Le texte en discussion du « nouveau projet européen du PCF» est, à mon avis, d’orientation social-démocrate de gauche. Premièrement, ne confondons jamais l’Union Européenne, organisme créé par les capitalistes, avec l’Europe continentale. Dans le texte, la nature capitaliste de l’Union Européenne n’y est jamais mentionnée. L’Union Européenne serait-elle neutre ? Les beaux mots de démocratie et de liberté apparaissent à plusieurs reprises, mais sans contenu de classe. Par contre, sont absents ceux de luttes de classe, impérialisme, socialisme, classe ouvrière, rupture avec le capitalisme, révolution, nationalisation... Nous sommes loin d’une analyse marxiste, loin des enjeux actuels de la lutte des classes en Europe. Nous sommes devant un texte humaniste qui a forcément ses limites et surtout qui ne transformera jamais l’UE capitaliste en Europe des travailleurs. Il ne faut pas perdre de vue que la lutte des classes est d’abord nationale, et c’est à partir de ruptures avec le capitalisme dans plusieurs pays que pourra se construire une structure internationale non capitaliste dans cette partie du monde. Aujourd’hui, la « refondation de l’UE » proposée par le texte n’est que l’appendice de la thèse réformiste, au plan national, de la 6ème République (bourgeoise) alors que pour le Parti communiste français, l’objectif devrait être la première République sociale, démocratique et populaire de France, ouvrant la possibilité d’une organisation sociale et démocratique avec des pays voisins, y compris des deux côtés de la Méditerranée. Personnellement je me sens plus proche de l’Algérie que de la Lituanie. Dans le texte, des initiatives pour la paix sont proposées (il n’ose pas, quand même, proposer la refondation de l’OTAN), mais rien n’est indiqué sur la nécessaire sortie de l’OTAN. Il est même proposé « un plan Marshall euro-méditerranéen », proposition incroyable pour des communistes lorsqu’on sait la nature de la référence historique. La « transformation » des missions de la Banque centrale européenne est énoncée, donc son maintien, alors que la priorité pour des communistes devrait être dans chaque pays, la nationalisation de tout le secteur bancaire (sans indemnisation des capitalistes) pour revenir à la question nationale du changement de société. Jusqu’au traité de Maastricht en 1992, notre parti a toujours été, avec raison, contre l’Union Européenne capitaliste. Ensuite, nous avons vécu une dérive avec « Bouge l’Europe » chère à l’ex-communiste et ex-président du PCF Robert Hue. Comme si l’Union Européenne du capital pouvait devenir une Europe sociale. L’Union Européenne ne peut pas devenir une Europe sociale ni être refondée pour devenir une Europe solidaire. Cet organisme a été façonné dans le seul but de servir les intérêts du capital. Pour les intérêts du peuple, il faut détruire l’Union Européenne et au plus vite construire autre chose, d’une autre nature de classe. Les avancées en Amérique Latine sur cette question doivent être analysés L’expérience désastreuse de la participation communiste au gouvernement social-démocrate de Jospin de 1997 à 2002 devrait nous enseigner qu’il n’y a pas de troisième voix et qu’il n’y a que deux côtés à une barricade, celui du capital et celui de la classe ouvrière et du peuple. La seule position juste impose une résistance face à la remise en cause des avancés sociales pour le peuple. Celles-ci ont été obtenues dans le cadre de la lutte des classes au plan national face au capital. Il est impératif d’abroger tous les traités européens et de rompre tous liens avec l’Union Européenne capitaliste. Ainsi que de remettre en cause l’Euro, qui est intimement lié à l'UE, comme viennent de le décider plusieurs partis communistes en Europe. Position de Jean Jacques Karman membre du CN du PCF |