Sur le Congrès de Tours – 29 décembre 1920
Les raisons de l’adhésion du parti socialiste à l’Internationale communiste à Tours en 1920 ont une résonnance actuelle. En choisissant Tours, la direction du parti socialiste, discréditée après l’union sacrée lors de la tuerie mondiale de la guerre 14-18, avait voulu limiter l’influence révolutionnaire des jeunes de la région parisienne et du Nord.
A Tours c’est la jeunesse, une jeunesse meurtrie mais combattive, qui dominait. Déjà en octobre 1920, les jeunesses socialistes s’étaient transformées en jeunesses communistes.
De nombreux jeunes travailleurs ( A. Croizat, B. Frachon, O. Rabaté, Pierre Sémard….) seront des militants actifs à l’adhésion à l’Internationale communiste. Aujourd’hui, les liens se sont distendus entre le parti et les syndicalistes. Il ne s’agit pas de revenir à la courroie de transmission. Mais, alors que le Peuple de France souffre, que des luttes se développent, le Parti ne doit-il pas se tourner plus vers le monde du travail et de la culture et lui donner toute sa place? Ce ne sont pas des conjonctures qui permettront au PCF de prouver son utilité pour faire changer la société : Ce sont ses idées, sa pratique et sa volonté.
Pourquoi le Parti Communiste Français ne s’inspirerait-il pas du dernier congrès des Jeunes Communistes, de ses analyses, de ses mots d’ordre ? Pourquoi ne pas aider dans chaque département au développement de la J.C. alors que notre jeunesse connaît massivement l’exclusion, la précarité, le chômage ?
A Tours, par delà du symbole de la venue clandestine de l’Allemande Clara Zetkin, l’internationalisme était présent.
C’est aussi l’intervention du jeune de 20 ans Nguyen Ai Quoc (ce qui signifie Nguyen le Patriote), plus connu sous le nom de Ho Chi Minh, sur les crimes abominables dans les colonies. C’est ce même souffle qui aidera à la création de la MOI, à l’essentiel de l’organisation des Brigades Internationales par exemple.
Le soutien, sans immixtion dans leurs affaires, aux peuples opprimés dans le monde doit continuer à faire partie de la pratique communiste.
Le débat élus / militants à Tours est bien actuel : ainsi dans son appel final, Paul Vaillant-Couturier critiquera la position de la droite du parti, des élus plus que des militants qui se sont laissé conquérir par une conception purement parlementaire. Lors de la bataille sur les retraites, les parlementaires communistes ont bien relayé les revendications syndicales et proposé les moyens pour un financement des retraites. Mais est-ce toujours le cas de tous les élus communistes ?
Contribution de F. Granados, envoyée à l'Huma.