Un crime contre l’humanité est perpétré sous nos yeux à Gaza.

 Des enfants sont massacrés, qui n’auront connu dans leur brève existence que la prison à ciel ouvert et surpeuplée où ils sont nés, à la portée de chars de l’armée israélienne. La mystification d’une opération militaire qui ne ferait que répliquer à des tirs de roquettes du Hamas n’a pas résisté longtemps aux images insoutenables qui témoignent de l’extraordinaire disproportion des forces. La conscience humaine est révulsée, mais le monde laisse faire. Ce peuple subit encore une occupation militaire et coloniale. Toute forme de résistance est flétrie d’emblée, par l’occupant, de la marque infamante du terrorisme. Cela justifie tout, de la violation des résolutions de l’ONU depuis 1967 jusqu’au massacre des enfants de Gaza.
La si mal nommée «communauté internationale» n’a pas l’excuse d’ignorer le moyen de mettre un terme au conflit : la création d’un État palestinien au côté d’Israël, dans le respect des frontières de 1967. Yitzhak Rabin et Yasser Arafat avaient en 1993 tracé le chemin vers un processus de paix. Netanyahou puise sa force dans l’inertie des grandes puissances, qui se refusent à exercer les pressions diplomatiques pour faire prévaloir le droit. Mais dans ce jeu de Ponce Pilate, le gouvernement français s’est singularisé en prétendant interdire aux citoyens d’exprimer leur refus des tueries de Gaza, comme cela a été possible partout ailleurs. Tenter de discréditer des hommes et des femmes, des jeunes, des familles venues manifester pour la paix et la justice en Palestine en les accusant d’importer en France le conflit du Proche-Orient est indigne d’un gouvernement qui se réclame de la gauche, donc aussi de la solidarité internationale. Mais se saisir de la commémoration de la rafle du Vél’d’Hiv, comme l’a fait Manuel Valls, pour insinuer que ces manifestants pourraient être gagnés par le poison de l’antisémitisme, est une honte absolue.

Jean-Paul Piérot.

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