Lettre de la Section du Sud-Saintonge du PCF
Depuis plusieurs années, les dirigeants de la fédération ont une ligne politique qui diverge de la majorité nationale. En ce qui concerne les élections, ils sont pour une alliance systématique avec les socialistes. C'est leur droit. Mais à partir de là, ils sont contre tout rassemblement à gauche du PS, dès qu'il en est question, sans en attendre la construction, et la dynamique qu'il peut créer. C'est le cas pour le Front de Gauche, proposé pour les élections européennes et renouvelé pour les régionales. C'est un problème politique de fond: le PS, qui soutient le traité européen de Lisbonne, qui ne souhaite qu'un aménagement du système capitaliste, n'est pas le parti qui assurera à long terme une vie meilleure pour tous. Quand on entend les propositions de Ségolène Royal envers le MODEM, on se demande si, en fait, les socialistes ne se contenteraient pas d'une bipolarisation à l'américaine, dans laquelle, la droite remplace la droite. Pour la préparation des élections, la conférence régionale fut houleuse. Vu le nombre de délégués (juste ou pas juste, on peut en douter, comparé au nombre de votants, ensuite), la Charente Maritime a fait passer un bulletin de vote ambigu. Au lieu de parler franchement d'un accord avec le PS dès le premier tour, ils ont évoqué un « grand rassemblement à gauche jusqu'au PS », alors qu'ils savaient cela impossible, étant données les conditions politiques décrites ci-dessus, et les positions des autres partis et organisations de gauche. Quant aux résultats du vote, là aussi, on peut s'interroger. Dans les « Nouvelles » il n’y a pas eu de résultats par section et c’est une autre fédération qui nous les a procurés : officiellement, pour le Sud Saintonge, sur 14 votants, 9 auraient voté pour l’option 2. Mais des contacts rapides avec quelques camarades inscrits sur les listes de cotisants nous ont amenés à un minimum de 21 votants, et non 14.; et parmi eux, 16 affirment avoir voté pour l'option 2 (Front de Gauche), soit plus de 76%. Pourquoi une telle différence, qui permet tous les doutes sur les résultats globaux du département? Aujourd'hui, après avoir utilisé Les Nouvelles pour son seul point de vue, le Conseil Départemental envoie un courrier à tous les camarades évoquant un scénario - catastrophe pour le Parti. Qu'en est-il exactement, à ce jour? Pour avoir quelques compléments d'informations, il nous faut prendre des contacts à l'extérieur de la fédération 17. Quand on veut travailler à un rassemblement, ce n'est pas toujours facile, et les dirigeants de notre fédération le savent bien: En 2004, la mise en place d'une liste avec le seul PS avait été difficile et c'est seulement à la mi-janvier qu'un accord avait été signé. Au niveau national, 5 têtes de liste ont été proposées au Parti de Gauche, dont le Poitou-Charentes ; les responsables des fédérations étaient au courant. Aussi, quand Brahim déclare, au cours d'une réunion, que le PG réclame la tête de liste de notre région, c’est faux ; et contrairement à ce qu'il affirme dans son courrier, les 4 conseils départementaux n'ont pas "demandé" une tête de liste régionale membre du PCF, puisque dans le compte rendu de la réunion du 10 décembre, Paul Fromonteil déclare: "Les 4 conseils départementaux suggèrent que la tête de liste régionale soit un communiste......Naturellement, nous prendrons en compte les orientations qui sortiraient des négociations nationales dans la répartition des têtes de liste." N'y a-t-il pas contradiction à évoquer ensuite le "dirigisme de la direction nationale?? Le Parti de Gauche n'ayant pas d'adhérent prêt à prendre une telle responsabilité, a proposé une sympathisante, Gisèle Jean, directrice de l'IUFM de Poitiers, qui fut présidente du comité départemental du Front de Gauche pour les élections européennes. Cette candidature a d'ailleurs recueilli 6 voix sur 8 lors d'une réunion Front de Gauche le 23 décembre dernier. Seuls Brahim Jlalji et Alain Girard (République et Socialisme) ont soutenu la candidature de Michelle Carmouse, proposée par le Conseil départemental (et non les Communistes du département, comme l'indique un communiqué de presse). Michelle, fondamentalement anti- Front de Gauche, prête à mener la liste au niveau régional ?... N'y a-t-il pas contradiction? Dans ce même courrier, on oublie de mentionner la "déclaration d'intention" signée par sept organisations et partis de gauche, dont le NPA : Ils se prononcent pour la constitution d'une liste unitaire en Poitou-Charentes, et s'engagent résolument à battre la droite en proposant une fusion démocratique avec le PS et EE au 2e tour (sauf si le PS se tourne vers le MODEM). Alors pourquoi notre secrétaire départemental parle-t-il de refus d'accord au 2è tour??. Si cette liste large, jusqu'au NPA, voyait sa concrétisation, elle permettrait de créer une dynamique, et si nous nous mettons tous dans la campagne, on peut espérer un score honorable. Une telle démarche peut conduire à une prise de conscience dans la possibilité de rupture avec le capitalisme, et un Parti Communiste toujours très actif, ce qui ne sera pas le cas s'il est "noyé" derrière un Parti Socialiste glissant vers la droite. Maintenant la campagne doit commencer sur un programme clair, à gauche, dans les domaines de l'emploi, la formation professionnelle, l'éducation, l'écologie, l’agriculture, les services publics, les transports, le logement, la santé, la fiscalité...... sans oublier un réel contrôle des salariés dans les entreprises et des citoyens dans des "assemblées participatives". Comme répétait inlassablement Lucie Aubrac: "résister se conjugue au présent" Nous sommes désolés d'avoir été très longs, mais ne connaissant pas les objectifs précis des dirigeants de la fédération, ces mises au point nous ont paru nécessaires. Même si la conjoncture n'est pas réjouissante, recevez nos meilleurs vœux pour 2010, pour vous et vos familles. |