Batailles du rail 1945-1995-2015. Services publics et lutte de classe

Bientôt, c'est maintenant.

Est-il nécessaire de disséquer le contenu des propositions attentatoires à l'idée de service public qui conduisent à l'assassinat de la nationalisation du Front Populaire qui marquera le pli d'une conception de l’intérêt général contre les intérêts particulier ?

Non ! De nombreux textes en circulation détaillent la mise à mort annoncée.

Mais par contre il va falloir mettre sous les feux des projecteurs la liste des serials killer du service public qui y ont travaillé.

Le gouvernement et la solférinocratie, tirant enseignement de la méthode britannique, a décidé de tatcheriser le rail français, c'est le rôle des Macron’s boys, chicago’s boys de Blummollet et Valls.

Dignes héritiers de Clémenceau ils ont mis en place une commission écran pour s'appuyer sur des arguties complices à leur projet de fond.

Les membres de cette commission dans laquelle se retrouve le Bussereau de l'attaque contre les cheminots de 1995 sont les suivants :

Annick Billon, Dominique Orliac, Dominique Bussereau, Jean-Jacques Filleul, et Jean-Vincent Placé; 2 élus régionaux : Claude Gewerc, Président du Conseil Régional de Picardie, et Luc Bourduge, Vice-Président Transports du Conseil Régional d’Auvergne; et de 4 personnalités qualifiées : Jean-Marie Bertrand, Président de chambre honoraire à la Cour des Comptes; Marc d’Aubreby, coordonnateur du collège « Transports Terrestres » du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable; Deniz Boy, chargé de mission au Commissariat Général à l’Egalité des Territoires ; Pierre Zembri, directeur du laboratoire Ville Mobilité Transport, à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées.

Comique de circonstance et d'opportunisme, Placé, le ver(t) traqueur de portefeuille ministériel qui est à l'écologie ce que Canaille le Rouge est à l'immaculée conception est du voyage. Casser le rail c'est son écologie à lui, son crédo ne réside que dans les cars de Macron.

Réglons d'abord une question qui n'est pas que de détail : la SNCF a-t-elle perdu de vue ses notions de service public comme le dit sur son blog un député du groupe communiste ou bien a-t-elle décidé de les abandonner de façon délibérée ?
La réponse est évidente et ceux qui glosent sur la question du coût du service public d'entrée s'inscrivent dans une logique si ce n'est d'accompagnement au moins dans celle de la facilité.

Le service public, c'est un tout : c'est la réponse économico-industrielle à des besoins sociaux dans une conception d'égalité de traitement en tout point du territoire.

La question des trains ex inter régionaux rebaptisés TET s'articule avec la proposition de Macron de livrer ces axes à la concurrence routière ou à de tiers opérateurs ferroviaires. Cela a un nom : un démembrement, la privatisation.

C'est l'œuvre engagée par la mafia de Solferino prenant le relais de la droite classique tenue en échec depuis 20 ans sur cette question. Place aux roses Ganelon expert en forfaitures et trahisons.

Qui acceptera encore de voter pour ces liquidateurs des acquis sociaux et sociétaux élus sur la promesse de leur défense ? Il faudra qu'ils le paient et le plus cher possible.

Jusqu’à ce jour, un seul membre de la commission, vice-président chargé des transports issu du PCF s'y est opposé officiellement, celui d'Auvergne. Voici son argumentation reprise sur son blog :

"Un transfert dans la précipitation.

Il est inconcevable d’envisager que des modifications de grandes ampleurs puissent voir le jour à l’occasion du service annuel 2016 (décembre 2015) !

La réservation des sillons pour 2016 ne peut qu’être modifiée à la marge. Ce qui signifierait que les services abandonnés » par l’Etat dès la nouvelle convention TET au 1erjanvier 2016 ne seront pas repris immédiatement par les Régions. Si on rajoute à cela les difficultés budgétaires de ces dernières, de là à imaginer qu’ils seraient définitivement supprimés, il n’y a qu’un pas… D’autant plus qu’il sera extrêmement compliqué de mettre autour d’une table plusieurs régions concernées par un transfert, alors qu’avec la réforme elles seront organisées sur un périmètre différent dans quelques mois ! Un débat parlementaire est nécessaire.

Face à un tel bouleversement proposé, il est indispensable que la représentation nationale soit saisie de ce dossier et puisse apporter son avis sur un enjeu aussi important pour l’aménagement du territoire."

Est-ce la précipitation, le transfert qui seraient condamnables ou la disparition de ce concept d'égalité de traitement en tout point du territoire bafoué par le résultat de leurs travaux ?

Est-ce une question de périmètre des régions ou celle de la continuité territoriale en tout point de l'espace de la République garantie par la Constitution qui comme pour le référendum de 2005 est une fois de plus foulée au pied ?

Il s'agit d'une lecture de gestionnaire de la crise qui ne met pas en difficulté les critères du capital défendus par les tenants de l'UE.

Il va falloir interpeller les exécutifs régionaux et les présidents de TOUS les groupes politiques, majorité et opposition, pour qu'ils se positionnent.

Si les cheminots une fois encore vont être en première ligne, ils ne peuvent recevoir mandat délégataire pour lutter à la place des usagers. D'autant que depuis 1991 et la directive "UE 91 440" que Gayssot en son temps a laissé infuser dans notre pays et qu'il a sanctuarisée avec la loi SRU et son volet transport, les cheminots souvent seuls mènent la lutte sous les critiques de ceux qui ensuite se plaignent de la baisse de qualité du service et en rendent responsables ceux qui se battent pour justement garder une qualité au niveau des besoins sociaux. C'est comme pour les retraites ou la sécu : ras le bol des passifs ou embusqués qui viennent ensuite gueuler après avoir plébiscité le PS et accepté les reniements de ses partenaires.

Le projet de casse de la SNCF a été voté par 355 voix pour et 168 contre

Le projet de casse de la SNCF a été voté à l'assemblée nationale par 355 voix pour. Il y a eu 168 contre, dont celles du Front de gauche. 

Une grande partie de la droite ne l'a pas voté parce que "pas assez libéral".

L'opposition était divisée sur le sujet : l'UDI (centriste) a voté pour et l'UMP contre, sauf 21 élus qui se sont abstenus et 24 qui ont voté pour. 

Au regard des votes, Thierry Mariani, Xavier Bertrand, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bernard Debré, Jacques Myard, Frédéric Lefebvre ou Henri Guaino peuvent solliciter leur entrée au Parti Socialiste.

Les 17 EELV ont voté pour. 

Courage et démocratie, le gouvernement ayant décidé d'utiliser la procédure dite « accélérée », qui réduit le nombre de navettes entre les deux assemblées, la réforme pourrait être adoptée définitivement avant les vacances parlementaires du mois d'août.

Le texte doit à présent être examiné par le Sénat, à partir du 9 juillet.

Canaille Lerouge

retour archives