Déclaration de 31 Partis communistes et ouvriers européens sur le centenaire du début de la Première guerre mondiale : « une guerre capitaliste d’agression et de conquête » Déclaration soumise par le Parti communiste d’Allemagne (DKP), le Parti communiste du Luxembourg (KPL) et le Parti du travail de Belgique (PTB). Cent ans après de début de la Première Guerre mondiale, nous éprouvons un nouveau débat sur la question de savoir qui a mis le feu. Cette remise en question de la responsabilité principale de l’impérialisme allemand pour le carnage des peuples pendant plus de quatre ans n’a, naturellement, pas pour but de trouver la vérité historique. Elle vise plutôt à légitimer la politique impérialiste actuelle théoriquement et politiquement. La Première Guerre mondiale fut suscitée par les intérêts d’expansion de la part des grandes puissances d’Europe, cherchant à conquérir de nouveaux marchés et ressources, et orientés vers une redistribution des marchés et ressources existants. C’était une « guerre d’agression et conquête capitaliste », comme l’a constaté Karl Liebknecht bien vite. Du même coup, la guerre offrait une opportunité pour les forces dominantes de contaminer la conscience des classes ouvrières dans leurs pays avec le venin de l’opportunisme, du nationalisme, et du chauvinisme. En été 1914, deux blocs militaires délibérés se trouvaient face à face : « la Triple Alliance », composée de l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie, et « l’Entente » du Royaume-Uni et de la France, auxquels la Russie s’est alliée. En 1915, l’Italie entra en guerre aux côtés de l’Entente. L’attentat de Sarajevo fut l’occasion bienvenue pour les grandes puissances bellicistes de réaliser leurs concepts stratégiques. Ce qui suivait était une guerre qui, pour la première fois dans l’histoire, était menée sur tous les continents. Trente-huit pays participaient, plus leurs colonies de l’époque. Et c’était la première guerre menée aussi industriellement. La tuerie faisait sept millions de victimes, la population civile souffrait une famine et des épidémies d’une ampleur inconnue. Vingt millions étaient blessés ou estropiés, des valeurs matérielles incroyables étaient détruites. Le carnage finissait par une défaite militaire des agresseurs. La Révolution de Novembre en Allemagne, les révolutions en Autriche, en Hongrie et d’autres pays étaient étouffées à cause du rôle que jouaient les leaders social-démocrate de droite au cours de la répression de la révolution. Certes, la monarchie fut détrônée en Allemagne, suivi par l’établissement de la république, mais les généraux et les forces du capital monopolistique demeuraient – leur survie politique a plus tard rendu la Seconde Guerre mondiale possible. La social-démocratie fut divisée au cours de la Première Guerre mondiale, les forces révolutionnaires se séparèrent de la Première Internationale et fondaient des partis communistes autour du monde. La Grande Révolution Socialiste d’Octobre en Russie a tracé la voie pour le premier État ouvrier et paysan de l’histoire humaine. La Première Guerre mondiale donc suscitait un nouvel espoir pour le monde – l’espoir du socialisme. Les partis signataires y tiennent toujours. « Et finalement, aucune autre guerre sera possible pour l’Allemagne prussienne qu’une guerre mondiale, et ce sera une guerre mondiale d’une étendue et d’une violence sans précédent. Entre huit ou dix millions de soldats iront s’étrangler entre eux, et ils vont ravager l’Europe comme jamais ne l’a fait une nuée de sauterelles. Les dévastations de la guerre de Trente Ans seront concentré dans trois ou quatre ans, et se répandront sur tout le continent ; la famine, des épidémies, un retour à l’état sauvage général du militaire comme des masses populaires causé par la détresse aiguë ; un désarroi sans issue du fonctionnement artificiel de notre commerce, industrie et crédit, finissant par une banqueroute générale ; un effondrement des vieux états et de leur raison d’état, de la façon à ce que des douzaines de couronnes vont rouler sur les pavés, et on ne trouvera personne à les ramasser ; l’impossibilité de prévoir comment tout ça finira, et qui sera le vainqueur de cette lutte ; seul un résultat est absolument certain : l’épuisement général et la création des conditions pour la victoire finale de la classe ouvrière. » Friedrich Engels, 1887 Partis qui ont proposé la déclaration : Parti communiste d’Allemagne (DKP), Parti communiste du Luxembourg (KPL), Parti du Travail de Belgique (PTB). Partis qui soutiennent la déclaration : Parti du Travail d’Autriche, Parti communiste de Bohême-Moravie, Parti communiste de Grande-Bretagne, Parti communiste de Catalogne, Parti socialiste ouvrier de Croatie, AKEL (Chypre), Parti communiste du Danemark, Parti communiste au Danemark, Parti communiste de Finlande, Parti communiste français (PCF), PRCF, Parti communiste unifié de Géorgie, Parti communiste de Grèce, Parti ouvrier hongrois, Parti communiste d’Irlande, Parti des communistes italiens (PdCI), Parti communiste de Malte, Nouveau parti communiste des Pays-Bas, Parti communiste de Pologne, Parti communiste portugais, Parti communiste de la Fédération de Russie, Nouveau parti communiste de Yougoslavie, Parti des communistes de Serbie, Parti communiste d’Espagne, Parti communiste des peuples d’Espagne, Parti communiste de Suède, Parti suisse du travail, Parti communiste d’Ukraine. |