Intervention F. ROUSSEL, secrétaire départemental du Nord, lors de la conférence nationale du 4 au 6 juin 2011 à MONTREUIL Les communistes du Nord, dans leurs débats, ont exprimé leur attachement à la démarche du « Front de Gauche ». Ils ont exprimé aussi leurs inquiétudes sur son avenir et sur la manière dont il nous est proposé de le faire vivre d’ici 2012. Pour les communistes du Nord, le « Front de Gauche » aura de l’avenir si on y met des contenus et si on lui donne des racines dans nos villes, nos quartiers, nos entreprises. Le poids de l’abstention, celui de l’extrême droite, notamment dans les classes populaires, montre que nous avons encore beaucoup à faire pour convaincre. Dans les 60 % d’abstentionnistes, l’extrême droite a un réservoir de voix. Mais c’est aussi un réservoir pour nous car nous pouvons marquer des points chez ces français en colère et qui ne votent plus. Aujourd’hui, les communistes du Nord ont le sentiment que l’avenir du « Front de Gauche » est lié à un accord de sommet, liant les législatives aux présidentielles. C’est regrettable. Ils ont encore plus ce sentiment quand ils découvrent que ces accords font état de discussions à Paris sur les législatives avec cette idée de donner 150 000 voix au PG et à la GU pour permettre leur financement. Quel mépris pour les électeurs ! Autant vous dire que nous ferons un autre choix sur ce sujet. Nous ferons comme aux cantonales. Chaque section avec les responsables syndicaux, associatifs, ceux du PG, de la GU sont appelés à se réunir pour discuter, localement, du meilleur candidat, celui qui est le plus à même d’augmenter notre score par rapport à 2007. Aux cantonales, nos 40 candidatures « Front de Gauche » n’étaient pas tous communistes. Elles se sont construites à la base. La Fédération est juste intervenue pour mettre un peu d’huile quand le dialogue ne prenait pas, mais nous avons fait le choix de laisser chaque canton désigner ses candidats. Il n’y a pas eu besoin d’accord départemental. L’intelligence des communistes localement a permis de désigner des candidats de différentes forces politiques et du monde du travail. Une dizaine d’entre eux était sans étiquette politique. Nous avons gagné deux cantons, nous progressons de 2 %, nous pesons 12 % dans ce département le plus peuplé de France avec 2,5 millions d’habitants. Nous aurons la même démarche aux législatives. Nous n’avons pas besoin d’accord départemental et encore moins d’accord national qui nous imposerait des candidats ou des quotas réservés au PG ou à la GU. D’ailleurs, si c’était le cas, où serait la place des candidats issus du monde du travail ? Si l’objectif est de marquer des points et d’augmenter l’influence du PCF et du « Front de Gauche » dans le pays, faites confiance aux communistes localement. Ils sont ouverts, rassembleurs, mais aussi très attachés au PCF comme au « Front de Gauche ». Tout cela ne s’oppose pas au contraire, cela se construit à la base. D’ailleurs dans le Nord, il y a Marc Dolez et les communistes du Douaisis sont naturellement avec lui. Concernant la présidentielle, leur choix est partagé entre André Chassaigne, Jean Luc Mélenchon, Emmanuel Dang Tran, André Gerin même si André Chassaigne a plus la cote. S’ils sont partagés sur le nom du candidat, ils ont clairement exprimés leur souhait d’être respectés dans leur choix, d’être écoutés… Pierre Laurent leur a dit que tout était ouvert, qu’ils seraient consultés. Les communistes du Nord demandent donc que le débat reste ouvert jusqu’au vote et qu’ils puissent s’exprimer librement. Le projet de résolution que vous nous proposez n’est pas ouvert et n’est pas respectueux de la diversité des débats. En tout cas nous n’avons pas le mandat aujourd’hui de voter pour la candidature de Jean Luc Mélenchon à travers cette résolution. Ce serait d’ailleurs la pire manière de désigner le Président du Parti de Gauche.
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Evènement pour les présidentielles à Lyon... Quand les communistes débattent au fond... Près de 300 personnes pour la rencontre des "andrés", les deux députés communistes qui ont proposé aux communistes leur candidature pour les présidentielles. Cette participation est très large, bien au-delà des militants du réseau Faire Vivre et Renforcer le PCF qui est à l’initiative de l’appel pour une candidature communiste. La plupart des sections du Rhône sont fortement présentes... Il ne manque presque que la direction fédérale ! Le point commun principal est bien sûr que les deux s’expriment sans ambiguïté pour une candidature communiste, Gerin la plaçant comme une alternative à la stratégie du Front de Gauche, nécessaire pour battre Sarkozy en faisant réussir la gauche par l’intervention du peuple, du monde du travail, Chassaigne la considérant au service d’un Front de Gauche conçu dans l’esprit du Front populaire, critiquant le FG étriqué que beaucoup vivent dans les débats du programme partagé, où les prétentions du PG dans les cantonales.
La
différence, au delà de l’opposition forte sur la stratégie actuelle de
la direction du PCF, semble bien porter sur la lecture que chacun fait
de l’histoire du PCF depuis la mutation et sur les possibilités de
bousculer l’ordre des choses. Ce qui est sûr, c’est que Gerin affirme qu’il travaillera avec Chassaigne si celui-ci est choisi comme candidat, et que Chassaigne confirme qu’il s’effacera si la conférence nationale ne le choisit pas comme candidat... Tous les deux considérant que l’intervention des communistes peut créer la surprise, déja pour le prochain conseil national d’Avril... En fait, il semble que s’il n’y avait pas une direction nationale qui fixe un cadre étriqué et enfermé dans la logique des institutions et des accords possibles avec le PS au gouvernement, les deux députés pourraient être plus proches que certains ne le croyaient... Et c’est la première leçon de cette rencontre. Pour s’organiser et débattre au fonds, les communistes n’ont pas besoin d’une direction qui ne travaille que pour créer les conditions d’une candidature non communiste, à l’image de Marie-Georges Buffet se promenant partout avec Mélenchon mais qui n’a pas trouvé une minute pour participer à une rencontre avec André Chassaigne ! C’est peut-être ce qui a fait un débat politique passionnant, où les convergences et les divergences ont été exposées le plus clairement possible, où personne n’a cherché le score à l’applaudimètre, mais au contraire cherchait les éléments qui permettront aux communistes d’être en situation de force dans cet affrontement nécessaire contre Sarkozy et ce qu’il représente, et pour une autre société que porte le point de vue communiste. Merci donc à André pour avoir proposé cette rencontre, et à André de l’avoir accepté et d’y avoir participé en toute franchise... C’est Bruno Benoît, professeur d’histoire à Sciences-Po Lyon, qui a animé avec intérêt cette rencontre avant de passer la parole aux questions (nombreuses !) dans la salle. L’animateur lance le débat, et les rires quand il fait l’erreur d’affirmer que Chassaigne n’a pas encore de blog sont révélateurs de l’ambiance, amicale et fraternelle. |
Humanité du 14 février Chassaigne - Gerin. Deux candidats, deux stratégies L’un, André Gerin, est candidat à une candidature autonome du PCF en 2012. L’autre, André Chassaigne, s’est dit disponible pour représenter le Front de gauche à la présidentielle. Ils ont débattu, samedi, à Lyon. Tous deux sont communistes et fiers de l’être. Ce n’est pas leur seul point commun. Tous deux sont députés, personnalités connues au plan national. Mais surtout, tous deux sont candidats à l’investiture présidentielle. Pas l’un contre l’autre. Mais en revendiquant deux démarches sensiblement différentes. Samedi, devant deux cents personnes, André Chassaigne, député PCF du Puy-de-Dôme, et André Gerin, député PCF du Rhône, ont débattu, à Lyon, à l’invitation du second, sur le thème : « Faut-il un candidat PCF à l’élection présidentielle ? » Un débat arbitré par Bruno Benoît, professeur à Sciences-Po Lyon. Chaque mot compte dans la question posée. André Chassaigne ne concourt pas pour représenter son seul parti à l’élection : il aspire, si les formations du Front de gauche (PCF, Parti de gauche, Gauche unitaire) en décident ainsi, à porter les couleurs de ce rassemblement devant les Français. « Le PCF se grandit dans le rassemblement, pas dans l’isolement », argumente-t-il. Il n’est pas seul en lice, Jean-Luc Mélenchon, présenté par le PG, s’est dit disponible aussi. André Gerin, lui, se porte candidat pour représenter son parti, dont il craint l’effacement dans le Front de gauche. Il récuse l’idée qu’il ne serait « pas possible de présenter un candidat communiste à l’élection présidentielle ». Le député du Rhône critique une démarche de Front de gauche « étriquée » à ses yeux, dans la continuité de l’union de la gauche. Jean-Luc Mélenchon, « filiale » du PS, en est le symbole. « Cette stratégie qui poursuit l’abandon du PCF, amorcée par Robert Hue, ne marche pas. Il faut sortir du tête-à-tête avec le PS », afin de partir à la reconquête des abstentionnistes et des électeurs déboussolés qui votent FN. Pour André Chassaigne, « le Front de gauche, c’est une dynamique, ce ne doit pas être la préfiguration d’une autre formation politique ». Mais pour être efficace, il ne doit pas limiter son ambition à une « petite gauche » mais porter l’orientation transformatrice à toute la gauche. D’où, pour lui, le besoin de la candidature la plus rassembleuse, porteuse d’un projet « coélaboré » avec les citoyens. Cela n’implique pas que cette candidature soit « automatiquement » communiste, mais cela ne l’exclut pas non plus « a priori ». Pour le député de l’Auvergne, l’hypothèse d’une candidature issue du PCF doit donc être débattue sereinement. « Les communistes ont fait la démonstration que leur candidat peut rassembler », en témoigne le score de la liste du Front de gauche qu’il a conduite aux régionales (14,2 %). Reste à savoir comment cette désignation doit s’opérer. Alors qu’André Chassaigne insiste pour garder toutes ses chances à l’atterrissage unitaire, ce qui implique qu’aucune formation n’impose une candidature aux autres, André Gerin rejette une désignation fruit d’un accord entre les composantes du Front de gauche. Pour lui, le candidat doit être choisi en « pleine souveraineté » par les communistes, « indépendamment du processus engagé dans le Front de gauche ». Sébastien Crépel |
Le progrès de Lyon, Dimanche 13 avril 2011. Tous deux députés communistes - l’un du Rhône, l’autre du Puy-de-Dôme André Gerin et André Chassaigne se sont retrouvés hier matin à l’Embarcadère à Lyon pour débattre autour de la question « Faut-il un candidat communiste à l’élection présidentielle de 2012 ? » Les deux élus, qui répondent oui, sont irrités de constater que Jean-Luc Mélenchon, « pour l’heure candidat du seul Parti de gauche », donne l’impression d’être de fait celui du Front de gauche qui regroupe plusieurs mouvements dont le plus important - et de loin ! - est le PCF. A les écouter, on comprend qu’ils puissent être agacés par ce monopole, car eux aussi ont une parole spécifique, et qui est certainement de nature à séduire un électorat. En outre, par bien des points, ils sont aux antipodes du député européen. D’abord, ils sont communistes et en sont fiers, ils l’ont dit en réponse à une question de l’animateur du débat, Félix Benoît. « Etre communiste c’est faire des choses en commun, aller vers un monde de partage autour de la culture, des loisirs, de la production industrielle et agricole etc. » a ainsi exposé André Chassaigne. Ensuite, les deux André sont hors de toute posture médiatique. Moins connu dans la région, André Chassaigne est réellement un homme du peuple, ça se sent. C’est avec ses tripes qu’il parle. Avec son compère rhodanien, il demande que les militants communistes puissent se prononcer sur le nom d’un candidat communiste sans être condamnés à faire le choix de Jean-Luc Mélenchon. Si leurs camarades les suivent, alors l’un ou l’autre partira à la présidentielle soutenu « à 100 % » par l’autre. Leur seule divergence se résume en une phrase : celui qui croyait au front de gauche (Chassaigne), celui qui n’y croyait pas (Gerin). Initiative personnelle d’André Gerin, ce dialogue très instructif pourrait se prolonger dans d’autres villes. |