Un samedi 25 juin à la campagne.

Près de 80 personnes se sont retrouvées à l’invitation des sections de l’est et du sud Saintonge chez Jacqueline et Jean Egreteau, agriculteurs près de Matha. Jean, dégouté et même meurtri dans sa chair par l’agriculture intensive, s’est lancé dans la création d’une ferme pédagogique…..

 

Dans la matinée, Jean a exposé lors des visites certaines caractéristiques de son projet concernant la recherche d’une autonomie énergétique : éolienne pour produire de l’électricité, panneau solaire pour l’eau chaude, serre de chauffage, puits canadien où la chaleur du sous-sol est récupérée pour chauffer la maison (il y a aussi un couplage VMC réversible), maison en bois, éolienne pour la circulation de l’eau dans son étang…..

Déjà les problèmes sur l’énergie renouvelable ont été abordés. C’est le manque de compétences des entreprises, (la première éolienne n’a pas fonctionné et l’entreprise a disparu, problème de trouver en France des entreprises pour la fabrication des kits de maison en bois…), le non-engagement de l’état dans ces filières et l’absence d’une véritable volonté politique pour développer ce secteur industriel. C’est aussi les incitations par l’état aux panneaux voltaïques sans savoir comment les retraiter, aux agro carburants (Jean a rappelé qu’il y a quelques années, du blé avait servi de combustible à des chaudières).

Après Fukushima, le débat sur l’énergie était lancé dans toute sa complexité.

 

Lors du pique-nique, sur l’aire aménagée, à l’ombre des arbres : un bon moment de convivialité, d’échanges de plats et de discussions les plus larges.

A 15 heures, place au débat animé par Jean Egreteau et Xavier Compain, responsable national du PCF de la commission agriculture, pêche et forêts.

 

Le débat portera sur le problème crucial de la nourriture dans le monde, de la faim (1 milliard de personnes !), de la sous-alimentation, de la mal nutrition jusqu’à la mal (voire dangereuse) bouffe, de la nécessité de constituer des stocks de sécurité alimentaire pour casser la spéculation,

 

de l’exploitation des terres, de la spéculation (voire du racket dans des pays du sud), de la disparition des terres agricoles (54 000  hectares chaque année en France), de la faillite des exploitations, de l'endettement ( avec la banque des « paysans »), de l'appauvrissement de très nombreux agriculteurs, (ce qui pousse au suicide un agriculteur par jour en France, décourage et empêche les jeunes de s'installer).

 

de la production et la commercialisation localisées des produits (sauf pour le café par exemple),

de la pêche (ce ne sont pas les bateaux de 12 m qui raclent par exemple le fond les eaux territoriales du Sahara Occidental et de l’Ethiopie pour faire des farines animales),

de la viticulture (avec la suppression des droits de plantation des viticulteurs qui accélère la spéculation sur les terres agricoles)…. Tous ces problèmes appellent à des décisions rapides et radicales que le G20 agricole (club de l’agro-business) n’a pas prises,

 

Xavier fera part des propositions du PCF qui ont alimenté le programme partagé du Front de Gauche :

- Faire jouer un droit de préemption systématique des terres libérées en faveur de l’installation d’agriculteurs ou de l’agrandissement de petites exploitations.

-Agir pour une nouvelle organisation de l’agriculture dans le cadre des Nations-unies, afin de soutenir le développement de marchés régionaux, de réguler les marchés mondiaux, de mettre en œuvre un plan agricole et alimentaire mondial,

- Agir pour l’adoption d’une politique agricole commune cohérente avec l’objectif de souveraineté alimentaire, garantissant aux agriculteurs des prix rémunérateurs, encadrant les pratiques et les marges de la grande distribution.

- Opposer un veto à la conclusion du cycle de Doha de l’OMC,

- Engager le soutien au développement des filières alternatives labellisées, vivrières, courtes de proximité, biologiques, reposant sur une juste rémunération du travail et permettant au plus grand nombre de bénéficier d’une alimentation de qualité.

 

Naturellement la place et le rôle du PCF dans le Front de Gauche ont été discutés en petits cercles et dans le débat. La nécessité du renforcement du PCF a été affirmée.

Pour les campagnes électorales à venir, il faudrait afficher nationalement à l’aide de bandeaux des propositions offensives, claires et lisibles pour combattre le silence des médias..

Le débat s'est terminé avec le sigle "Les saigneurs" du groupe les colporteurs, suivi de l'Internationale.

Une bonne journée où on s’est oxygéné aussi le cerveau.

 

Le vendredi 24 juin, à Rochefort, à l’invitation de la fédération du PCF du 17, 40 personnes ont assisté à la  conférence-débat « Réflexions autour de l’actualité de la pensée marxiste » animée par Alexandre Buteau, professeur de philosophie…..

Tout d’abord, A Buteau a développé 3 points :

1) Nouveauté de Marx à partir de « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, mais il s’agit de le transformer …», «  ce sont les masses qui font l’histoire », «  l’idéologie dominante est l’idéologie de la classe dominante »,

2) Le communisme : « Le communisme n’est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal sur lequel la réalité devra se régler. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel. Les conditions de ce mouvement résultent des prémisses actuellement existantes….. ,  « association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous »

3) Le marxisme « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes… », « l’être humain n’est une abstraction inhérente à l’individu isolé. Dans sa réalité c’est l’ensemble des rapports sociaux ».

 

Dans le débat qui a suivi :

L’état ? Un état fort comme le préconise A. Le Pors ou l’autogestion avec de nouveaux critères développée par P. Boccara. A. Buteau juge que ce dernier est plus dans la pensée marxiste de l’association des travailleurs.

 

Pays communistes ? Il a été rappelé que les pays de l’est même s’ils étaient dirigés par des partis communistes ne se disaient pas communistes. Les forces productives dans ces pays n’étaient pas (ou peu) développées à leurs créations. Le socialisme ne peut pas se développer avec un partage des richesses si elles n’existent pas.

Mais quand on arrive à attendre une décision du Politburo pour résoudre un problème technique dans une entreprise : on est pas loin de la fin et c’est ce qui est arrivé.

La Chine, avec son milliard 300 millions d’habitants (soyons modestes !), introduit le « capitalisme » (A quel moment abolit-on l’état existant ?) mais aide au développement de petites exploitations agricoles pour contenir l’exode rural et assurer l’auto suffisance alimentaire ( alors qu’il n’y a que 10% de terres arables).

Mais l’absence de liberté démocratique ne peut qu’entraver le développement économique et de l’être humain. Il faudra que cette contraction soit résolue.

En France aussi, quand un ministre communiste introduit la privatisation à Air France : A quel moment abolit-on l’état existant ?

 

Le communisme a de l’avenir ? Même si l’idée aux yeux de certains participants est ternie, voire plus, après l’expérience des pays de l’est, A. Buteau estime que le mouvement pour abolir l’état existant est nécessaire.

Il n’y a pas de modèle dans la pensée de Marx et l’amalgame n’est pas sérieux. Mais cela ne pourra se faire qu’avec une véritable participation démocratique des intéressés aux changements. Ce qui se passe sur le pourtour méditerranéen ne peut que nous encourager.

 

 

PS : L’avenir du parti ? Le secrétaire départemental du PCF du 17 se gausse de ceux qui voudraient revenir au passé en recréant des cellules pour retrouver la force du parti d’antan. A l’heure du développement durable, les partisans de la démocratie à la base apprécieront ce dénigrement de la cellule, symbole de la vie.

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