Habemus facham (nous avons un facho)

La porte s’est ouverte et il était là, habillé de blanc immaculé, avec les manches du passé bien lavées à la lessive, pour que n’apparaisse pas son passé taché avec les disparitions de bébés lors de la dictature, comme si il n’avait jamais suivi le dictateur Videla, comme si il n’avait jamais livré des religieux progressistes, comme si il n’avait jamais collaboré avec la dictature qui fit disparaître plus de 30 000 personnes et comme s’il n’avait jamais fait de déclarations contre les homosexuels en les traitant de « fils de Satan ».

Là était Jorge Bergoglio, maintenant François 1er, entouré de ses proches, austère, sans signe de richesse et de luxe, faisant un clin d’œil à ceux qui réclamaient un renouveau de l’Eglise et plus d’attention pour le peuple.

C’est le premier Pape Latino-Américain et ce n’est pas un hasard, pas plus que ne le fut en son temps l’élection de Karol Wojtyla comme fer de lance du milliard de catholiques contre le bloc socialiste en 1978. Maintenant le danger ne vient pas de l’Est, mais du Sud, de l’Amérique du sud, où les peuples ont depuis quelques années opté pour leur émancipation, sans attendre le messie tombé du ciel. Le danger c’est le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur, le Brésil, l’Argentine….Le danger continue d’être Cuba et toute l’Amérique latine.

Nous verrons sûrement un Pape apparemment plus préoccupé de social, plus miséricordieux pour contrecarrer les processus révolutionnaires, pour faire croire aux peuples que l’Eglise leur donnera des quignons de pain suffisants pour qu’ils ne meurent pas de faim et pour éviter que les peuples continuent à vouloir monter à l’assaut du ciel au lieu de prier et de tendre l’autre joue.

Javier Parra (Extraits de La Republica). Traduction Francisco Rojo.

 

Notes :

Deux curés engagés auprès des pauvres qui vivaient dans les bidonvilles de Buenos Aires furent dénoncés pendant la dictature par le nouveau Pape. Ils furent séquestrés pendant cinq mois à l’ESMA, un des principaux centres clandestins de torture, puis jetés dans des marais.

La justice argentine a cité Jorge Bergoglio à comparaitre en 2011 pour juger des crimes commis à l’ESMA, il a refusé de se déplacer.

Il a également été cité comme témoin dans un procès en France pour l’assassinat du prêtre Gabriel Longueville.

Une famille a également demandé qu’il soit interrogé sur le vol de bébés.

Pendant la dictature (de 1976 à 1983) l’épiscopat argentin avait des contacts permanents avec la junte militaire et on peut lire dans un de leurs comptes rendus : « Nous ne devons en aucune façon avoir une position critique face au gouvernement, car son échec amènerait à coup sûr au Marxisme ».

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