Vote des adhérents du PCF sur la présidentielle 2022

Résultats :

43.473 inscrits à jour de leur cotisation

30.179 votants exprimés 69,42%

571 blancs et nuls

29.608 exprimés

1074 abstentions

Option 1 : 21.333 voix - 72,42%

Option 2 : 6813 voix 23,13 %

Vote pour le candidat:

Fabien Roussel : 23.219 voix - 82,36%

Emmanuel Dan Trang : 512 voix 1,82%

Grégoire Munck : 46 voix 0,16 %

 

Bonne nouvelle : le PCF a fait un choix clair, qui ne laisse aucune place à l’interprétation synonyme de crise interne. Donc nous nous sommes donnés une feuille de route.

Maintenant le plus dur reste à faire :

Etablir un programme qui réponde aux enjeux du moment, essentiellement les enjeux économiques et sociaux, sans tomber dans le piège du politiquement correct, avec originalité, et surtout en ayant à cœur de remettre les travailleurs, leurs revendications, leurs luttes au cœur du pouvoir politique. Il nous faut quelques propositions détonantes, qui nous permettent d’aller à la bataille des idées. La pression va être intense pour nous obliger à être de « bons communistes » c’est à dire des communistes désarmés qui n’osent pas dire qu’ils veulent socialiser les moyens de production et transformer complètement le système. La pression électorale aussi, car au final nous avons besoin d’un groupe beaucoup plus important, notamment pour ne plus être prisonniers des quelques élus qui jouent systématiquement perso, il faudra donc trouver des alliances cohérentes et honnêtes. Mais plutôt que d’être spectateurs, cette fois nous allons jouer la partie, donner tout ce que nous avons pour faire les meilleurs matchs possibles et en être fiers.

Mener une campagne sans invective, en travaillant l’argumentation, la pédagogie et surtout la reconstruction d’une organisation structurée. Ce n’est pas tout à fait gagné non plus car même une consigne simple de ne pas publier de résultat de section avant le résultat national n’a pas été totalement respecté. Or si nous voulons être efficaces, redonner du pouvoir d’agir aux citoyens, il faut de la rigueur dans l’organisation. On dit ce qu’on a à dire au moment où il faut le dire, on surveille et on défend les processus démocratiques pour que le résultat ne souffre aucune contestation, mais ensuite on applique sans réserve la décision collective, on la met en œuvre sans rechercher à la tordre ou à la contourner. Le PCF a eu pendant longtemps la « science de l’organisation ». Retrouvons-la, c’est notre force.

Au final, il n’est pas exclu que la gauche dans son ensemble sorte renforcée de cette campagne parce que les idées révolutionnaires auront repris un peu de terrain. Ne jouons pas la terre brûlée : ne dénigrons pas les autres, montrons seulement les différences et en quoi le pays a besoin d’un Parti communiste fort dans les urnes comme dans les luttes.

Laurent Brun

 

La conférence nationale du PCF : un espoir dont il faut se saisir

D’abord des faits, des chiffres

Un candidat communiste pour les élections présidentielles de 2022.
En faveur (option 1) : 609 (66,41%)
En défaveur (option 2) : 270 (29,44%)
abstention : 38 (4,14%)

Le mandat politique portant sur la stratégie de 2022 a été adopté par 78,63% des délégué.e.s de la Conférence nationale du PCF.
2 amendements ont été rejetés largement (59,18% et 65,68%).
Les communistes voteront définitivement la stratégie de 2022 le mois prochain.

Le Manifeste seul texte au 38éme congrès qui proposait d’en finir avec l’effacement du PCF et d’avoir à l’élection présidentielle UNE CANDIDATURE COMMUNISTE –Recueillait 42,15% des voix.

Aujourd’hui la conférence nationale s’est prononcée pour une candidature communiste aux présidentielles de 2022 adossée à une orientation politique claire de rupture avec le capital à 66,50 %

Il est une joie de voir que les communistes ont choisi calmement et dans le respect les uns des autres de redonner son identité à leur parti. Il faut les féliciter tous et d’abord Fabien Roussel qui a su payer de sa personne sans jamais tenter d’isoler ou de marquer les camps. Ce qui aurait été mon choix, je crois qu’il a eu raison. Il a eu autour de lui une équipe diverse mais unie et les communistes s’y sont reconnu et ont agi de la même manière. Nous savons tous à quel point ces années ont été terribles et combien ce parti ne ressemble plus à celui que nous avons connu mais il y a toute une jeunesse qui, dieu sait comment, dans la totale confusion qui a été créée, a agi pour qu’il en soit ainsi. Simplement parce que le sort que le capital réserve à ces jeunes est abominable et qu’ils en ont conscience.

Les communistes sont ainsi faits que face à l’injustice ils ont besoin d’agir et à partir de là de comprendre, d’approfondir et leur appétit intellectuel, culturel ne cesse de grandir. C’est un processus de maturation qui peut prendre plus ou moins de temps. C’est pourquoi le danger serait d’agir avec ceux qui sont en désaccord comme ceux qui ont frappé le parti d’inertie l’ont fait avec nous. Peut-être que l’on élimine quelques coquins mais on risque aussi de perdre de la substance de ceux qui ont beaucoup à apporter.

Le tri se fera de lui-même entre ceux qui s’inquiètent devant un combat électoral pour lequel ils craignent de manquer de forces et ceux qui n’ont cessé de vider ce parti de sa substance. Le pire serait d’entretenir des querelles qui n’ont pas lieu d’être. Les réseaux sociaux, le pouvoir ne cessent de susciter ces occasions de division entre ceux qui devraient s’unir, des faux problèmes et face à cela il faut sans cesse recentrer sur la dimension de classe qui unit. C’est ce qu’a fait cette conférence mais on ne sort pas d’une dérive de plusieurs décennies indemnes et les efforts à faire sont devant nous, ce qui fera la différence sera là et pas dans des procès d’intention sur des problèmes secondaires montés en épingle.

Ce qui me parait aujourd’hui distinguer les communistes entre eux c’est une analyse de la situation, de ses urgences. Tous ou l’immense majorité a conscience de la manière dont les capitalistes sont prêts à aller très loin y compris jusqu’au fascisme mais la différence porte sur la nature de la résistance et les priorités. Pour les 66,50 % qui ont choisi une candidature communiste l’essentiel est de reconstruire un parti communiste sans laquelle la gauche, les progressistes perdent toute capacité de lutte en ne prenant plus pied chez les travailleurs, dans les couches populaires, en ne donnant pas à toutes leurs luttes cette dimension de classe, cette patience, cette force nationale et internationaliste qui est celle des communistes. Ils voient au-delà de l’élection sans la négliger et refusent de continuer sur la voie qui nous a menée là où nous en sommes.

la manière dont Fabien Roussel pose sur BMTV la question de la candidature communiste est de bon aloi, le refus du politicien et ce qui distingue les communistes à savoir d’abord un emploi, une vie digne, des salaires décents et pas la cuisine électorale et un candidat qui désigne comme ennemi la finance et la met au pouvoir. Le parti est la garantie de cette politique utile à ceux qui n’en peuvent plus et que les reniements de la gauche ont voué à l’abstention.

La question qui se pose alors à tous est celle de notre utilité dans ce choix de classe.

Je crois qu’il faut que chacun mesure là où il est le plus utile et pour beaucoup ce sera en retournant au parti, en menant ensemble la bataille des présidentielles. Encartés ou non beaucoup prendront leur place dans ce combat et pour le mener il est tout de même plus pratique d’être organisés. Personnellement, je ne reviendrai plus au parti, je demeurerai une excellente sympathisante, parce que j’ai justement perdu ce dont on a le plus besoin dans un collectif, cette confiance les uns dans les autres et cette patience, j’ai trop d’amertume, mais en revanche je continuerai avec ce blog à contribuer à la formation et à la connaissance dont les communistes ont besoin et nous mènerons campagne pour la candidature communiste .

Je voudrais dire aux camarades qui, aussi blessés que moi ont quitté le parti, qu’ils prennent conscience des possibles qui s’ouvrent et qu’ils ne laissent pas passer cette chance parce qu’elle ne se renouvellera pas. Vous avez été injustement méprisés, humiliés par des gens qui consciemment ou inconsciemment détruisaient ce parti qui était l’essentiel de votre vie, vous n’avez pas renoncé à être communistes, il faut réfléchir à tout ça. Il faut que vous mesuriez que si ce parti disparait aucun des satellites groupusculaires ne tiendra. Ce travail de maturation dont les communistes encartés ont été capables il faut que vous le fassiez aussi. Souvenez-vous “la nuit finit à Tours”: l’abandon des principes socialistes, l’opportunisme, la politique de collaboration de classes et de ralliement au nationalisme bourgeois livrent, par l’entremise des chefs socialistes de droite, la classe ouvrière à ses ennemis Aucun de nous n’a été épargné y compris dans nos résistances.

Avec ce vote, il y a le résultat d’un travail qui doit se poursuivre avec l’aide de tous. Je crois que la période a un acquis on ne nous demandera pas de renoncer à nos convictions simplement de les confronter au collectif et aux pratiques collectives, mais la manière dont a eu lieu cette conférence nationale, cet exploit technique qui a montré la capacité des communistes partout dans tous le recoins de France de discuter ensemble sur le fond, pas d’une manière politicienne, mais de leur propre utilité face aux assauts du capital et de ses pseudos “élites”, il n’existe pas beaucoup d’exemples d’un tel niveau politique et c’est une chance pour notre malheureux pays, pour sa classe ouvrière, ses travailleurs et tous ceux qui souffrent de stigmatisation, tous ceux dont l’exploitation est encore aggravée parce qu’ils subissent la haine de la réaction et des forces conservatrices. Il faut la saisir, l’amplifier.

Danielle Bleitrach

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