquelles on
pouvait lire « les communistes, 60 ans çà suffit » ainsi qu'une
attaque sur mon honnêteté par la publication de faux dans le
Canard Enchaîné et distribué dans toutes les boites aux lettres
de la ville par le PS...
La question du MODEM est un vrai problème. L'attitude timorée de
la direction du Parti envers les villes où des communistes se
retrouvent aux côtés du MODEM ou même la surprenante annonce
d'Aubagne, ne sont pas de nature à clarifier la situation dans
la tête des électeurs de gauche.
A Aubervilliers plus de 70% des électeurs de notre liste d'après
un sondage avait voté sur mon nom en 2001. Je ne veux pas
réécrire l'histoire mais des causes de notre défaite, peut-être
secondaires, datent de 1995 et 2001.
- Nous avons été incapables d'être porteurs de la volonté de
changement qui s'exprimait dans la population face à la
situation sociale qui est la sienne. Les socialistes ont surfé
sur cette idée.
- Le bipartisme national a fonctionné. Nous avons eu dans mon
canton un meeting de Ségolène Royal, le lendemain une visite
d'Elisabeth Guigou, le surlendemain, le Président de la Région,
puis ce fut Taubira, Mamère, Liepsik, Bartholone, et le parrain
de l'opération le maire de Pantin.
- La question du logement est aussi une cause de désaffection de
notre électorat. En 7 ans, moins de 225 logements HLM. Donc
crise aggravée du logement et du mécontentement. Parallèlement,
plusieurs centaines d'accession à la propriété de personnes à
80% de l'extérieur d'Aubervilliers, déracinés, votant au mieux
pour la Gauche socialiste.
Malgré cela, nous sommes en pleine recomposition de
l'électorat communiste. L'alliance avec Lutte ouvrière et le
Parti des Travailleurs a été correcte et constructive.
Dans la perspective du Congrès, je relèverai trois choses :
1- Globalement, s'il y a freinage, la tendance nationale au
recul de l'influence communiste persiste. L'influence résiste
dans quelques départements, donc la question du projet
communiste reste entière.
2- La nécessité d'un Parti communiste sur des positions de
classes est une donnée incontournable, ce n'est pas le mot
communiste qui trouble c'est la ligne politique nationale qui
est en cause. Je précise par exemple qu'il y avait sur mes
bulletins de vote la faucille et le marteau et je progresse de
7% sur 2001.
3- Un front de classe est nécessaire, y compris avec des
organisations se réclamant du trotskysme mais aussi avec des
démocrates, des républicains et des socialistes vraiment à
gauche. Il faut déplacer le centre de gravité de la gauche vers
la vraie gauche. La question centrale restant sur quelles bases.
Le front de classe ne remplace pas le Parti Communiste, les deux
sont nécessaires et complémentaires.
Pour terminer, un regret qui me scandalise : alors qu'avec mes camarades j'ai besoin maintenant, plus qu'hier, d'utiliser ma position élective au Conseil général pour regagner à Aubervilliers, des décisions ont été prises par des communistes du Conseil général qui me pénalisent, alors qu'il y a 4 ans on est venu me chercher pour assurer une situation positive pour le Parti.
Intervention de Gisèle Cailloux (92)
En 2001 à Suresnes nous faisions aux cantonales 6%. Avec 15,54% aux cantonales, nous faisons le meilleur score, toutes élections confondues depuis 25 ans.
Nous triplons nos voix dans cette ville qui a subi des changements sociologiques pas spécialement populaires.
Aux municipales, nous faisons avec une liste conduite par une communiste :16,77%.
Depuis 2001, (abstraction faite des législatives où nous bénéficions de la position du député sortant dans une circonscription qui englobe aussi Nanterre) nous avons enfilé les résultats calamiteux des Européennes, des régionales, et surtout des présidentielles de 2002 et de 2007, avec 1,35% en 2007 ! On ne peut pas juger des scores de ces cantonales et des municipales en faisant l'impasse sur cette période électorale !
Lors de la préparation de l'assemblée générale des sections de décembre, la section de Suresnes, comme tant d'autres a refusé de considérer que nos valises étaient trop lourdes et que le parti n'avait pas d'avenir.
Aussi, quand le PS de Suresnes a proposé, en s'appuyant notamment sur les résultats des élections présidentielles, de réduire la place des communistes dans la liste d'union, ceux-ci ont choisi de construire une liste en assumant les risques.
Pierre Laurent disait ce matin que le recul du nombre de candidats était lié parfois au manque d'audace mais n'est-ce pas aussi, ici et là, la conséquence du travail de directions qui entretiennent l'idée du déclin irréversible de notre parti ?
Notre capacité de rassemblement a été au delà de nos espérances. Mais elle s'appuyait en amont, sur une recrudescence de l'activité, des communistes, connu en tant que tels, dans des mouvements associatifs ou syndical, mais aussi dans des espaces de lutte comme le comité de défense de notre hôpital créé à notre initiative et présidé par notre députée.
Nous avons pu ainsi faire une liste avec des socialistes qui n'acceptaient pas la division mais aussi avec des gens qui ne sont pas des vedettes mais des acteurs dans la vraie vie : les syndicats, les associations. Cette liste n'était pas une construction de sommet mais ancrée dans la population active, celle qui lutte.
Nous avons mené campagne sur des contenus alliant les problèmes locaux et les questions nationales.
Ainsi sur l'hôpital, les questions de financement de la santé ont été abordées. Sur l'emploi, nous avons porté des propositions permettant d'expérimenter et de faire avancer localement la sécurité d'emploi et formation.
Sur le logement, nous avons été à l'initiative et en appuis pour aider à mobiliser des locataires sur des problèmes locaux, et ce en lien avec nos propositions nationales. Il s'agit donc de luttes très localisées et notre apport s'est traduit dans les bureaux de vote correspondant à ces cités par des progrès électoraux particulièrement sensibles.
Nous avons trois élus au lieu de 2 mais surtout des nouveaux adhérents, des communistes qui ont repris confiance et qui en veulent, et la volonté de continuer avec ceux qui ont partagé cette expérience, non pas pour construire une structure en soit mais pour aider la population à monter des résistances faisant reculer le maire de droite sur ses projets.
Je ne peux pas être d'accord avec les camarades qui, sous prétexte que les candidats aux cantonales n'ont pas été élus, affirment qu'il n'y a plus que le bipartisme. Les communistes qui se sont investis et de plus, ont obtenu des résultats souvent assez bons, existent. C'est un point d'appui pour la suite.
Les résultats des municipales et cantonales n'effacent pas le résultat des présidentielles certes. Mais après ces résultats, les attentes des communistes vis-à-vis de ce qui se décide au national sont fortes.
On ne peut pas continuer sur les mêmes façons de procéder au national alors qu'il y a eu un investissement très fort des communistes au local avec des résultats.
Sur l'état du parti : il est clair qu'il y a un réel besoin de renouer avec les structures de proximité et il y a un besoin de formation énorme pour comprendre toutes les questions qui montent très fort notamment sur la crise financière, la maîtrise et l'utilisation de l'argent.
Nous avons des jeunes adhérents de grande valeur mais loin de la plénitude de leur possibilité faute de formation. Le décalage est important avec les militants des générations qui ont bénéficié de cette formation.
Il y a besoin, à partir de la situation concrète des gens de faire monter les propositions mais en lien avec les luttes et avec la politisation de ces luttes.
Par exemple, les luttes montent très fort comme dans beaucoup d'entreprises sur la feuille de paie Ce n'est pas la même chose pour l'emploi, le financement des retraites, de la santé etc....et donc la possible transformation de la société si les objectifs restent sur un autre partage de la valeur ajoutée ou si le débat se porte sur l'utilisation de l'argent en contestant les choix de gestion des directions.
Isabelle Lorant s'étonne qu'on ne puisse reproduire au niveau national toutes les expériences de rassemblement rapportées au CN par les camarades. Mais ces expériences sont des expériences d'union populaire qui n'effacent pas notre parti, avec des contenus politiques et en appui aux luttes. Nous sommes loin d'un rassemblement d'orgas au sommet, sans contenu et sans objectifs de lutte
Intervention de Claude Fainzang, fédération de Paris
Les résultats des élections montrent que le Parti n’est pas mort. Il n’est pas sur la pente du déclin inéluctable. Aux cantonales, 9%, 1.150.000 voix sur 50% du territoire alors que Marie-George Buffet n’en avait recueilli que 707.000 sur tout le territoire. Pourquoi l’Huma n’a-t-elle pas publié l’ensemble des résultats du 1er tour des cantonales ? Aux municipales, les candidats communistes tête de liste ont montré que le PCF n’est pas un repoussoir. La thèse des « valises de plomb », du « boulet » de l’histoire, chère à Patrice Cohen-Seat, est démentie.
Il y a bien persistance du PCF, ancrage bien réel. Malheureusement les tenants de la disparition du PCF dans la direction du Parti dirigent les ateliers de préparation du congrès. Dans le texte d’appel qui nous est proposé, je constate que l’on parle encore de la possibilité de « transformations du PCF » en « force » indéterminée, malgré ce qui est ressorti de l’Assemblée nationale extraordinaire.
En axant la vie du Parti sur 8 thèmes, je crains que la direction cherche à amuser le tapis, pour mieux rester maîtresse des chos et continuer les mêmes choix. Les communistes ne doivent pas se laisser déposséder.
Oui, malgré les coups tordus du PS et les choix de collaboration de classe avec le Modem (non la gauche ne va pas jusque là), le PCF reste toujours un repère fort comme outil historique dans la lutte des classes.
Il faut rompre avec la stratégie d’alliance, de subordination au PS, avec la priorité accordée au rôle dans les institutions. La priorité doit plutôt est tournée vers la vie des cellules, leur engagement dans les luttes, sur une base de classe, anticapitaliste. Redonnons un contenu de classe beaucoup plus fort à notre projet, s’appuyant sur nos acquis théoriques. Quand on est exploité, s’organiser dans un parti révolutionnaire est une nécessité. Quand on a que son travail pour vivre, aussi. C’est le rôle du PCF. Il n’y a pas d’autre parti pour cela.
Une dernière remarque : je n’ai pas du tout apprécié le meeting avant le 1er tour avec François Hollande. « La gauche, la gauche, la gauche… » : ras le bol !
Intervention de Nicolas MARCHAND
Nos résultats confortent les communistes dans leur attachement à l'existence du PCF.
Celui-ci a été facteur de forte mobilisation militante.
Qu'il soit conforté est un atout face aux défis d'action rassembleuse transformatrice face à Sarkozy, et de novation du PCF, de sa réorganisation et de sa démocratisation.
Il ne s'agit de se laisser endormir par ces résultats positifs, ni paralyser en continuant d'entretenir l'incertitude sur l'avenir du Parti: pour son action, comme pour sa nécessaire novation profonde, il y a urgence.
L'examen de nos résultats dans les cantons où le score du parti était inférieur à 5% en 2001 donne une information intéressante, contredisant les analyses défaitistes (comme celle d'un « délitement » et d'un « resserrement sur nos zones de forces », formulée dans sa note par Roger Martelli).
Sur les 282 cantons concernés, les candidats PCF progressent en voix et en pourcentage dans 227 (80%), et ils passent la barre des 5% dans 148 (52%). C'est nouveau. Je ne pense pas qu'on pourra expliquer cette progression dans les zones où nous sommes le plus faibles par une référence à un « communisme municipal ».
C'est en regard de cette progression qu'il faut s'interroger sur notre absence dans près de 400 cantons, par rapport à 2001, et dans 770 au total: affaiblissement organisationnel? craintes financières? accords de candidatures uniques? Combien de candidats, de voix, a coûté, après la présidentielle, l'incitation au doute sur la pérennité de l'existence du Parti?
Quelques mots sur Val-de-Marne/Seine St Denis.
Nos résultats dans le Val de Marne sont bons. Ce n'est pas le premier épisode électoral où apparaît une différence avec la Seine Saint Denis.
Mais gardons nous de toute suffisance. Cherchons les éléments d'analyse utiles.
En ce qui me concerne, je suis très réservé sur des pistes d'analyse qui consisteraient à dire: « dans le Val de Marne, il y a eu une meilleure gestion; ou une meilleure pratique de l'union avec le PS ». Gestion, pratique unitaire: ce sont des points à regarder, mais attention à ne pas partir sur de fausses pistes; ça pourrait ne pas être sans conséquences négatives, si, étant inexact, ça nourrissait des illusions.
Je pense que parmi les points à examiner, il devrait y avoir la question de nos forces organisées, le nombre des communistes, son évolution, l'impact du maintien ou de l'abandon des cellules, qui n'ont pas été traités de la même façon selon les sections et les fédés.
Voir aussi ce qui peut tenir, avec la diversité propre à chaque fédé, aux différences politiques exprimées lors des derniers Congrès, sur l'avenir du Parti, sa stratégie. Là aussi il y a certaines différences entre les 2 départements.
Mais la principale différence concerne le rapport de forces avec la droite. Le 94 avait été découpé pour la droite; il a été arraché à la droite et sans cesse disputé depuis. L'avance de la gauche cette fois-ci ne tenait qu'à 2 sièges, et je rappelle que le Val de Marne était sur la liste des départements présentés dans les médias comme pouvant basculer à droite.
Cette donnée a des effets sur la stratégie du PS (ce n'est pas
parce que nous gérons mieux l'union ni parce qu'il est meilleur que
Bartolone ou Fabius, que le maire fabiusien de Créteil a été le
premier à lancer un appel [limité au Val de Marne bien sur] à la
discipline unitaire partout).
Les enjeux face à la droite influent aussi sur la situation interne
du Parti.
Ca pousse à plus d'unité ( même si on ne doit pas ignorer des
tentatives du PS, notamment à Vitry, ni, c'est plus ancien, comment
Arcueil a cessé d'être dirigée par un maire communiste, sous l'égide
d'un des initiateurs, avec Charles Fiterman, du courant des
« refondateurs »..).
Dans le 93, tout semble s'être passé, et depuis longtemps, comme si
les communistes pouvaient impunément se diviser et se combattre;
tout au moins des communistes ont agi comme s'il en était ainsi:
Saint Denis, capitale de la campagne contre la candidature
communiste à la présidentielle! Un 2eme groupe au Conseil Général!!
Jusqu'à ce proche de P. Braouezec déclarant à quelques jours du 1er
tour, selon « le Nouvel Observateur », que «La perte du
département par l'appareil du PC fera bouger les communistes.
Si on arrive à inventer une confédération de la gauche ici,
entre Bartolone et nous, la Seine-Saint-Denis aura été pionnière.»
Cela interpelle aussi la responsabilité de nos groupes dirigeants qui, depuis Robert Hue, ont impulsé des choix politiques fondés sur l'alliance de sommet avec les refondateurs.
Je pense que le moment vient de tourner une page, de nous donner l'orientation et une direction, collective, à même d'ouvrir la page de la novation et de la renaissance.
Nous avons besoin d'une ligne de conquête, de développement d'idées communistes nouvelles et de l'influence du PCF, pour un large rassemblement transformateur.
Marie-George a dit qu'on avait commis l'erreur de faire primer la recherche d'alliances sur le projet. Je partage cette critique; elle figurait, au Congrès de 2003, dans un texte favorable à une réorientation stratégique.
« Construire un nouveau projet de changement ». C'est nécessaire. « Avec d'autres ». Bien sur. Je suis pour que le PCF soit l'initiateur d'une grande initiative rassembleuse, liée aux luttes, avec l'apport de ses idées, pour un processus populaire de définition d'un projet politique transformateur.
Mais quid du Parti? Soyons clairs. Cette initiative ne peut pas être prise par un parti à l'avenir en suspens. Ni consister en la définition du projet d'une future nouvelle « force » politique...Il faut donc être précis, plus précis, sur le sens de la proposition présentée par la direction du Parti aux communistes.
Une remarque enfin avant de finir: la conception de la soirée Espace-Marx-Transform du 3 Avril , dont l'invitation est distribuée à l'entrée du CN, est surprenante: un débat sur le thème « Forces de gauche en Europe: évolution récentes et perspectives », c'est intéressant. Mais comment peut-on traiter des perspectives des forces de gauche en Europe sans inviter aucun interlocuteur se situant dans la perspective d'un parti communiste moderne?
Intervention non prononcée de Marie-Christine Burricand.
Bien qu’inscrite dès mon arrivée, je n’ai pas pu prendre la parole au conseil national. Voici le texte de mon intervention.
Je souhaite livrer ici quelques éléments de réflexion, en m’appuyant particulièrement sur la campagne que nous avons menée à Vénissieux et qui apermis la réélection dès le premier tour de la liste des forces de gauche conduite par André Gerin, la réélection de deux conseillers généraux, Christian Falconnet sortant et moi-même, dans le cadre d’un passage de relais avec Guy Fischer, sénateur et conseiller du canton sud depuis 26 ans.
Il faut prendre la mesure des difficultés terribles dans lesquelles se débattent les familles populaires et en même temps de leur demande de réflexion et action politique, qui a grandi ces derniers mois. Il y a eu engagement large autour de nos candidats avec plus de 60 rencontres d’appartements dans la ville en un mois.
Dans la suite de ce qui s’était passé aux législatives, les communistes se sont fortement et largement mobilisés, pour gagner les élections bien sur mais aussi pour faire la démonstration qu’il y a un espace politique et un avenir pour leur parti, tordre le cou a la théorie du "déclin inéluctable du PCF".
Il n’y aurait pas eu de victoire possible sans une présence quotidienne des militants et des élus dans les quartiers. Nous avons mené la campagne à partir des organisations du parti que les communistes se sont acharnés à faire vivre, cellules et section.
Le résultat a été possible parce que nous sommes apparus comme les plus déterminés à construire la résistance à Sarkozy et porteurs du clivage gauche droite qui reste très présent dans le monde populaire. Nous étions aussi forts du bilan de l’équipe municipale et du maire, identifiés largement dans la ville comme les meilleurs défenseurs des intérêts populaires.
Cette campagne confirme qu’il y a réellement un espace pour le renforcement du PCF et une reconquête de son influence.
L’attitude du PS qui a essayé de nous faire la peau dans plusieurs municipalités ne peut se réduire à un excès de concurrence à gauche, ni à une affaire de sociologie. Le PS portait dans ces élections l’alternance et la recomposition politique, la confusion dans l’alliance avec la droite-modem, plus importante et insidieuse que ce que nous en avons dit et il est regrettable que dans plusieurs villes nous ayons accepté de partir sur de telles listes. L’alternance condamne la gauche. Nous portions le clivage gauche droite et la résistance à Sarkozy et c’est quand nous sommes forts que le vote à gauche prend ce sens.
Il
y 2 ans, j’ai entendu dans cette assemblée la direction expliquer que
les collectifs antilibéraux étaient la panacée.
Il
y a un an, nous avons fait un groupe technique avec les verts à
l’Assemblée nationale et aujourd’hui Voynet se fait élire par la droite
à Montreuil contre nous sans que nous remettions en cause cette
décision.
Il
y a 6 mois, à l’assemblée extraordinaires des secrétaires de section, la
direction a imposé malgré l’avis majoritaire des communistes l’idée des
expérimentations y compris celles pouvant déboucher sur une nouvelle
force politique.
Aujourd’hui les mêmes se réjouissent que le PCF soit la troisième force du pays, quitte à faire passer pour négligeables des pertes aussi lourdes que celles du Conseil général de Seine saint Denis et de Calais et d’escamoter que le second tour a surtout profité au PS.
On ne sort pas d’une ligne opportuniste, d’une navigation à vue qui prive le peuple de la force révolutionnaire dont il a besoin aujourd’hui. Les propositions pour le congrès témoignent surtout de la volonté de la direction d’éviter les débats, décisions d’organisation et constructions théoriques qui rendraient le PCF visible et audible au plan national. Heureusement, il y a de plus en plus de communistes qui ont fait leur deuil de la place du Colonel Fabien et de ce qui peut en sortir.
La bonne nouvelle, c’est la confiance retrouvée des communistes dans leur organisation, les efforts entrepris pour reconstruire l’organisation dans les quartiers populaires, la volonté de reconquête de notre influence, le tout dans la tourmente de la bataille contre la droite et le capital. Il va falloir compter avec ça et c’est bien.