Débat départemental du 8/10/2008.
Plus de cent camarades étaient présents à ce débat.
A la tribune, Bernard Calabuig (remplaçant Roger Martelli), André Gerin, Brahim Jlalji (secrétaire de la section de La Rochelle), Pierre Laurent et Daniel Cirera.
18h 55, ouverture de la séance.
Patrick Bouffet lit une introduction écrite par JF Mémain dans laquelle il explique pour des raisons familiales leur absence, à Esther et lui-même, parle de la baisse d’audience du parti jusqu’à 1,93% et pose la question de la nécessité d’une « force se réclamant du communisme ».
Gérard Blanchier rappelle le déroulement des travaux prévus jusqu’au congrès national des 12-13-14 décembre 2008, nous redit au passage que « la question de l’existence du Parti est posée », présente les 4 membres du CN présents à la tribune, propose que chacun s’exprime une dizaine de minutes puis la salle aura la parole.
Pierre Laurent, rapporteur du projet de base commune voté au CN du 6/9/08 évoque donc brièvement les grandes lignes de ce projet. Une ambition : engager un travail de refondation de nos analyses, de notre projet, du Parti.
André Gerin n’approuve pas ce projet, rappelle que les communistes veulent garder le PCF, qui doit être capable de reconstruire un projet anticapitaliste pour changer de société. Discuter du communisme comme perspective révolutionnaire, en France et dans le monde.
Daniel Cirera n’est pas non plus d’accord avec le texte, qu’il n’a pas voté au CN. Les questions qui devraient être posées selon lui : « Comment on continue le PCF ? Que veulent les communistes pour leur parti ? Comment influer sur les événements ? »
Bernard Calabuig, en désaccord lui aussi, parle de l’état d’extrême affaiblissement du Parti, ne voit qu’une solution pour contrer le bipartisme : construire un nouveau parti pour changer la donne à gauche, un rassemblement avec une composante communiste.
La parole est à la salle. 23 camarades vont s’exprimer.
Une seule intervention s’exprimera nettement pour une force nouvelle.
La plupart des camarades redisent leur attachement au Parti mais posent des questions.
Ø Notre démocratie est celle de la bourgeoisie à la solde du capitalisme, nous devons proposer une vraie démocratie, et commencer dans le parti en redonnant la parole aux cellules, aux camarades.
Ø Pour les gens, on est un parti du passé, pourtant le communisme c’est l’avenir, comment le dire ?
Ø Pourquoi parler toujours des résultats des présidentielles, alors que les élections suivantes montrent qu’on est la troisième force politique en France ?
Ø Il faut des directions collégiales.
Ø Des interventions se félicitent de la tenue d’un tel débat mais regrettent l’expression de la diversité au nom de l’unité du Parti.
Ø On a adhéré au PCF, pas ailleurs. Pourquoi ne plus parler de lutte des classes, ne plus montrer la faucille et le marteau, … ?
Ø Comment faire le diagnostic de nos échecs, il y va de notre crédibilité ?
Ø Comment recréer de l’enthousiasme et une mobilisation des communistes ?
Ø L’échec du PCF est dû aux pays socialistes.
Ø Il faut revenir au travail de terrain, de proximité.
Ø On a supprimé les cellules, le PCF ne doit pas devenir une coquille vide, caution de gauche du PS.
Ø Il faut revenir à un fonctionnement plus démocratique. Refaire vivre les cellules et leur redonner les moyens d’exister.
Ø C’est quoi les changements dans le Parti ? Plus de cellules, plus de formation, on n’avance pas, on recule.
Ø Ma cellule fonctionne. On a un gros CDH (50à 60 par semaine). On a une activité auprès des gens mais on manque de formation pour être armés.
Brahim Jlalji : « On doit se poser les vraies questions et ne pas être simpliste. La faucille et le marteau, les cellules, c’est simpliste ».
Ø Etre communiste c’est se confronter au capitalisme. Ce n’est pas se confronter aux autres composantes de la gauche.
Ø Etre élue à la région fait avancer les choses, exemple les transports. On est bien reçu dans les quartiers mais c’est le PS qui rafle la mise aux élections. Quelles stratégies lors des élections ? Ici avec le PS, ailleurs avec les anti libéraux.
Ø Ce débat et l’importance de l’assistance redonnent de l’espoir.
Ø Qu’est-ce qu’on veut ? Comment veut-on vivre ? Consommer ? Avoir du pognon ? La crise financière permet d’en discuter.
Réactions de la tribune :
B. Calabuig : Il faut refonder la gauche avec un courant communiste pour éviter le bipartisme. Bien qu’en désaccord avec la base commune, ne signera pas de texte alternatif mais lance une pétition.
D. Cirera : Il est normal qu’il y ait débat. Au nom de l’unité du Parti, on refuse de débattre. Les fondamentaux, c’est Marx, pas le stalinisme. La lutte des classes, l’impérialisme, ça existe. En France, il y a un potentiel, il ne faut pas chercher les solutions ailleurs. Bien qu’en désaccord avec la base commune, ne signera pas de texte alternatif (il n’a pas rappelé qu’avec communisme 21 il appelait à la création d’un autre parti).
A. Gerin : il faut dédramatiser nos différences. Il faut appeler les gens à se prendre en main, en tant que maire, il appelle les habitants à la subversion. Il faut parler de l’exploitation capitaliste et populariser toutes les formes de résistance dans les entreprises. Pour lutter contre le bipartisme, il faut reconquérir l’électorat populaire qui ne vote plus (70% d’abstentions dans les quartiers).
Il annonce qu’il est signataire d’un texte alternatif.
P Laurent : Le débat a lieu dans le Parti. La diversité c’est une chose, mais en décembre il faudra décider. On n’a pas les réponses à toutes les questions, mais cela ne doit pas nous conduire à l’effacement. Les idées anticapitalistes restent présentes en France et on a la chance d’avoir le journal L’Humanité.
Le débat se termine à 22 h 30.