Le rapport de forces issu du 1er tour
1/ l’abstention progresse de 24 à 26% pour la 4eme présidentielle de suite.
2/ l’extrême-droite progresse de 20 à 24% des inscrits pour la 4eme présidentielle de suite. Elle est pour la première fois devant le cumul de toute la gauche.
3/ Macron progresse de 2 points, un comble dans le contexte de colère populaire contre lui, et une belle réussite quand Sarkozy avait perdu 6 points après son mandat !
La vérité est que Mélenchon n’a pas réussi à mobiliser une partie des 12 millions d’abstentionnistes.
Et les dernières semaines, il a arrêté de dire que c’était l’abstention qui pouvait l’empêcher de gagner et s’est entièrement consacré à la chasse aux électeurs communistes pour interdire toute reconstruction de leur parti.

Au total, le fait dominant de cette élection, c’est bien la progression de l’extrême-droite et la faiblesse des forces de gauches.

La concentration du vote de gauche sur Mélenchon se faisant d’abord en récupérant les votes socialistes, écologistes et communistes et sans empêcher l’abstention de progresser. Mélenchon progresse de 2 points sur 2017, mais en écrasant les autres forces de gauche, pas en faisant reculer les droites et l’abstention.

La gauche issue du parti socialiste (avec les insoumis), ce qu’on appelait avant la "gauche non communiste", avait progressé toujours en % des inscrits de 16% en 2002 et l’échec de Jospin à 21% en 2007 et 31% en 2012 et la victoire de Hollande. Elle recule depuis à 20% en 2017, puis 17% en 2022.

La force apparente du vote insoumis masque la faiblesse globale de cette gauche non communiste dans laquelle le parti socialiste est éclaté, écartelé entre Macron et Mélenchon, à tel point qu’on peut se dire que le nouveau parti socialiste est bien le mouvement de Mélenchon.

Le résultat est un rapport de forces aussi favorable à la droite qu’en 65 ou 69.

 

Fabien Roussel : « Je mène un combat de classe, pas de race »

Il est l'un des plus discrets des candidats de gauche, le communiste Fabien Roussel fait cependant parler de lui depuis quelques semaines. Essentiellement pour deux initiatives : son hommage aux dessinateurs de Charlie Hebdo le 5 janvier 2022 et ses propos sur la bonne chère. De quoi déchaîner la fureur de ceux qui ont vu – même dans son camp – un « virage politique » du PC. « Des polémiques stériles loin des préoccupations des vraies gens », estime Fabien Roussel qui a accordé une interview à Charlie.

Fabien Roussel : En tant que responsable d’un parti politique, je tenais à rendre hommage à ceux qui ont été tués pour leurs idées. Ces artistes, ces créateurs, non seulement défendaient la liberté d’expression, mais la représentaient. C’est essentiel, car mon parti a une histoire très forte avec les artistes. En ce moment même, place du Colonel Fabien, il y a une exposition prévue dans le cadre du centenaire du PCF. On y expose des artistes qui ont travaillé de près ou de loin avec le parti : Picasso, Marcel Duchamp, André Fougeron… Parmi eux, il y a désormais aussi Charb, Tignous, avec des dessins qu’ils nous ont donnés pendant des fêtes de l’Humanité. C’est donc un choix réfléchi d’exposer ces deux dessinateurs à côté des autres grands noms dont certains ont été censurés, d’autres tués durant d’autres périodes de l’histoire. Pour le PCF, l’art, la liberté d’expression doivent être défendus comme la prunelle de nos yeux et sans condition.

Elsa Faucillon parle d’un « virage politique depuis quelques mois », comment réagissez-vous et comment résistez-vous à ces critiques ?

Ceux qui pensent que mes prises de position sont un virage se trompent lourdement. C’est au contraire un retour à la racine de notre engagement révolutionnaire. C’est un retour au peuple dans sa diversité. Le peuple n’est pas homogène. Et s’il n’est pas nourri de valeurs progressistes fortes, alors il peut basculer. Dans l’histoire de France, il peut être celui de 1936 mobilisé pour les congés payés ou celui de 1939 qui soutenait Pétain. Cet enjeu est toujours malheureusement d’actualité. Il est donc important pour moi de revenir aux sources de nos combats révolutionnaires, avec des valeurs qui sont les nôtres : le progrès social, la justice et l’égalité des citoyens. Et l’universalisme d’une république laïque et sociale en fait partie. Quand le PC a combattu la colonisation, la guerre au Vietnam, quand j’ai combattu l’apartheid en Afrique du Sud, nous l’avons fait à chaque fois pour que les peuples puissent se déterminer librement et sans différence. On se bat pour l’égalité des droits des citoyens, pas pour des divisions.

Est-ce que certains aimeraient entraîner le PCF vers une approche communautariste des sujets politiques ?

Bien sûr, mais je reste ferme sur des positions claires. Je mène un combat de classe, pas de race. Le PC a toujours fait appel au monde du travail, au monde ouvrier, dans les usines, sans jamais faire de distinction entre les gens selon la couleur de peau, les origines… Jamais nous n’avons fait de distinction en disant on va réunir les Algériens, les Français. C’est pourquoi je regrette profondément qu’Elsa polémique sur une initiative comme celle de la soirée pour Charlie. On doit rassembler et non pas diviser.

En interne, c’est comment en ce moment ? Dans cette période électorale confuse ?

On est un grand parti avec quelque 50 000 adhérents et encore beaucoup d’élus. Il est donc normal qu’il y ait des discussions. On n’a pas tous la même approche des problèmes, pas tous le même passé militant. Mes prises de position ne plaisent peut-être pas à tout le monde, mais je les assume. Par exemple, quand j’ai fait le choix de ne pas participer à la marche contre l’islamophobie en novembre 2019. Je veux que l’on prenne conscience qu’il y a une menace terroriste de mouvements islamistes qui veulent imposer leur loi dans la République. Si on le nie, comment lutter contre ? Je n’accepterai jamais comme la normalité le fait que des dessinateurs soient accompagnés 24/24 h d’officiers de police parce qu’ils sont menacés par des jihadistes. C’est grave. Quand j’ai dit ça, ça a suscité des débats, des discussions mais je veux qu’on les ait, en interne. Et personne ne me censurera.

On vous fait aussi un procès d’intention sur les réseaux sociaux sur vos déclarations sur la viande, le vin, le fromage. Au mieux, on vous ringardise, au pire on vous traite de facho, vos propos pouvant exclure ceux qui au nom de la religion ne boivent pas de vin… Le petit monde des réseaux a-t-il perdu la raison ?

On me reproche ma phrase : « Du bon vin, de la bonne viande, du bon fromage. C’est la gastronomie française populaire » mais on oublie ce que j’ai ajouté tout de suite derrière : « Tout le monde doit y avoir accès » et encore que « le bon et le beau ne doivent pas être accessibles qu’aux privilégiés ». Ça déplaît à ceux qui me reprochent de parler trop de la France. Mais c’est caricatural encore une fois et c’est foncièrement méconnaître le peuple. J’étais hier encore dans ma permanence dans le Nord, à Saint-Amand-les-Eaux. J’y vois des travailleurs, des chômeurs, des retraités qui n’arrivent plus à payer leurs factures. Ils n’ont pas les moyens d’acheter de la viande produite en France et de qualité. Le dire n’est pas du nationalisme. C’est de la résistance à cette mondialisation qui fait faire le tour de l’Europe à un steak. C’est de la résistance à cette malbouffe qui détruit la planète, torture les animaux et ne nourrit pas correctement les humains. Voilà ce que c’est. Pendant ce temps, d’autres font des polémiques affligeantes. Quand je vois ça, je me dis que ce n’est pas étonnant que la gauche soit si bas dans les sondages.

Vous-même, vous n’êtes pourtant pas très haut…

C’est vrai. Mais je me fous des sondages. Et si ces polémiques à la con pouvaient faire basculer la gauche du bon côté alors elles ne seraient pas inutiles. Moi je veux qu’on reparle des sujets sociaux, du prix du steak, du gaz, des loyers et des salaires. Et je ne veux parler que ce ça. Le reste, c’est l’écume des vagues et je ne m’en préoccupe pas. C’est aussi pourquoi je tiens à revenir dans le Nord toutes les semaines. Pour être auprès des gens qui sont à dix mille lieux de ces faux débats. Je refuse l’emprunt d’un vocabulaire militant abscons. Et ça marche parce que les gens me comprennent quand je cause. Le mot « racisé », ici dans le Nord, dans les milieux populaires, je n’en entends jamais parler. Et « woke » c’est au mieux un ustensile de cuisine.

Natacha Devanda  

 

 

Tempête sur le steak : anatomie d’une polémique

« Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française… mais pour y avoir accès, il faut avoir des moyens, et donc le meilleur moyen de défendre le bon vin, la bonne gastronomie, c’est de permettre aux Français d’y avoir accès. Et je dis que le bon, le beau, tout le monde doit y avoir accès. » Voici les mots de Fabien Roussel prononcés dimanche 9 janvier sur France 3. Des propos qui déchaînent les passions depuis quatre jours. Une polémique que l’on pourrait juger anecdotique ou futile à première vue : pourtant, elle mérite que l’on s’y attarde car elle dit beaucoup de notre époque.

Rendre le beau et le bon accessibles aux classes populaires

Pourquoi cette défense de l’alimentation pour toutes et tous au moment où tant de Français peinent à boucler les fins de mois, se privent de tout, fait-elle polémique ? Car elle touche au cœur de notre mode de vie et aux aspirations de celles et ceux qui n’ont rien, ou si peu. Par les mots qui sont utilisés, incontestablement, il est question de défendre le pouvoir d’achat des plus modestes mais aussi un certain art de vivre à la française. Celui-ci ne se limite pas à la gastronomie – le bon –, et nous formulons également des propositions ambitieuses en matière d’accès à la culture – le beau. Il est néanmoins évident que le vin, la viande, le fromage nous définissent. Cela fait partie de notre patrimoine, qu’on le veuille ou non, et il suffit de se rendre sur un marché pour s’en convaincre. Il n’y a rien de mal à cela, et il s’agit ici de n’exclure personne. Bien au contraire, il s’agit précisément de rendre le beau et le bon accessibles aux classes populaires.

Mais voilà que certains préfèrent culpabiliser les Français sur ce qu’ils sont. Alors que les temps sont rudes, que les crises s’accumulent, il est devenu courant de vouloir faire porter tous les malheurs du monde aux classes populaires. La pollution ? Ce sont les pauvres et leurs bagnoles qui en sont responsables. La crise climatique ? La consommation de viande des Français qui se serrent la ceinture toute la semaine. Inlassablement, les mêmes débats se rejouent. Sans surprise, celles et ceux qui professent à longueur de journée des leçons de morale, eux, n’ont jamais eu à se priver de rien.

La gauche souffre de sa déconnexion

Or, qui pollue le plus ? Les plus riches et les grandes entreprises. Tous les chiffres le montrent. Un exemple issu d’une étude d’Oxfam : BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et Total, ces quatre entreprises du CAC 40, ont une empreinte carbone supérieure à celle de tous les Français réunis. Que pèse le steak de l’ouvrier, de la caissière, du manutentionnaire, de l’infirmière, du livreur Deliveroo face à cela ? Des cacahuètes.

Ce dont souffre la gauche, ce n’est pas de la division. La gauche souffre de sa déconnexion, d’avoir tourné le dos au réel et aux classes populaires depuis des années, d’avoir oublié qui sont nos vrais adversaires. Avec Fabien Roussel, nous avons un candidat qui a les deux pieds dans le réel, et cela fait du bien. 

Ian Brossat, directeur de campagne du candidat PCF Fabien Roussel.

 

 

Vote des adhérents du PCF sur la présidentielle 2022

Résultats :

43.473 inscrits à jour de leur cotisation

30.179 votants exprimés 69,42%

571 blancs et nuls

29.608 exprimés

1074 abstentions

Option 1 : 21.333 voix - 72,42%

Option 2 : 6813 voix 23,13 %

Vote pour le candidat:

Fabien Roussel : 23.219 voix - 82,36%

Emmanuel Dan Trang : 512 voix 1,82%

Grégoire Munck : 46 voix 0,16 %

 

Bonne nouvelle : le PCF a fait un choix clair, qui ne laisse aucune place à l’interprétation synonyme de crise interne. Donc nous nous sommes donnés une feuille de route.

Maintenant le plus dur reste à faire :

Etablir un programme qui réponde aux enjeux du moment, essentiellement les enjeux économiques et sociaux, sans tomber dans le piège du politiquement correct, avec originalité, et surtout en ayant à cœur de remettre les travailleurs, leurs revendications, leurs luttes au cœur du pouvoir politique. Il nous faut quelques propositions détonantes, qui nous permettent d’aller à la bataille des idées. La pression va être intense pour nous obliger à être de « bons communistes » c’est à dire des communistes désarmés qui n’osent pas dire qu’ils veulent socialiser les moyens de production et transformer complètement le système. La pression électorale aussi, car au final nous avons besoin d’un groupe beaucoup plus important, notamment pour ne plus être prisonniers des quelques élus qui jouent systématiquement perso, il faudra donc trouver des alliances cohérentes et honnêtes. Mais plutôt que d’être spectateurs, cette fois nous allons jouer la partie, donner tout ce que nous avons pour faire les meilleurs matchs possibles et en être fiers.

Mener une campagne sans invective, en travaillant l’argumentation, la pédagogie et surtout la reconstruction d’une organisation structurée. Ce n’est pas tout à fait gagné non plus car même une consigne simple de ne pas publier de résultat de section avant le résultat national n’a pas été totalement respecté. Or si nous voulons être efficaces, redonner du pouvoir d’agir aux citoyens, il faut de la rigueur dans l’organisation. On dit ce qu’on a à dire au moment où il faut le dire, on surveille et on défend les processus démocratiques pour que le résultat ne souffre aucune contestation, mais ensuite on applique sans réserve la décision collective, on la met en œuvre sans rechercher à la tordre ou à la contourner. Le PCF a eu pendant longtemps la « science de l’organisation ». Retrouvons-la, c’est notre force.

Au final, il n’est pas exclu que la gauche dans son ensemble sorte renforcée de cette campagne parce que les idées révolutionnaires auront repris un peu de terrain. Ne jouons pas la terre brûlée : ne dénigrons pas les autres, montrons seulement les différences et en quoi le pays a besoin d’un Parti communiste fort dans les urnes comme dans les luttes.

Laurent Brun

 

La conférence nationale du PCF : un espoir dont il faut se saisir

D’abord des faits, des chiffres

Un candidat communiste pour les élections présidentielles de 2022.
En faveur (option 1) : 609 (66,41%)
En défaveur (option 2) : 270 (29,44%)
abstention : 38 (4,14%)

Le mandat politique portant sur la stratégie de 2022 a été adopté par 78,63% des délégué.e.s de la Conférence nationale du PCF.
2 amendements ont été rejetés largement (59,18% et 65,68%).
Les communistes voteront définitivement la stratégie de 2022 le mois prochain.

Le Manifeste seul texte au 38éme congrès qui proposait d’en finir avec l’effacement du PCF et d’avoir à l’élection présidentielle UNE CANDIDATURE COMMUNISTE –Recueillait 42,15% des voix.

Aujourd’hui la conférence nationale s’est prononcée pour une candidature communiste aux présidentielles de 2022 adossée à une orientation politique claire de rupture avec le capital à 66,50 %

Il est une joie de voir que les communistes ont choisi calmement et dans le respect les uns des autres de redonner son identité à leur parti. Il faut les féliciter tous et d’abord Fabien Roussel qui a su payer de sa personne sans jamais tenter d’isoler ou de marquer les camps. Ce qui aurait été mon choix, je crois qu’il a eu raison. Il a eu autour de lui une équipe diverse mais unie et les communistes s’y sont reconnu et ont agi de la même manière. Nous savons tous à quel point ces années ont été terribles et combien ce parti ne ressemble plus à celui que nous avons connu mais il y a toute une jeunesse qui, dieu sait comment, dans la totale confusion qui a été créée, a agi pour qu’il en soit ainsi. Simplement parce que le sort que le capital réserve à ces jeunes est abominable et qu’ils en ont conscience.

Les communistes sont ainsi faits que face à l’injustice ils ont besoin d’agir et à partir de là de comprendre, d’approfondir et leur appétit intellectuel, culturel ne cesse de grandir. C’est un processus de maturation qui peut prendre plus ou moins de temps. C’est pourquoi le danger serait d’agir avec ceux qui sont en désaccord comme ceux qui ont frappé le parti d’inertie l’ont fait avec nous. Peut-être que l’on élimine quelques coquins mais on risque aussi de perdre de la substance de ceux qui ont beaucoup à apporter.

Le tri se fera de lui-même entre ceux qui s’inquiètent devant un combat électoral pour lequel ils craignent de manquer de forces et ceux qui n’ont cessé de vider ce parti de sa substance. Le pire serait d’entretenir des querelles qui n’ont pas lieu d’être. Les réseaux sociaux, le pouvoir ne cessent de susciter ces occasions de division entre ceux qui devraient s’unir, des faux problèmes et face à cela il faut sans cesse recentrer sur la dimension de classe qui unit. C’est ce qu’a fait cette conférence mais on ne sort pas d’une dérive de plusieurs décennies indemnes et les efforts à faire sont devant nous, ce qui fera la différence sera là et pas dans des procès d’intention sur des problèmes secondaires montés en épingle.

Ce qui me parait aujourd’hui distinguer les communistes entre eux c’est une analyse de la situation, de ses urgences. Tous ou l’immense majorité a conscience de la manière dont les capitalistes sont prêts à aller très loin y compris jusqu’au fascisme mais la différence porte sur la nature de la résistance et les priorités. Pour les 66,50 % qui ont choisi une candidature communiste l’essentiel est de reconstruire un parti communiste sans laquelle la gauche, les progressistes perdent toute capacité de lutte en ne prenant plus pied chez les travailleurs, dans les couches populaires, en ne donnant pas à toutes leurs luttes cette dimension de classe, cette patience, cette force nationale et internationaliste qui est celle des communistes. Ils voient au-delà de l’élection sans la négliger et refusent de continuer sur la voie qui nous a menée là où nous en sommes.

la manière dont Fabien Roussel pose sur BMTV la question de la candidature communiste est de bon aloi, le refus du politicien et ce qui distingue les communistes à savoir d’abord un emploi, une vie digne, des salaires décents et pas la cuisine électorale et un candidat qui désigne comme ennemi la finance et la met au pouvoir. Le parti est la garantie de cette politique utile à ceux qui n’en peuvent plus et que les reniements de la gauche ont voué à l’abstention.

La question qui se pose alors à tous est celle de notre utilité dans ce choix de classe.

Je crois qu’il faut que chacun mesure là où il est le plus utile et pour beaucoup ce sera en retournant au parti, en menant ensemble la bataille des présidentielles. Encartés ou non beaucoup prendront leur place dans ce combat et pour le mener il est tout de même plus pratique d’être organisés. Personnellement, je ne reviendrai plus au parti, je demeurerai une excellente sympathisante, parce que j’ai justement perdu ce dont on a le plus besoin dans un collectif, cette confiance les uns dans les autres et cette patience, j’ai trop d’amertume, mais en revanche je continuerai avec ce blog à contribuer à la formation et à la connaissance dont les communistes ont besoin et nous mènerons campagne pour la candidature communiste .

Je voudrais dire aux camarades qui, aussi blessés que moi ont quitté le parti, qu’ils prennent conscience des possibles qui s’ouvrent et qu’ils ne laissent pas passer cette chance parce qu’elle ne se renouvellera pas. Vous avez été injustement méprisés, humiliés par des gens qui consciemment ou inconsciemment détruisaient ce parti qui était l’essentiel de votre vie, vous n’avez pas renoncé à être communistes, il faut réfléchir à tout ça. Il faut que vous mesuriez que si ce parti disparait aucun des satellites groupusculaires ne tiendra. Ce travail de maturation dont les communistes encartés ont été capables il faut que vous le fassiez aussi. Souvenez-vous “la nuit finit à Tours”: l’abandon des principes socialistes, l’opportunisme, la politique de collaboration de classes et de ralliement au nationalisme bourgeois livrent, par l’entremise des chefs socialistes de droite, la classe ouvrière à ses ennemis Aucun de nous n’a été épargné y compris dans nos résistances.

Avec ce vote, il y a le résultat d’un travail qui doit se poursuivre avec l’aide de tous. Je crois que la période a un acquis on ne nous demandera pas de renoncer à nos convictions simplement de les confronter au collectif et aux pratiques collectives, mais la manière dont a eu lieu cette conférence nationale, cet exploit technique qui a montré la capacité des communistes partout dans tous le recoins de France de discuter ensemble sur le fond, pas d’une manière politicienne, mais de leur propre utilité face aux assauts du capital et de ses pseudos “élites”, il n’existe pas beaucoup d’exemples d’un tel niveau politique et c’est une chance pour notre malheureux pays, pour sa classe ouvrière, ses travailleurs et tous ceux qui souffrent de stigmatisation, tous ceux dont l’exploitation est encore aggravée parce qu’ils subissent la haine de la réaction et des forces conservatrices. Il faut la saisir, l’amplifier.

Danielle Bleitrach

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