Elus communistes ? Parti ? Front de Gauche ?

Le gouvernement PS applique le traité « Merkozy », fait passer l’ANI qui enlève des droits aux travailleurs, envisage des Prud’hommes sans élection, continue la casse des retraites en prenant des mesures anti jeunes, poursuit le désengagement de l’Etat dans l’Education, poursuit une politique impérialiste en Syrie, en Palestine, pratique la chasse aux immigrés …

Peut-on sans plonger dans la confusion et dérouter un électorat de gauche se présenter au premier tour des élections sur des listes dirigées par le PS ? N’est-ce pas faire le lit du FN, de le conforter dans son discours « tous les mêmes », de pousser encore plus à l’abstention les couches populaires?

Cela fait trente ans que le PCF tente de peser sur le PS pour le ramener « à gauche ». Au vu de la réalité soit c’est mission impossible soit les moyens ne sont pas bons. Dans les deux cas il faut un changement.

Dans un premier temps, cela peut conduire à ce qu’il y ait moins d’élus communistes sur lesquels il convient de s’interroger quand on en voit par exemple certains ne pas tenir compte du vote des communistes, d’autres accepter de se mettre sur une liste avec le PS avec une position telle qu’il n’y aura plus d’élus communistes si la liste est battue (comme à Rochefort)…..

Déjà la politique de vivre avec le masque à oxygène du PS a fait diminuer le nombre d’élus communistes, a vidé petit à petit la substance révolutionnaire du Parti, l’a rendu anémié. Combien de communistes en voyant R. Hue avec le PS ouvrent enfin les yeux sur la mutation ?

Tout cela rappelle des débats lors de la création du Parti en 1920 : il avait fallu alors diminuer le poids des élus dans la politique du Parti.

En Espagne, le PCE a rencontré ces débats. La politique libérale a été mise en place par les « socialistes » du PSOE et le PP (qui en Espagne comprend les descendants du franquisme). Même les Indignés parlent du PPSOE. Le PCE avec Izquierda Unida qui servait de passerelle avec le PSOE s’est retrouvé entraîné dans une dérive social-démocrate et a touché le fond du puits. Les militants ont su réagir, à la fois dans leur propre parti et dans Izquierda Unida.

La poursuite de la reconstruction du PCE, la consolidation de Izquierda Unida comme organisation anticapitaliste articulée au mouvement politique et social étaient à l’ordre du jour de son récent congrès. Elle est mise en application et elle progresse (+30% de militants).

Le PCF doit faire un choix.  Ou préserver les quelques restes de l’Union de la Gauche au risque de devenir illisible ou redevenir un parti ancré dans les milieux populaires, les entreprises et donner un souffle anticapitaliste et populaire au Front de Gauche.

Florence Granados

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