Démanteler les hôpitaux publics nuit gravement à la santé !
Après le vote de la loi « Hôpital, Patients, Santé et territoires » (HSP) dite aussi « loi Bachelot », les nouvelles agences régionales de la Santé (ARS) ont reçu l’ordre d’organiser les fermetures progressives de services et au final de faire disparaître des hôpitaux entiers.
C’est exactement ce qui se passe en ce moment pour deux hôpitaux marseillais. L’objectif est clair et conforme au traité de Lisbonne pourtant rejeté par une majorité de français en 2005 : offrir en pâture le service public de santé français aux assurances cosmopolites et groupes privés internationaux qui sauront nous faire payer au prix fort leur exigence de profits.
Urgences hospitalières saturées, cliniques florissantes, franchises médicales …
Hier premier pays du monde en matière d’offre publique de santé, la France a rétrogradé au 9ème rang mondial et ce n’est pas tout. Le système de santé de notre pays n’est pas très efficace si l’on considère les 3 critères suivants : espérance de vie, coût par habitant et part du PIB. Selon ces critères la France est au 19ème rang mondial.
Car si le résultat de notre politique de santé est plutôt satisfaisant (l’espérance de vie française est la 10ème plus élevée au monde), son coût est particulièrement élevé pour la collectivité : les dépenses de santé représentent 12,5% du PIB, le quatrième rang mondial sur ce critère. Et ça pour la plus grande satisfaction de l’industrie pharmaceutique et des cliniques privées.
Il faut remarquer que le système américain que l’on ne cesse de nous vanter et vers lequel l’Union Européenne et le gouvernement français nous entraînent, avec ses assurances privées n’arrive qu’en 46ème position avec un coup de la santé de 8 608 dollars (7 745 €) par habitant et par an. Ça, c’est une réussite capitaliste qui n’intéresse que les actionnaires, ça c’est l’exemple type de la marchandisation de la santé que nous devons refuser.
Le secteur de la santé français attire des capitaux internationaux en attente d’une vague de privatisation.
Ainsi, à Marseille, non content d’appliquer les directives d’austérité gouvernementales de démantèlement des services publics, le comportement rapace de certains élus de notre ville n’est pas pour nous rassurer, puisqu’ils organisent des opérations immobilières sur les ruines des hôpitaux publics et des sièges de la Sécurité Sociale (exactement comme le souhaitait Nutrixo avec les grands moulins Maurel).
Seul l’argent les intéresse, ils n’ont que faire de la population. Les cliniques privées sont d’ailleurs dirigées par des financiers sans préoccupation de santé publique.
Le gouvernement socialiste, comme le gouvernement UMP avant lui, met en place une santé payante. La santé n’est plus un droit c’est une marchandise. De plus en plus de professionnels (dont beaucoup s’installent dans des zones franches) optent pour les dépassements d’honoraires (secteur2) avec la bénédiction du gouvernement. Le prix des consultations comme le nombre de médicaments dé-remboursés ne cessent d’augmenter.
Les franchises médicales alourdissent encore la facture, et le nombre de personnes qui renoncent aux soins médicaux augmente dramatiquement.
Ainsi dans la France de Hollande et de l’Union Européenne, mieux vaut être riche et en bonne santé. Mais la santé n’est ni un luxe pour les riches, ni une marchandise pour les profiteurs.
La santé c’est l’affaire de toutes et de tous. Défendons avec acharnement les hôpitaux du Sud et du Nord de Marseille en mettant constamment les élus de cette ville devant leurs responsabilités. Car une autre politique de santé est possible. La France est un pays riche qui peut et doit souverainement décider que la santé des citoyens passe avant les directives de Bruxelles.
Et n’oublions jamais que s’ils ont des milliards, nous sommes des millions !
La_peniche