Depuis plus d’un an, le monde entier est bouleversé par la pandémie de Covid19. Cette crise est multiple et a de nombreuses conséquences dans le domaine de la santé en premier lieu mais, aussi, sur les questions économiques et sociales ainsi que sur le plan de la démocratie.
Elle a mis en avant les limites et les conséquences désastreuses de décennies de politiques libérales menées pour le seul profit des intérêts capitalistes. Une nouvelle fois, nous mesurons l’acharnement mis en œuvre pour inventer de nouvelles contraintes et de nouvelles diversions afin de masquer les échecs successifs face à la gestion de la pandémie. Dernière en date : l’extension du Pass sanitaire et l’obligation de vaccination. Alors que la ministre du Travail affirmait, en novembre dernier, que les mesures barrières étaient suffisantes pour protéger les salariés, elle leur impose aujourd’hui un pass sous menace de sanctions.
Le variant Delta fait craindre une nouvelle vague épidémique en France et dans d’autres pays du monde, il ne faut pas la minimiser : les chiffres des nouveaux cas quotidiens sont là.
Nous réaffirmons la position de la CGT sur la vaccination, progrès sanitaire et social partout dans le monde. Le vaccin doit être gratuit pour toutes et tous. Cependant, la vaccination ne peut se faire dans n’importe quelles conditions et à n’importe quel prix. Nous avons bien conscience que des doutes existent sur les vaccins. C’est par l’information, la pédagogie, le débat qu’ils peuvent être levés. Certainement pas par la menace et la contrainte.
Une maladie mondiale nécessite une réponse et une coordination mondiale. Nous en sommes pourtant bien loin : seulement 1% des doses ont été administrés dans les pays pauvres. Des pays en capacité de produire des vaccins ne peuvent le faire car ils ne disposent pas des brevets… Nous réaffirmons la nécessité de la levée de la propriété privée sur les brevets qui empêche la diffusion des vaccins dans le monde, tout en étant source de profits inadmissibles.
Nous rappelons les incidences de classe de cette épidémie : Les personnes les plus susceptibles de développer une forme grave du virus se trouvent parmi les classes défavorisées. Viennent ensuite celles qui vivent dans des conditions d'habitation défavorables – avec une surface de moins de 18 m² par personne, les risques de Covid grave sont multipliés par deux –, puis les personnes exposées à une pollution environnementale significative (urbaine ou industrielle). Ce sont les territoires où vivent les populations les plus aisées qui ont les plus hauts taux de vaccination.
Tout en réaffirmant avec force notre position sur la nécessité de la vaccination, nous nous opposons à toute obligation ainsi qu’à toutes mesures antisociales. Face au débat actuel, soyons pour la pédagogie et le bon sens. Nous ne devons pas tomber dans le piège qui nous est tendu de la division entre les travailleur.euse.s car les autres enjeux de la période sont les annonces suivantes du président de la République : la réforme de l’assurance chômage, suspendue par le Conseil d’État il y a un mois, qui pourrait bien être remise sur la table dès la rentrée et la réforme des retraites qui serait engagée « dès que les conditions sanitaires seront réunies. » C’est-à-dire certainement après les élections présidentielles. C’est exactement ce que préconisait le président du MEDEF, Geoffroy Roux De Bézieux, qui affirmait récemment qu'il fallait passer l'âge de départ en retraite à 64 ans, contre 62 actuellement, mais que la réforme devait être effectuée après l'élection présidentielle. Pour lui, la réforme de l'assurance chômage est plus urgente que celle des retraites.
Il est inadmissible que cette crise sanitaire serve de prétexte à une nouvelle casse sociale et démocratique. Il est inadmissible que les employeurs puissent contrôler l’état de santé des salariés et suspendre unilatéralement leur contrat de travail à la seule présomption de maladie, sans avis du médecin du travail. Il est inadmissible qu’ils puissent interrompre avant leur terme les contrats de travail à durée déterminée et les contrats de travail temporaire. Au final, la loi fragilise encore davantage le contrat de travail et aggrave le rapport de subordination en renforçant le pouvoir des employeurs vis-à-vis des salariés.
Alors que ces enjeux relèvent des politiques de prévention et de santé publique, le gouvernement persiste à renvoyer aux seuls individus l’endiguement de la pandémie.
Finissons-en avec ce virus qui a fait trop de victimes. Continuons à nous mobiliser pleinement pour la défense et le renforcement des services publics, pour la création d’emplois dans les hôpitaux publics, la relocalisation des productions médicales stratégiques, gagner les 32h, le SMIC à 2000 euros, la retraite à 60 ans, l’égalité salariale femmes-hommes, l’augmentation des salaires… et que l’on ne nous dise plus que c’est impossible ; les 500 plus grosses fortunes de France explosent une fois de plus leur record : elles détiennent désormais un patrimoine total de 1000 milliards d'euros et ont profité de la pandémie, voyant ainsi leur fortune augmenter de 30% par rapport à l’année dernière !
Après 18 mois de crise sanitaire, la sortie de crise s’éloigne : nous sommes désormais dans une 4ème vague. Le gouvernement, qui a souvent pris des décisions sans tenir compte des avis des médecins et des scientifiques, porte une lourde responsabilité dans l’aggravation de la situation.
La vaccination est
nécessaire pour combattre
l’épidémie. C’est le cas à l’échelle
mondiale, raison pour laquelle la
FSU
s’implique dans la campagne pour la
levée des brevets pour permettre
l’accès à la vaccination le plus
rapidement possible pour l’ensemble
de l’humanité. Or, le Président de
la République continue à s’y
opposer.
En France, un passe sanitaire est
obligatoire à l’entrée de certains
lieux. La date du 15 septembre est
donnée comme date butoir
d’obligation vaccinale pour
certaines professions. Les délais
sont scandaleusement courts quand on
sait qu’il faut plusieurs semaines
entre les deux injections, que les
rendez-vous ont été pendant
longtemps et sont de nouveau
aujourd’hui saturés, faute de stocks
suffisants, et que l’accès à la
vaccination n’est pas une évidence
pour un certain nombre de
populations en particulier les plus
fragiles (difficultés à prendre un
rendez-vous sur internet, etc.).
La FSU n’a cessé de réclamer une priorité de vaccination pour les personnels qui le souhaitaient, d’autant que les professions des services publics sont souvent fortement exposées au virus. Or, les pseudo priorités comme celles prétendument données aux enseignant.es pour se faire vacciner, n’ont jamais eu lieu.
User de la coercition et de la pression sans développer tous les outils d’une politique de prévention et de protection est inefficace. Il faut aussi convaincre, étendre la politique vaccinale, informer : aucune campagne d’information simple et accessible n’a été faite sur la vaccination et ses enjeux. Cette carence se paye très cher aujourd’hui et renforce la défiance et les tensions. La FSU dénonce fermement les propos et les actes antisémites et racistes des manifestations du week-end dernier.
Il faut aujourd’hui à la fois accélérer l’élargissement de la couverture vaccinale et améliorer les conditions de protection des agent.es et des usager.es dans les services publics. Des mesures comme la levée du jour de carence en cas d’effets secondaires du vaccin, sa suppression à minima en temps d’épidémie, ou encore le fait de faciliter la vaccination sur le temps de travail pourraient participer de cet effort et in fine emporter la conviction. Les ministères concernés doivent aussi apporter des plans de protection des agent.es et des usager.es : aération, moyens supplémentaires, organisation des services, etc. Encore une fois, rien n’est prêt si ce n’est les mesures disciplinaires pour les personnels, ce qui ne correspond pas à la situation sanitaire qui demanderait l’adhésion des agent.es : les mesures coercitives risquent d’engendrer, à l’inverse de l’objectif recherché, incompréhension et mécontentement. Le gouvernement répète les mêmes erreurs, sans écouter les représentant.es des personnels.
Enfin, la FSU dénonce la manière dont le président de la République a remis sur la table, en même temps que les annonces sanitaires, la réforme de l’assurance chômage ou encore celle des retraites. Profiter de la situation pour mener à bien des réformes régressives, anti sociales et faire payer la crise aux travailleurs n’est pas acceptable. La crise a au contraire montré le besoin de protections collectives et le manque d’investissements dans les services publics, à commencer par l’hôpital et le système de santé. C’est à cela qu’il faut travailler pour sortir enfin de cette crise. La FSU appellera à se mobiliser pour une rentrée sociale, pour défendre les droits sociaux et les libertés.
Les appréhensions que le vaccin AstraZeneca / Oxford ont suscitées dans certains pays, la sale campagne des États-Unis contre le vaccin russe Spoutnik V et le refus notifié des nations les plus puissantes de permettre à leurs sociétés pharmaceutiques de libérer temporairement les brevets de leurs antidotes contre la COVID-19, ont encore mis à rude épreuve la disponibilité des vaccins et ont approfondi les profondes différences dans le droit à la vie entre les puissants et les pauvres dans ce monde.
Jamais auparavant une urgence sanitaire n’avait tant frappé dans autant d’endroits et en si peu de temps. La COVID-19 a déjà affecté plus de 120 millions de personnes dans le monde et a causé la mort de plus de 2,6 millions d’êtres humains.
Un tel défi universel méritait une réponse globale et coordonnée. Mais une fois encore, passant outre les exigences de l’ONU et de l’Organisation mondiale de la santé, ce sont les nationalismes, les mesquineries, le pouvoir écrasant des sociétés transnationales, « le sauve qui peut », qui ont prévalu.
Les vaccins semblent être les seuls obstacles efficaces à la pandémie. Seule une vaccination majoritaire de la population mondiale pourrait arrêter la transmission croissante du virus SRAS-CoV-2. Mais ni les transnationales pharmaceutiques ni les gouvernements des pays riches n’ont cette vocation de réponse collective et de solidarité mondiale….
Les grandes entreprises des pays développés et des économies émergentes monopolisent la recherche, la production et la distribution de médicaments. Neuf d’entre elles font partie des 100 entreprises qui génèrent le plus de revenus au monde.
Selon Euromonitor Global, l’industrie pharmaceutique est responsable de près de 4% de l’activité de production mondiale. Si c’était un pays, il serait parmi les 15 économies les plus riches de la planète. Près de la moitié des ventes totales du secteur proviennent de la Chine et des États-Unis, suivis de la Suisse, du Japon, de l’Allemagne et de la France….
Depuis que l’OMS a déclaré le COVID-19 comme pandémie le 11 mars 2020, elle a appelé à une solution concertée et conjointe face à la menace. Mais la logique furieuse du marché dicte les orientations dans notre monde et ce qui s’est passé depuis lors est une course effrénée pour se faire une cible (immunitaire et financière) dans laquelle les crocs en jambe, les pressions et même les chantages n’ont pas manqué…..
Les États-Unis, l’UE et le Royaume-Uni ont investi des milliards dans le vaccin AstraZeneca, développé par l’Université d’Oxford. L’Allemagne a investi 445 millions de dollars dans le vaccin développé par Pfizer et son partenaire allemand, BioNTech. Le vaccin de Moderna a été entièrement financé et coproduit par le gouvernement des États-Unis…
Réaliser le vaccin contre le COVID est devenu, au-delà de l’intérêt sanitaire, un objectif géopolitique. Quiconque parviendra à se procurer le vaccin capitalisera sur sa commercialisation et quiconque disposera de plus de ressources financières pourra accaparer davantage de vaccins.
Scandaleuse fut la manœuvre de l’administration Trump, dès mars 2020, pour que la société allemande CureVac (qui avait commencé à faire des recherches sur un éventuel vaccin) quitte son siège dans le pays européen et qu’elle s’installe aux États-Unis en échange « de grosses sommes d’argent ». Tout comme il stockait des tests PCR, des ventilateurs pulmonaires, des masques et des accessoires de biosécurité, Washington a, dès le début, entrepris de s’accaparer de plus la production et la distribution de vaccins.
A tout cela se sont ajoutées des campagnes de discrédit, parfois subtiles et parfois manifestes, contre les candidats vaccins de Russie et de Chine, dans une tentative concertée de bloquer leur chemin vers d’autres marchés….
Après que le principal vaccin russe a été certifié par ses autorités et a suscité l’intérêt de plusieurs pays, les États-Unis et l’Union européenne lui ont fait des crocs en jambe partout….
L’Union européenne, pour sa part, n’a pas encore donné le feu vert au vaccin russe pour être appliqué dans ses pays membres, bien que cette région soit à la traîne dans la disponibilité des vaccins ; ceci concerne aussi les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et Israël, et bien que la prestigieuse revue de santé The Lancet ait reconnu dans une publication la grande efficacité de Sputnik V.
Au-delà de ces barrières, les vaccins russes et chinois ont fait leur chemin dans différentes régions, en raison de l’efficacité démontrée et de la pénurie mondiale de vaccins.
La Slovaquie a même quitté le giron de l’Union européenne pour acquérir 2 millions de doses de Spoutnik V et la Hongrie, qui a également approuvé l’utilisation du vaccin russe et a acquis des doses du Sinopharm chinois, qui n’a pas non plus reçu le feu vert de l’Agence européenne des médicaments.
Les États ont réalisé le plus gros investissement, mais BigPharma a fixé les conditions et conservé les revenus. Le monopole de quelques multinationales dans l’achat et la production de vaccins anti COVID-19 donne à ces entreprises un pouvoir écrasant.
Des rapports récents montrent comment le géant pharmaceutique Pfizer a tenté d’imposer des conditions onéreuses aux nations d’Amérique latine pour leur fournir certaines quantités de son vaccin….
De nombreuses voix s’élèvent pour mettre en garde contre le fait que l’urgence de disposer de vaccins pour une maladie qui a fait tant de morts dans le monde pourrait avoir conduit certains gouvernements à accepter des limitations significatives de responsabilités et pour exiger la transparence sur les accords avec les entreprises pharmaceutiques….
Même la puissante Europe semble avoir ressenti la pression. Bien que les accords de l’UE avec les fabricants de vaccins avec leurs principales clauses soient gardés secrets, la stratégie d’achat de vaccins rendue publique par la Commission européenne stipule que la « responsabilité du développement et de l’utilisation du vaccin, y compris toute compensation spécifique requise, sera supportée par les États membres qui achètent le vaccin ».
Les capacités de production de vaccins dans le monde sont insuffisantes pour disposer des doses nécessaires à la vaccination de la population mondiale cette année.
Selon la Fédération internationale de
l’industrie du médicament (FIIM), la demande mondiale de vaccins est
estimée entre 10 et 14 milliards de doses en 2021.
Selon les statistiques citées par la société de données Statista, les
États-Unis peuvent produire près de 4,7 milliards de doses de vaccin
COVID-19 et l’Inde plus de 3 milliards de doses potentielles. La Chine,
qui n’était pas auparavant un acteur majeur sur le marché des
exportations de vaccins, s’est engagée à produire plus d’un milliard de
doses.
La Grande-Bretagne, la Russie, l’Allemagne et la Corée du Sud font également partie des centres de fabrication établis, mais avec une capacité de production moindre.
Face à cette réalité, l’iniquité et
l’injustice du monde actuel sont une fois de plus évidentes : les pays
les plus riches ont acheté la plupart des vaccins qui seront produits en
2021 (même pour les stocks), tandis que les nations pauvres n’auront pas
de doses à administrer, même aux fractions les plus vulnérables de leur
population. Plus de 100 nations attendent l’arrivée de la première
ampoule.
On estime que 90% des habitants de près de 70 pays à faible revenu
n’auront pas la possibilité d’être vaccinés contre le COVID-19 cette
année.
Les nations les plus puissantes ont profité de leur pouvoir d’achat et de leurs investissements dans la mise au point de vaccins pour se procurer l’antidote tant convoité.
Jusqu’à présent, environ 12,7 milliards de doses de divers vaccins contre le coronavirus ont été achetées à l’avance, ce qui est suffisant pour vacciner environ 6,6 milliards de personnes
Plus de la moitié de ces doses, 4,2 milliards assurés, avec la possibilité d’acheter 2,5 milliards supplémentaires, ont été achetées par des pays riches qui ne représentent que 1,2 milliard de personnes….
Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador et son ministre des Affaires étrangères Marcelo Ebrard ont demandé aux autorités américaines de les autoriser à acheter une partie des dizaines de millions de vaccins AstraZeneca produits aux États-Unis, que Washington a stockés sans avoir approuvé leur utilisation. D’autres pays qui ont déjà approuvé le vaccin le réclament.
Selon les données recueillies par Bloomberg, à la date du jeudi 18 mars, plus de 410 millions de doses ont été administrées dans le monde, dans quelque 132 pays, ce qui représente seulement 2,7% de la population mondiale.
Les scientifiques et les militants nous mettent en garde contre un "apartheid vaccinal", dans lequel les populations du Sud seront vaccinées des années après celles de l’Occident.
Non seulement les pays les plus pauvres seront obligés d’attendre, mais beaucoup d’entre eux doivent déjà payer un prix beaucoup plus élevé par dose….
La difficulté à assurer l’approvisionnement en vaccins rendra de nombreux pays pauvres dépendants de Covax, une organisation créée en avril 2020, coordonnée par l’OMS, la Coalition pour les innovations dans la préparation aux épidémies et GAVI, l’alliance internationale pour les vaccins….
Les entreprises pharmaceutiques n’ont pas tenu leurs promesses de livraison à COVAX et AstraZeneca, qui était le principal fournisseur, est également confronté à sa propre situation particulière avec des millions de doses retenues aux États-Unis et en Europe.
L’Allemagne a suspendu à partir du lundi 15 mars la vaccination avec AstraZeneca le seul vaccin européen existant à ce jour ; le vaccin AstraZeneca/Oxford, est en proie à de graves difficultés après que l’on ait signalé une trentaine de cas de problèmes de coagulation chez des personnes vaccinées avec ce vaccin.
Treize pays de l’UE ont déjà suspendu la vaccination avec AstaZeneca, bien que l’OMS et l’agence européenne de régulation défendent son utilisation comme ayant plus d’avantages que d’effets néfastes.
Pour aggraver les choses, en pleine résurgence de la pandémie dans la région, AstraZeneca n’avait livré que 25 % des doses convenues à l’UE pour le premier trimestre et Pfizer était également en retard dans ses livraisons.
Début 2021, l’Italie a menacé de poursuivre Pfizer pour avoir réduit de 29% la distribution de doses dans ce pays. La Commission européenne annonce maintenant qu’elle a conclu un accord avec Pfizer/BioNTech pour avancer 10 millions de doses pour le deuxième trimestre de l’année.
Bien que BioNtech et CureVac soient
allemands, le pays européen a rencontré des problèmes avec la
vaccination. Le quotidien Der Spiegel soulignait il y a quelques
semaines que « l’Union européenne et l’Allemagne pourraient manquer de
vaccins ».
Le retard dans la signature des contrats avec les entreprises
pharmaceutiques pourrait signifier que les vaccins arrivent en retard,
en plus de ne pas être assez nombreux".
L’UE a jusqu’à présent administré 11 doses pour 100 personnes, contre 33 doses aux États-Unis et 39 doses au Royaume-Uni, selon l’indice Bloomberg Vaccine Tracker.
Le 4 mars déjà, l’Italie - l’un des pays les plus durement touchés par la pandémie – a utilisé la décision de l’UE pour interdire l’exportation vers l’Australie de 250 000 doses du vaccin d’Astrazeneca, que le groupe pharmaceutique anglo-suédois a produit dans son usine d’Agnani, près de Rome…
Les pays les plus puissants ont fait passer les profits pharmaceutiques avant l’immunité mondiale, malgré le discours politique selon lequel il n’y aura pas de solution à la pandémie si elle n’est pas jugulée au niveau mondial.
La semaine dernière, le jour même où l’OMS a déclaré que le COVID-19 était une pandémie, les États-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni et le Canada (qui disposent tous de suffisamment de vaccins) ont bloqué la dernière tentative des pays pauvres ou les pays à revenu moyen en accélérant l’accès aux vaccins et aux traitements pour la COVID-19, en levant temporairement des règles de l’Organisation Mondiale du Commerce protégeant la propriété intellectuelle.
Une résolution parrainée par l’Afrique du Sud et l’Inde et soutenue par 57 pays, qui demandait la suspension pendant la pandémie des parties de l’accord ADPIC (Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce) qui protègent les brevets médicaux, a été rejetée par le bloc des nations riches. Elle avait déjà connu le même sort lors des discussions tenues à l’Organisation Mondiale du Commerce en octobre et décembre 2020.
Un accord aurait permis aux nations
sous-développées ou émergentes de produire des médicaments et des
vaccins contre la COVID sans attendre ou adhérer à des accords de
licence avec les sociétés pharmaceutiques qui détiennent la propriété
intellectuelle de ces produits médicaux. Cela aurait permis de
développer la production d’antidotes à cette maladie mortelle et de
réduire les coûts de traitement.
Les gouvernements des pays riches, qui financent majoritairement les
vaccins anti-COVID, ont fondé leur refus sur la crainte que la
libération de la propriété intellectuelle, même temporaire, ne réduise
les incitations à la recherche des entreprises et se sont également
demandé si les pays « en développement » pourraient commencer à produire
les médicaments suffisamment tôt pour empêcher la propagation du virus.
La vérité est que les grandes multinationales pharmaceutiques, le bigpharma, étaient initialement réticentes à financer la recherche sur les vaccins contre le COVID en raison de l’incertitude d’une course contre la montre pour obtenir des résultats et de la faible rentabilité dans le passé de la création de vaccins pour les urgences sanitaires.
Les médicaments recherchés par ces entreprises sont principalement ceux proposés aux citoyens des pays riches et surtout ceux nécessaires aux maladies chroniques qui nécessitent des doses systématiques, ce qui les rend très rentables.
Mais après avoir constaté la rentabilité que la durabilité dans le temps que la COVID-19 peut leur apporter, ils ne veulent désormais aucune limite à la "fête" des revenus dont ils bénéficient face à la demande urgente de vaccins…..
« Il est inconcevable qu’au milieu d’une crise sanitaire mondiale, d’énormes sociétés pharmaceutiques multimilliardaires continuent de privilégier les profits, de protéger leurs monopoles et d’augmenter les prix, au lieu de privilégier la vie des gens partout, y compris dans le Sud », a tweeté à juste titre le sénateur américain Bernie Sanders il y a quelques jours.
« Le monde est au bord d’un fiasco moral catastrophique », a déclaré le Directeur Général de l’Organisation Mondiale de la Santé.
En attendant, ici à Cuba, nous croisons les doigts pour que nos vaccins Soberana et Abdala nous immunisent tous, sans distinction, avant la fin de cette année.
Randy Alonso Falcón, Edilberto Carmona Tamayo, Cubadebate.
PANDEMIE
Grippe « Espagnole » : On la dit "Espagnole", parce qu'en 1918 la presse Française, corsetée par la censure, préfère parler de l'épidémie de l'autre côté des Pyrénées plutôt que de celle qui sévit dans l'hexagone. Pourtant, la "grippe Espagnole" fut bien une épouvantable catastrophe qui fit, dans le monde, entre 25 et 40 millions de morts entre avril 1918 et le printemps 1919. C'est davantage que pendant la Première Guerre mondiale.
Covid-19 : 1,7 million de morts dans le monde entier entre janvier et décembre 2020.
1 783 619 personnes sont décédées après avoir été infectées par le Covid-19. Le virus n’a épargné aucun pays. L’Organisation mondiale de la santé met à disposition une base de données publique sur le Covid-19 : 80 millions de cas confirmés ont été déclarés et recensés. Les Etats-Unis se placent en tête de cortège avec 19 millions de contaminations et 330 000 morts. Ils sont suivis par l’Inde (10 millions de cas, 148 000 morts), le Brésil (7,5 millions cas; 191 000 morts), la Russie (3 millions de cas; 186 000 morts) puis la France (2,5 millions de cas; 63 000 morts).
98% de guérisons. Si les statistiques mettent quotidiennement l'accent sur le nombre de morts, il reste à souligner que 98% des malades du Covid-19 en guérissent. La plupart des personnes décédant des suites de la maladie sont âgées ou atteintes d'affections chroniques.