En 2015, il y a de l’argent allemand pour les nazis, pas pour les Grecs

2 500 anciens collaborateurs belges des nazis reçoivent encore une pension de guerre de l’Allemagne. C’est le résultat d’une enquête scientifique menée par un fils de résistant et qui sera bientôt publiée par le Centre de recherches et d’études « Guerres et sociétés contemporaines ».

C’est une information du quotidien flamand « De Morgen ». Il s’agit de 2.500 anciens collaborateurs ou leurs veuves, dont quelque 300 du côté francophone. La RFA, puis l’Allemagne réunifiée ont assumé les obligations légales et sociales du IIIème Reich, auxquelles elles ont succédé, dont les pensions. Et là, quoi qu’en dise la morale, tant pour les soldats allemands pour leurs « années » de guerre, les serviteurs zélés et collaborateurs même hors d’Allemagne que pour les victimes de guerre, déportés ou travailleurs obligatoires.

Cela représente 900 000 personnes au total après-guerre dans toute l’Europe, 100 000 de plus après la chute du Mur. Sauf qu’en 2010, le gouvernement allemand, à la recherche d’économies a décidé de taxer à 17 % toutes les pensions de guerre, avec effet rétroactif à 2005. Or, dans l’organisation institutionnelle allemande, c’est le Fédéral qui est chargé des pensions, les länder ou entités fédérées qui décident en matière d’impôts. Avec une loi sur la vie privée qui empêche un service d’avoir accès aux données d’un autre.

Le fisc allemand ne peut donc savoir s’il taxe un bourreau ou une victime. D’où les démarches entamées côté belge, par les ministres des Finances et des Affaires étrangères successifs ces derniers mois pour obtenir que les déportés, travailleurs forcés, leurs veuves, puissent bénéficier d’une exemption d’impôt, ce que l’Allemagne a fini par accepter. Voilà pour les victimes, 13 500 pensions versées chez nous aujourd’hui encore.

Mais l’Allemagne verse toujours aussi pension à 2.500 collaborateurs nazis belges, avec ce constat ahurissant : la pension se révèle plus généreuse pour les complices que pour les travailleurs forcés, de 425 à 1 275 euros par mois d’un côté, 50 euros pour les autres.

Fabien Van Eeckhaut, Agence Belga (agence de presse belge officielle) ; information relayée par la Radio-Télévision Belge d’expression française (RTBF)

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