Rappel des faits Un mois et demi après l’entrée à Kaboul des talibans, quelle est la situation pour le peuple ? Qu’en est-il des rapports aux autres pays de la région ? Et quelle solidarité ? La tribune d' Asadullah Keshtmand, exilé, dirigeant du Parti démocratique du peuple d’Afghanistan, répond à ces questions.
Avant de nous engager dans le vif du sujet de la défaite des États-Unis en Afghanistan, essayons de connaître les tenants et aboutissants de cette « défaite ». Est-ce que ce qui s’est passé en Afghanistan était une défaite dans le vrai sens du terme ? S’agit-il vraiment d’une défaite si les États-Unis n’ont pas réussi à nettoyer ce qu’ils appellent la « base du terrorisme » en Afghanistan ? Je crois que les États-Unis n’ont pas perdu en Afghanistan, mais ils ont complètement changé de politique. La politique des États-Unis n’est pas basée sur la guerre contre les talibans, ou comme ils le prétendent contre le terrorisme, mais elle poursuit des objectifs plus importants que la guerre avec des talibans sans discipline et sans programme.
Lorsqu’on évoque la défaite militaire des États-Unis, on imagine naturellement des scènes de combat. La vérité sur le terrain montre que, durant les vingt années de présence des militaires américains en Afghanistan, aucune bataille, aucun conflit véritable n’a été engagé contre les talibans, excepté la guerre éclair qui mit fin à leur pouvoir en octobre-novembre 2001. Ces deux puissances en fort déséquilibre étaient face à face.
D’un côté, l’armée d’une superpuissance, extrêmement opérationnelle et constamment prête à l’action militaire, dotée des armes les plus avancées et les plus sophistiquées ; de l’autre, des groupes dispersés sans aucune organisation militaire et politique moderne et sans soutien extérieur. Il était même inimaginable que ces deux armées puissent se confronter. Si on jette un regard furtif sur les circonstances qui ont mené à l’invasion de l’Afghanistan sous prétexte de lutte contre le terrorisme et de l’assassinat d’Oussama Ben Laden, nous pouvons en conclure que le but de l’occupation de l’Afghanistan était le contrôle de sa situation stratégique. Il n’y a aucune raison logique qui puisse expliquer l’invasion de l’Afghanistan pour la lutte contre le terrorisme. Le nid du terrorisme responsable des événements du 11 septembre 2001 était ailleurs et pas en Afghanistan.
Pour justifier leur présence militaire en Afghanistan après la chute des talibans en 2001, les États-Unis ont toléré les activités des groupes éparpillés de talibans et une guerre maîtrisée contre le gouvernement afghan aux ordres des Américains. En même temps, les États-Unis ont avancé silencieusement et tranquillement leurs plans pour étendre leur influence en Asie centrale, dans le cadre d’une politique complexe et ambiguë. Beaucoup d’observateurs pensent aujourd’hui que, après ces préliminaires essentiellement secrets, les États-Unis préparent la prochaine phase de ce plan. Cette nouvelle phase comprendrait l’introduction progressive et calculée de désordre et de chaos en Asie centrale et dans la province chinoise du Xinjiang en provoquant des troubles et des guerres aux frontières.
Tous les fondements de ce plan sont déjà prêts dans le nord et le nord-est de l’Afghanistan. Les guerriers violents, belliqueux et intégristes de Daech ont été transférés de Syrie et d’Irak vers l’Afghanistan. Les informations sur leur transfert en Afghanistan ont été dévoilées depuis plusieurs années et incessamment par les médias de la région et le représentant russe à l’ONU. Hamid Karzai a aussi dénoncé l’arrivée d’individus inconnus transportés par les hélicoptères américains dans le nord de l’Afghanistan, à proximité de l’Asie centrale. Ces combattants de Daech sont essentiellement des ressortissants tchétchènes, tadjiks, ouzbeks, kazakhs, girghiz, ouïghours et caucasiens, qui se préparent à une attaque de l’Asie centrale.
Le peuple d’Afghanistan est menacé par de très grands dangers, et il faut craindre que l’Afghanistan ne devienne le fer de lance de l’agression contre nos voisins en Asie centrale et la scène de guerres sanglantes. Tous les indicateurs montrent que les plans américains vont dans le sens de la création de troubles en Asie centrale. Les pays d’Asie centrale, la Chine et l’Iran, sont dans un état d’anxiété maximale et ont entrepris des actions préventives dans les champs diplomatiques et opérationnels.
Selon l’avis de la presque unanimité des observateurs politiques en Afghanistan, les événements des deux derniers mois révèlent que le plan à long terme des États-Unis a mis d’abord en scène les talibans comme une force politique, dans le cadre des négociations diplomatiques du Qatar, et a ensuite préparé le terrain pour la prise du pouvoir par ce groupe. Ce plan est justifié par l’importance stratégique de l’Afghanistan dans l’Asie du Sud-Ouest et dans le voisinage de l’Asie centrale.
Les États-Unis ont envahi facilement l’Afghanistan après la dislocation de l’Union soviétique et avant la renaissance et l’affirmation de la Russie sur la scène internationale, et ils ont disposé de temps et de moyens pour la mise au point de nouveaux plans inconcevables dans le passé. Le but principal de cette stratégie étant l’implantation en Asie centrale, l’Afghanistan devenait une pièce maîtresse de ce plan. Les autres volets de ce plan cherchent à impacter l’Iran et la Chine. Tous ces objectifs devenaient possibles avec l’occupation de l’Afghanistan. Vingt années ont suffi aux Américains pour préparer les groupes rebelles intégristes moyenâgeux des talibans et en faire un outil efficace pour la mise en place de leur plan dans la région.
Il ne faut pas oublier que, pour lutter contre la Russie, l’Iran chiite et la Chine, rivale économique et politique des États-Unis, aucune autre force ne serait plus efficace que l’islam salafiste et intégriste sunnite, proche de l’idéologie et la religion wahhabites. La fondation d’une base intégriste religieuse pendant ces vingt années est une grande victoire des stratèges américains pour influencer la politique de la région dans les prochaines années. En réalité, les États-Unis inscrivent l’avenir des peuples de la région dans le cadre d’un régime fondamentaliste religieux. Tous les signaux indiquent la probabilité de la fondation d’un îlot fondamentaliste en Afghanistan, sur le modèle de l’Arabie saoudite. L’Afghanistan deviendra le centre d’exportation du terrorisme religieux, et la doctrine chère à Brezinski visant à utiliser une forme spéciale d’islam politique se réalisera.
En considérant les éléments précurseurs de cette nouvelle situation, il est probable que ce plan ne puisse pas aboutir, et cela dépend fortement de la nature imprévisible de l’attitude des talibans. Les talibans sont un mouvement sans programme, ni organisation, et leurs partisans sont principalement analphabètes et illettrés, et sujets à l’attardement politique, social et culturel.
Les divergences internes des talibans et l’existence de divers groupes ayant des interprétations diverses de la charia islamique, et les transformations dans leur vision politique limitée rendent la réalisation de ce plan plus difficile. Si les premiers pas des talibans après la prise du pouvoir, téléguidés par leurs maîtres, étaient moins tendus qu’auparavant, ils ont très vite laissé place à la violence et à la brutalité.
La raison essentielle en est que les masses de talibans rentrent progressivement sur la scène et que leur vision arriérée se confronte de façon contradictoire à la population dans la société, l’administration et la vie courante. Le petit groupe des élites des talibans qui ont fait une mise en scène relativement réussie dans les premiers jours de leur prise du pouvoir sur l’acceptation de l’autre et la tolérance se trouve débordé par le torrent de talibans descendus des montagnes et des villages, qui n’ont connu que la misère, la guerre et la rancune. La population se trouve confrontée au comportement typique des talibans tel qu’elle le connaissait déjà et non plus à la démagogie des premiers jours de leur prise de pouvoir.
De ce point de vue, la remise au pouvoir des talibans est une grande défaite morale pour les États-Unis. À ce stade, on peut dire que les États-Unis ont perdu en Afghanistan. C’est la défaite la plus cinglante connue par une superpuissance omnipotente. Les peuples du monde sont témoins de cette vérité. Les États-Unis, qui ont envahi l’Afghanistan en promettant monts et merveilles et la construction d’un Afghanistan démocratique et évolué, ont abandonné le peuple afghan en le laissant dans le malheur et la misère.
En mettant les talibans au pouvoir, les Américains ont commis une injustice et une horreur historique vis-à-vis du peuple d’Afghanistan et de l’humanité moderne et civilisée. Les femmes de notre pays qui tentaient de s’émanciper progressivement se retrouvent à nouveau prises au piège du cercle diabolique de la persécution et de l’oppression atroce. Notre peuple se retrouve sous le joug de la dictature et de l’injustice politique, sociale et culturelle des talibans qui oppriment les religions, les pensées, les ethnies et les tribus autres que les leurs. Les Américains ont montré au monde entier que, pour eux, les principes moraux n’ont aucune valeur et que leurs intérêts féroces sont prioritaires à tous les niveaux.
Revenir sur le discours général et sur les images d’Epinal, pléthoriques dans la presse française — du Figaro Magazine au Nouvel Observateur —, permet de mesurer à quel point presque tout ce qui suscitait hier l’admiration quand il s’agissait de populariser le combat contre l’« empire du Mal » (l’Union soviétique selon Ronald Reagan) est devenu depuis source d’exécration et d’effroi. Entre 1980 et 1988, on applaudissait les exploits des « combattants de la foi » contre l’Armée rouge.
« Le monde est fantastique. Leur âme se lit sur leur visage », photoreportage de Julio Donoso, texte de Guy Sorman avec la collaboration de Pascal Bruckner, Le Figaro Magazine, 20 septembre 1986.
Le 3 février 1980, quelques semaines après l’intervention militaire de l’Union soviétique en Afghanistan M. Zbigniew Brzezinski, conseiller pour les affaires de sécurité du président américain James Carter, se rend au Pakistan. S’adressant aux moudjahidins réfugiés de l’autre côté de la frontière, il leur promet : « Cette terre, là-bas, est la vôtre. Vous y retournerez un jour parce que votre combat va triompher. Vous retrouverez alors vos maisons et vos mosquées. Votre cause est juste. Dieu est à vos côtés. »
Le discours médiatique français relatif à l’Afghanistan va alors favoriser l’objectif géopolitique américain.
Devoir d’ingérence
« Il faut penser, il faut accepter de penser que, comme tous les résistants du monde entier, les Afghans ne peuvent vaincre que s’ils ont des armes, ils ne pourront vaincre des chars qu’avec des fusils-mitrailleurs, ils ne pourront vaincre les hélicoptères qu’avec des Sam-7, ils ne pourront vaincre l’armée soviétique que s’ils ont d’autres armes (...) que celles qu’ils parviennent à ravir à l’Armée rouge, bref, si l’Occident, là encore, accepte de les aider. (...) Je vois que nous sommes aujourd’hui dans une situation qui n’est pas très différente de celle de l’époque de la guerre d’Espagne. (...) En Espagne, il y avait un devoir d’intervention, un devoir d’ingérence. (...) Je crois qu’aujourd’hui les Afghans n’ont de chances de triompher que si nous acceptons de nous ingérer dans les affaires intérieures afghanes. ». Bernard-Henri Lévy, journal télévisé de la nuit de TF1, 29 décembre 1981
Comme au temps de la Résistance en France
« Pour permettre aux Afghans de parler aux Afghans, comme, pendant l’occupation en France, les Français parlaient aux Français, le Comité droits de l’homme a décidé d’aider la résistance afghane à construire une radio sur son territoire : Radio-Kaboul libre. Il y a un an et demi, le 27 décembre 1979 (...). Les vieux fusils sortent des coffres, les pistolets de dessous les bottes de paille. Mal armée, la résistance se lève. » Marek Halter, Le Monde, 30 juin 1981
Le combat de toutes les victimes du totalitarisme
« Le combat des Afghans est celui de toutes les victimes des totalitarismes communistes et fascistes. » Jean Daniel, Le Nouvel Observateur,
Préserver une société d’hommes libres
« Un regard d’une fierté inouïe qu’on aurait du mal à rencontrer ailleurs dans le monde et qui donne une exacte mesure de la farouche volonté des Afghans de se débarrasser de l’occupant soviétique, même si leurs moyens peuvent paraître dérisoires. » Patrick Poivre d’Arvor, journal d’Antenne 2, 8 juillet 1980
« Ce qui meurt à Kaboul, sous la botte soviétique, c’est une société d’hommes nobles et libres. » Patrice de Plunkett, Le Figaro Magazine, 13 septembre 1980
Comme les Brigades internationales, les « Afghans » de l’Hexagone
« C’est cela, l’amitié franco-afghane : un ami qui aide son ami. (...) François a appris le persan, comme Isabelle. Cet été, la frontière franchie, il a marché à pied pendant six jours, de jour et de nuit, parfois dans la boue, à un rythme assez soutenu. »
Claude Corse consacre à son tour un reportage du Figaro Magazine, le 19 décembre 1987, aux médecins, agronomes et ingénieurs français qui aident les Afghans. Avec une référence à la Résistance française.
« Barbes, turbans et même l’œil farouche : ces Afghans typiques sont des Français. Parmi eux, un marin breton spécialiste des vents de Polynésie, qui s’est fait agronome montagnard par goût pour un peuple qui vit vent debout ! (...) Précieuse ressource vivrière, cet arbre de vie [un châtaigner] symbolise l’espérance d’un peuple d’irrédentistes uni contre l’envahisseur communiste, comme les bergers corses de la Castagniccia le furent jadis contre les armées d’occupation. »
Exotisme et jolis paysages
Vaincre le communisme soviétique ne constituait pas un objectif universellement populaire en France. Pour que la cause des Afghans, patriotique mais aussi traditionaliste, dispose d’appuis plus nombreux, les grands médias l’associent à un désir d’aventure, à un paradis perdu. C’est d’autant plus facile que le combat afghan se déroule dans un cadre géographique enchanteur, avec des lacs purs qui accrochent le regard. Le pittoresque des paysages (et des traditions) de l’Afghanistan renvoie toute une génération occidentale devenue adulte dans les années 1960 au pays dont ont rêvé les routards et qu’ils ont parfois traversé pour se rendre à Katmandou. Retour à la nature, aux vraies valeurs, aux « montagnes cruelles et belles ». L’Afghanistan comme antithèse de la civilisation moderne, matérialiste et marchande.
« Ici Radio- Kaboul libre… », par Bernard-Henri Lévy, Le Nouvel Observateur, 12 septembre 1981 : « On oublie que c’est la guerre tellement c’est beau »
« Cela commence comme une histoire d’amour. Ils sont presque tous allés en Afghanistan. Dès le premier voyage, c’est l’attirance définitive. Ils décrivent “l’endroit par excellence où l’on est loin : pas de chemin de fer, pas d’industrie”. L’espace et la liberté : “Un Afghan ne vous regarde pas, ne vous importune pas.” Danielle Tramard, Le Monde, 19 décembre 1984
« Leur barbe noire, leur nez busqué et leur regard
« Impressionnants avec leur barbe noire, avec leur nez busqué et leur regard aigu, ils font penser à des rapaces. Ce sont des guerriers-nés, indifférents à l’effort, au froid, à la fatigue. Ce sont des êtres à part, insensibles à la solitude, à la faim, à la mort. Armés de vieux fusils Enfield, modèle 1918, ils font mouche à 800 mètres. L’histoire a démontré qu’aucune armée venue d’ailleurs, ni même de l’intérieur, n’a pu les mater. (...) C’est cette accumulation de triomphes, c’est cette hécatombe des ennemis, c’est leur orgueil, c’est leur fierté qui, aujourd’hui, permettent encore à 17 millions d’Afghans de croire que, bientôt, tapis dans leurs repaires du Toit du monde, là où Kipling a fait vivre son Homme qui voulut être roi, leurs défenseurs seront encore triomphants. » Jérôme Marchand [avec Jean Noli], Le Point, 21 janvier 1980
« Qu’est devenu ce cavalier enturbanné cheminant dans la neige ? »
« Que sont devenus ces caravaniers pachtounes, sirotant leur thé vert dans une maison de thé, leur fusil près d’eux ; ce berger de l’Hindou Kouch près d’un point d’eau ; ce cavalier enturbanné cheminant dans la neige ? (...) Les dunes géantes que le vent sculpte en vagues, les rues de Herat où l’odeur des roses que respire un vieillard vous entête, où les portes cloutées, d’un bleu paradis, des maisons des riches vous intriguent, où vous surprend inopinément le mollet gainé de blanc d’une femme complètement cachée sous le tchador plissé et dont le regard filtre à travers le grillage d’une broderie... » Nicole Zand, Le Monde, 9 décembre 1980
Un islam sans « politisation extrême comme en Iran, ni surchauffe »
« Ne mélangeons pas les genres. A Téhéran, l’intégrisme correspond à une folle libération du petit peuple des villes après vingt années de mégalomanie, de gâchis et d’occidentalisation criarde. En Afghanistan, il ne s’agit que de tradition, et rien que de tradition. Pas de politisation extrême comme en Iran, ni de surchauffe. La ferveur est de toujours. (...) Les montagnards et maquisards de Dieu ont la foi. » Pierre Blanchet, Le Nouvel Observateur, 7 janvier 1980
« Je crois que la révolution islamique de Khomeiny rend un mauvais service à la cause afghane. Mais la résistance afghane n’a pas la radicalité des mouvements révolutionnaires iraniens, et les courants qui présentent un caractère sectaire y sont très minoritaires. » Jean-Christophe Victor, Les Nouvelles d’Afghanistan, décembre 1983
Indisciplinés, vaniteux, bavards, mais courageux. « Leur islam vaut bien le communisme à la soviétique »
« Il y a l’opposition, indirecte et perfide, de ceux qui se demandent si les résistants valent mieux que les occupants : si leur islam n’est pas “primitif et barbare” ; si, en définitive, il faut bien risquer de “mourir pour Kaboul”. C’est à cette démission qu’on nous convie de toute part tandis que les Afghans se font tuer et appellent à l’aide. Devant leur SOS, il faut alors proclamer bien haut que la résistance des Afghans contre les occupants soviétiques est juste comme toutes les guerres de libération. (...) Outre que leur islam vaut bien le communisme à la soviétique et que le premier est aussi “globalement positif” que le second, il est scandaleux de s’interroger sur leur civilisation au moment où ils la défendent avec le plus d’héroïsme. » Jean Daniel, Le Nouvel Observateur, 16 juin 1980
Un journaliste du « Figaro Magazine » embrasse « de bon cœur » le Coran
« Avant toute attaque, la prière : une prière rapide par laquelle chacun recommande son âme à Allah. Les résistants passent ensuite sous un drapeau tendu dans lequel est déposé un petit Coran. Certains l’embrassent, d’autres s’inclinent en signe de ferveur. Anayatollah a insisté pour que j’accomplisse moi aussi le rituel. Je l’ai fait de bon cœur. C’est effectivement dans l’islam que ce peuple afghan maintient sa cohésion et puise la force morale qui lui permet de résister. Le djihad (guerre sainte) et le caractère islamique de cette résistance peuvent effrayer mais, à de rares exceptions près, on ne leur connaît pas de forme fanatique. » Stan Boiffin-Vivier, Le Figaro Magazine, 5 décembre 1987