PCF : l'orientation de Pierre Laurent est fortement contestée
Le texte présenté par la direction communiste en vue du 37e congrès était le seul à se prononcer pour une primaire avec le PS. Il n'obtient que 51,2 % dans un scrutin qui révèle une forte chute des effectifs (Politis).
Pour ajouter à la complexité je ne suis pas du tout sûr, bien au contraire, que ceux qui ont votés le texte du CN soient pour autant des adeptes des primaires. C'est très largement leur faire injure.
Si on prend en compte les blancs et nuls ce texte est en dessous des 50%, et si vous ajoutez les abstentionnistes bonjour les dégâts. Les communistes comme les électeurs votent eux aussi avec les pieds.
En fait personne ne peut être satisfait des résultats au vu du champ de ruines, notre survie en tant que parti est largement en question. La stratégie à l'italienne est à l'œuvre.
Pour ma part, et vous pouvez ne pas partager, je pense que les 2 textes de la direction (texte CN et texte 1) s'inscrivent dans une démarche d'effacement du PCF. Pour le texte du CN une trajectoire qui conduit à un congrès de Tours à l'envers. Pour le texte 1 une dissolution du PCF dans une structure type Syriza ou Podemos où celui-ci serait ramené à une simple différence de nature culturelle. Tout cela rappelle l'Arco Bello italien. Avec en bout de course la disparition de TOUTE la gauche du paysage italien.
La fracture qui nous traverse est aussi une fracture sociologique, voir les résultats du Nord (texte 3 premier avec 33%) et du Pas de Calais (texte 3 : 78,5%), entre des milieux populaires qui sont massivement pour la sortie de l'Euro et de l'UE et des couches moyennes ayant le faux sentiment d'en être les grandes gagnantes.
Par ailleurs il convient de signaler que cette consultation est un déni de démocratie.
La démocratie c'est du temps et ce temps est aux abonnés absents.
15 jours entre la réception des textes et le vote pour le choix du texte de base et encore moins de temps pour en débattre pour les conférences de section et de fédé.
Je ne perdrais pas mon temps à amender un texte qui passe de fait à côté des questions essentielles.
La démocratie est-elle possible sans la souveraineté ????
Cette UE faite par et pour le capital est-elle réformable ????
Les Grecs en grève générale ont répondu à leur manière.
L’Amérique latine nous donne quelques indications.
Ces rassemblements de type front portent en eux-mêmes leurs échecs pour cause d'irresponsabilité.
Au lendemain de la défaite aux législatives du PSUV Vénézuélien, Fidel Castro a déclaré qu'il n'y avait là que la conséquence d'une absence de volonté de s'attaquer à la domination du capital.
Cela a fourni l'aliment de la contre-offensive des droites et de l'impérialisme US en Argentine, au Brésil, au Venezuela, en Equateur, en Bolivie, etc…
Quand on dîne avec le diable une longue cuillère est indispensable faute de quoi il vous bouffe.
Chavez peu de temps avant sa mort en était conscient puisque devant le congrès du parti communiste vénézuélien il avait déclaré « ce qu'il nous manque, c'est un véritable parti révolutionnaire » à mettre en parallèle avec les propos de MGB venue sur le bassin d'Arcachon à l’occasion d’une législatives partielles et qui face à l'interpellation d'un camarade avait répondu « mais camarade le communisme c'est foutu » opinion respectable, mais qui dans ce cas doit conduire par honnêteté vers la sortie de la maison.
En fait n'avons-nous pas été gangrenés par cet électoralisme de bas étage par glissement successifs et insidieux ? Et à abandonner les exigences du combat de classes au profit des délices de la lutte des places, avec les marchandages peu ragoûtants que cela impose.
Ce qui nous a conduit de fait à abandonner les milieux populaires, à la prédation du FN et à l'abstentionnisme, faute de réponses à leurs attentes.
Ce n'est pas des questions du type défoncer les portes ouvertes qu'ils attendent, mais l'ouverture d'une véritable perspective. Cette absence de véritables perspectives étant un élément des freins aux développements des luttes.
Le texte du CN, et le texte 1 sont de fait dans une stratégie totalement social-démocrate intégrée au système et in fine de soumission au capital.
La société française a glissé à droite et nous avec. L'urgence au-delà des textes c'est de travailler et de reconstruire une organisation fortement délabrée.
Face à un capital hyper organisé il n'y a pas de salut hors de l'organisation d'un parti affichant sa volonté de sortir du capitalisme et ouvrant une perspective socialiste.
Tout le reste n'est qu'amateurisme ou dilettantisme.
Bernard Trannoy, 7 mai
37ème congrès : deux textes pour défaire le PCF, un seul pour le construire !
L’heure est à se rassembler pour déjouer le piège mortifère dans lequel certains cherchent à enfermer le PCF.
En imposant au forceps aux communistes une primaire dont ils ne veulent pas à juste titre, d’autant qu’elle a de fortes chances de déboucher sur le soutien à un candidat socialiste, Pierre Laurent a ouvert « la boite de Pandore ». Ceux qui rêvent depuis longtemps de dissoudre le PCF dans une nouvelle force politique se sont précipités et, s’appuyant sur le rejet de la primaire, tentent de remettre en selle leur projet de « métamorphose », dilution du PCF dans un Front de gauche transformé en nouveau parti qui nous absorberait. Et cette fois-ci, c’est la candidature de Jean-Luc Mélenchon qui nous serait imposé au forceps ; personne ne peut croire que c’est un hasard si celui-ci invite à une manifestation le 5 juin, dernier jour du congrès du PCF.
Trois remarques s’imposent :
- Le Conseil national n’a pas joué son rôle d’alerte et de prise en compte de la parole des communistes. En effet, le texte « Le temps du commun » a été adopté à une très large majorité et il est quand même étonnant de voir des camarades adopter un texte au Conseil National, pour aller ensuite signer une pétition ou un texte alternatif !
- Les initiateurs du texte « Ambition communiste » sont le plus souvent d’anciens ou de présents dirigeants nationaux dont nous avions combattu en 2007 et 2008 la volonté liquidatrice.
- La tactique électorale, qui remplace depuis un bon moment la construction théorique et stratégique, confisque complètement le débat du congrès justement sur la présidentielle, l’élection la plus perverse et la plus structurante de la 5ème république.
Nous voilà donc avec deux textes de la direction, deux textes qui s’opposent sur la tactique électorale, mais qui portent le même risque d’effacement du PCF car leurs auteurs ont depuis longtemps renoncé à cette idée essentielle : il ne peut pas y avoir de transformation sociale sans un PCF puissant, la gauche sans un PCF fort n’existe pas ! Ils ont renoncé à ce que le PCF joue un rôle central.
Et bien portons avec courage et détermination une troisième voie, celle de l’existence et de la reconquête de l’autonomie du PCF, celle de l’unité des communistes reconstruite dans les combats communs, relevons le défi de l’existence du PCF !
Marie-Christine Burricand, 1 avril