A Okinawa, le candidat soutenu par le Parti communiste japonais, opposé aux bases étasuniennes, est élu gouverneur !

L’élection du gouverneur de l’île japonaise ce 16 novembre avec 59 % des votes dépasse le sort du million et demi d’insulaires. C’était une bataille nationale, cristallisée autour d’une base américaine honnie par la population locale. Le pouvoir nationaliste a perdu, le Parti communiste a vaincu.

Onaga s’est présenté comme « candidat indépendant ». Il n’est pas un communiste. Il était une figure locale du Parti libéral-démocrate. Dans ce parti aux courants idéologiques divers, il représente une aile à la fois plus social-démocrate, et plus critique envers l’alliance avec les Etats-unis.

Le gouverneur Nakaima, le gouvernement, tout comme l’allié américain subissent depuis plusieurs années des manifestations massives, organisées par des associations pacifistes ainsi que par les riverains pour exiger le départ de la base, située dans une zone densément peuplée.

L'élection a opposé le patriotisme d’Onaga, rejoignant celui des communistes, critique envers la subordination aux États-Unis, au nationalisme honteux de Nakaima, derrière Abe, de la bourgeoisie nippone revancharde, qui voit l’alliance américano-japonaise comme un tremplin vers l’hégémonie régionale, contre la Chine.

Le combat ne fait que commencer à Okinawa, une île qui était américaine jusqu’en 1972, et qui compte encore 32 bases et 26 000 soldats sur son territoire. En tout, 20 % du territoire est directement rattaché aux Etats-unis !

Mais une large majorité des Okinawais veut retrouver son indépendance, loin de tout nationalisme belliqueux. Les derniers sondages montrent que près de 80 % des habitants de l’île désirent le départ de la base de Futenma, et non sa re-location à Henoko.

Le Parti communiste japonais, forts de ses 400 000 membres, de son histoire de résistance au capitalisme monopoliste local, au militarisme nippon, à l’impérialisme américain, continue la lutte pour exiger le départ de toutes les bases américaines : l’élection du gouverneur Onaga sera un point d’appui certain dans ce combat.

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