Extraits d’une interview de José Luis Centella, secrétaire général du Parti Communiste d'Espagne.

Sur l’Europe :

Nous sommes un peu plus audacieux que le PGE. Nous ne disons pas qu’il faut refonder les institutions mais qu’il faut faire un autre processus d’intégration territoriale et nous avons l’Amérique latine comme exemple dont on peut s’inspirer. Ils ont une monnaie commune, qui est le sucre, mais qui ne sert pas de monnaie courante, qui sert seulement pour les transactions entre les pays et qui est aussi un contrepoids au dollar. Si on parle de refondation de l’Europe, c’est pour dépasser l’Union Européenne.

Après, sur la monnaie, le débat n’est pas oui ou non à l’Euro, le débat est comment on en finit avec l’Euro qui aujourd’hui est une pierre tombale. A l’heure actuelle la monnaie unique n’est pas possible car les conditions ne sont pas réunies. La monnaie unique devrait être l’aboutissement d’un processus et non son point de départ, car ce qui arrive au final c’est que par exemple, nous pratiquons les mêmes prix mais pas les mêmes salaires. On nivelle par le bas, jamais par le haut. On disait déjà tout ça au moment du traité de Maastricht et les gens nous prenaient pour des fous.

Sur la dette :

Le gouvernement prend prétexte de la dette pour refuser toute politique sociale en Espagne. En arrêtant de payer 10 milliards d’euros sur les 36 milliards que le gouvernement destine au paiement des intérêts de la dette, on pourrait doubler les investissements.

Nous sommes pour un audit citoyen de la dette et pour la déclarer illégitime car la dette est celle du secteur privé. Nous ne sommes pas utopistes ou irresponsables, je prends encore l’exemple des gouvernements latino-américains qui ont eu ce courage et qui n’ont commencé à respirer que quand ils ont commencé à combattre la dette.

Comme m’a dit une fois le président Correa, quand quelqu’un doit 3 000 € à la banque, c’est son problème, mais quand quelqu’un doit 30 000 €, c’est le problème de la banque. C’est le gouvernement qui a le pouvoir et qui peut décider de renégocier la dette, ce qui permettrait de faire une véritable économie, pour les gens.

 

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