Étonnant, il fait froid en hiver !

Il fait froid. Et il fera encore plus froid ces prochains jours. On pense d’abord à tous ceux qui vivent dans la rue, à ceux qui limitent leurs dépenses de chauffage faute de moyens. Avant de s’interroger sur les questions d’énergie, c’est vers cette frange de la population que doit aller notre solidarité  en exigeant des mesures immédiates  avec notamment l’ouverture  de structures chauffées comme les gymnases et l’arrêt des coupures d’électricité. 

Le temps promettant d'être particulièrement vigoureux, le réseau électrique va être sollicité à un niveau exceptionnel. Et cela tombe au mauvais moment. Les capacités de production ne sont pas au top : cinq centrales nucléaires sont actuellement débranchées pour des opérations de maintenance. 

Cette situation n'a rien d'exceptionnel et elle se reproduira dans le futur, dans un contexte de dérèglement climatique, affirme la CGT qui ajoute: « Elle met en évidence la fragilisation du secteur énergétique. A l'instar du système hospitalier, nous ne pouvons avoir la certitude que le secteur énergétique saura encaisser des variations de température ou des aléas climatiques et fournir aux usagers, aux industriels un produit vital pour la nation qu'est l'énergie»

 Pourquoi de telles incertitudes?

Il y a la spéculation sur le marché européen de l'énergie qui met en danger notre capacité nationale à  assurer l’équilibre production/consommation à chaque instant. Il y a plus. « A force de ne raisonner que par le prisme du marché et pour les rentabilités financières amenées par ce grand Monopoly de l'énergie », indique la CGT, « nous sommes tous simplement en train de perdre la main sur ce secteur stratégique. » La centrale syndicale souligne « la fuite en avant » avec le paquet énergie climat européen, la fragilisation d'EDF, l’affaiblissement d'Areva…. 

Les problèmes d’alimentation électrique  sont  le fruit des politiques passées en matière d’énergie. La fermeture anticipée de moyens de production servant à passer les pointes, le recours massif à l’importation, l’abandon d’une logique de gestion des réseaux pour une gestion des risques, la perte de vue du service public pour un bien vital… nous amènent aujourd’hui là où nous en sommes ! D'ailleurs, et toujours selon la CGT,  un an après la COP21,  le recours à la production à base de charbon et fuel est revenue au niveau de 1994 !

Le débat sur les énergies frise souvent l’irrationnel. Il faudrait, selon certains, fermer les centrales nucléaires et le tour serait joué. La solution ne passe-t-elle pas d’abord par une sécurité renforcée des centrales pour ensuite assurer progressivement une transition énergétique vers le solaire, le vent, la mer en rejetant la privatisation des barrages hydrauliques ?

La CGT propose depuis longtemps la mise en place d'un pôle public de l'énergie.  Voilà un thème qui mériterait de figurer dans le débat en vue de l’élection présidentielle.

José Fort

 

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