Des français·es sont engagé·es dans l'armée israélienne qui commet des crimes de guerre à Gaza

La présence de citoyens et citoyennes français et de binationaux (franco-israéliens) dans l’armée israélienne d’occupation est une réalité avérée depuis de nombreuses années. Aujourd’hui, le nombre de soldats de nationalité française mobilisés sur le front à Gaza est estimé à 4 185, d’après une enquête effectuée par Europe 1 en Israël. Après celui des États-Unis, il s’agit du deuxième contingent de soldats étrangers opérant dans l’armée israélienne….

Rappelons que pour les Françaises et les Français, il existe deux manières de servir dans l'armée israélienne :

- Celles et ceux qui ont émigré en Israël, en tant que juifs ou juives, - en obtenant de ce fait la nationalité israélienne, tout en conservant leur nationalité française - doivent effectuer un service militaire obligatoire d'une durée de 3 ans pour les garçons et de deux ans pour les filles. Ce sont les binationaux.

- Les Françaises et les Français résidant en France - qu'ils se reconnaissent ou non  comme juifs ou juives - peuvent s'engager dans l'armée israélienne en tant que volontaires, tout en ne résidant pas en Israël et en n'ayant pas la nationalité israélienne.

Rappelons également que l’armée israélienne consacre de gros moyens pour le recrutement de volontaires venus du monde entier. En France cela passe, entre autres, par l’organisation de stages et de camps d’été en Israël avec une immersion dans l’armée. Ces stages proposés à des jeunes, y compris des mineurs de 16 ans sont organisés par des associations basées en France qui font, en même temps, des appels aux dons à destination de l’armée d’occupation. C’est, parmi d’autres, le cas de l’association Moreshet basée à Paris.

Au moment où l’armée israélienne est engagée dans un génocide en cours à Gaza, cette présence de nombreux français et françaises dans cette armée est révoltante. L’Association France Palestine Solidarité tient à la dénoncer et à exiger qu’il y soit mis fin. L'AFPS demande aussi que les personnes de nationalité française (y compris les  binationaux) impliquées dans des crimes de guerre soient traduites devant la justice française.

La question se pose également pour les colons de nationalité française. La colonisation étant un crime de guerre, la France devrait s’interroger sur la responsabilité de ses ressortissants dans ce crime de guerre. La violence des colons contre la population palestinienne est un fait de notoriété publique, s’il s’avère que des Français ont pris part à leurs exactions, il faut qu’ils rendent des comptes.

Le Bureau national de l’AFPS

 

Israël et les États-Unis envisagent une déportation totale de Gaza

Déporter tous les habitants de Gaza, tel est le plan commun des États-Unis et d'Israël. Selon ce plan, les Palestiniens seront "relocalisés" en Égypte, en Irak, en Turquie et au Yémen. Ce nettoyage ethnique à grande échelle est cyniquement présenté comme un plan d'aide "moral et humanitaire".

Dans l’histoire récente des guerres, rarement un massacre de civils et d’enfants a été aussi intense et massif qu’à Gaza, l’un des endroits les plus densément peuplés du monde. La destruction du nord de Gaza en moins de sept semaines se rapproche de la dévastation causée par les années de bombardements massifs des villes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, un enfant est tué toutes les dix minutes.
Plus de la moitié de la ville de Gaza a été détruite, y compris des écoles et des mosquées. Les hôpitaux ne fonctionnent plus. Les boulangeries sont fermées et il n’y a presque plus d’eau potable. La destruction et le massacre se produisent à l’échelle industrielle, avec l’aide de l’intelligence artificielle.
Les gens ont d’abord été chassés du nord, mais c’est maintenant au tour du sud avec de lourds bombardements et une offensive terrestre contre la ville de Khan Younis. Selon un haut responsable de l’Agence d’aide humanitaire des Nations Unies, les conditions y sont désormais apocalyptiques.
Aucun enfant n’a un accès illimité aux soins, à la nourriture ou à l’eau. La famine menace. Et comme les égouts ne fonctionnent plus, il y aura des épidémies massives.

Les Gazaouis sont désormais invités à partir vers Rafah, le point le plus au sud de Gaza, où se trouve également le poste frontière avec l’Égypte.
Officiellement, l’objectif d’Israël est d’éliminer le Hamas. Mais la férocité et la cruauté avec lesquelles l’armée israélienne agit révèlent qu’il s’agit là d’un prétexte pour un autre objectif : l’expulsion complète de la population de Palestine, en commençant par Gaza.
Selon le philosophe juif Moshé Machover, ce projet existe depuis longtemps : « Nous attendons en réalité le moment où ils pourront être définitivement expulsés vers les pays voisins. Cela ne sera possible que lors d’une guerre à grande échelle et je crains qu’Israël ne soit prêt à la provoquer. »

Israël veut augmenter le niveau d’inhumanité à un point tel que les habitants de Gaza n’auront finalement d’autre choix que de partir. Cela semble être le plan caché, même s’il l’est de moins en moins.
Un plan avait déjà fuité fin octobre auprès du ministère israélien du Renseignement. Ce plan prévoyait une déportation permanente de la population de la bande de Gaza vers le désert du Sinaï en Égypte. Le Caire rejeta complètement ce plan.
Mais Israël est déterminé à poursuivre ce nettoyage ethnique à grande échelle. Dans un récent article d’opinion paru dans le Wall Street Journal, deux membres israéliens de la Knesset ont appelé les pays occidentaux à accepter les réfugiés palestiniens. Gila Gamliel, ministre du renseignement, a écrit un opinion similaire dans le Jérusalem Post, dans lequel elle suggère la “réinstallation volontaire” des Palestiniens de Gaza dans d’autres pays du monde.
Aujourd’hui, un nouveau plan est apparu. Il s’agit d’un programme conjoint des États-Unis et d’Israël dans lequel ils veulent déporter la population de Gaza vers quatre pays : la Turquie, l’Égypte, l’Irak et le Yémen. L’Égypte ne devrait donc plus supporter seule ce fardeau.
Les chiffres par pays sont également déjà connus : un million de Palestiniens iraient en Égypte, un demi-million en Turquie, 250 000 en Irak et 250 000 autres au Yémen.
Les quatre pays en question bénéficient déjà d’un soutien généreux de la part de Washington. Le plan précise que ce soutien sera lié à la volonté d’accueillir les Gazaouis. En d’autres termes, les quatre pays seront soumis à de sérieuses pressions financières et peut-être aussi diplomatiques pour « accueillir » les Gazaouis.
Le pays clé est l’Egypte, qui doit ouvrir sa frontière. Joe Wilson, ancien député républicain et l’un des initiateurs de ce plan, est très clair à ce sujet. Selon lui, “la seule façon morale [de résoudre le problème de Gaza] est de s’assurer que l’Égypte ouvre ses frontières”.
“Israël tente de minimiser les pertes civiles dans la bande de Gaza, mais le Hamas ne permet pas aux réfugiés de partir et l’Égypte n’est pas disposée à ouvrir ses frontières”, écrivent les auteurs du plan dans le premier paragraphe. Pendant ce temps, six enfants sont massacrés toutes les heures.
Le plan se réfère à d’autres zones de conflit récentes pour expliquer les déplacements de population envisagés. “Ce ne serait pas la première fois que d’autres pays acceptent des réfugiés”, indique le plan. Les auteurs font ici référence aux six millions d’Ukrainiens qui ont fui leur pays pour se réfugier en Pologne, en Allemagne et en République tchèque, entre autres. Près de cinq millions de Syriens se sont également “déplacés” en Turquie, au Liban et en Jordanie, tandis que d’autres pays du Moyen-Orient et d’Europe en ont accueilli des centaines de milliers.

Le plan a été soumis à des personnalités clés de la Chambre des représentants et du Congrès américain et bénéficie du soutien des démocrates et des républicains. Le nettoyage ethnique à grande échelle prévu est cyniquement présenté comme un plan d’aide « morale et humanitaire » :
« Ses frontières voisines sont fermées depuis trop longtemps, mais il est désormais clair que pour libérer la population de Gaza de l’oppression tyrannique du Hamas et lui permettre de vivre sans guerre ni effusion de sang, Israël doit encourager la communauté internationale à trouver des solutions. les moyens corrects, moraux et humains pour la réinstallation (sic) de la population de Gaza.
Un bel exemple de novlangue!

Le plan porte également un coup dur à l’UNRWA, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés qui se concentre sur l’aide et le développement des réfugiés palestiniens au Moyen-Orient…
Ils accusent l’agence de « propager le récit des réfugiés » et de « retarder la réhabilitation des réfugiés palestiniens pendant plus de soixante-dix ans et, en fait, d’aggraver la crise des réfugiés ». C’est pourquoi ils veulent que l’agence soit fermée.

Nous sommes peut-être à la veille d’une déportation massive de Palestiniens, d’une seconde Nakba (l’expulsion massive de Palestiniens de Palestine lors de la création de l’État juif en 1948).
Si les pays occidentaux veulent conserver une once de crédibilité, ils doivent agir immédiatement. Ils doivent imposer des sanctions économiques et diplomatiques contre Israël et également convoquer le Conseil de sécurité pour condamner et contrecarrer le sinistre plan des États-Unis et d’Israël. Dans le cas contraire, ils se rendent complices de ce désastre humanitaire annoncé.

 

Gaza, Cisjordanie, qui a osé éteindre les lumières ? …

 

Les Etats-Unis ont opposé leur veto le vendredi 8 décembre à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies appelant à un cessez-le-feu humanitaire immédiat dans le conflit entre Israël et le Hamas. Treize membres du Conseil de sécurité ont voté en faveur de cette résolution, présentée à l’initiative des Emirats arabes unis, tandis que le Royaume-Uni s’est abstenu.

“Ce n’est pas une question d’isolement. C’est une question qui concerne ce que nous pensons qu’il vaut mieux essayer pour mettre fin à ce conflit dès que possible, et aussi pour aider à faciliter l’aide humanitaire entrant à Gaza”, a déclaré l’ambassadeur adjoint des Etats-Unis auprès de l’Onu, Robert Wood, avant le vote. “Nous ne pouvons pas arrêter le conflit d’un claquement de doigt. La situation est très, très difficile”, a-t-il dit.

Les Etats-Unis et Israël s’opposent à un cessez-le-feu, estimant que cela profiterait au Hamas. Washington soutient à la place la mise en place de pauses dans les combats afin de protéger les civils et de permettre la libération des otages détenus par le Hamas depuis l’attaque du 7 octobre.

GAZA

Les quelques informations et images qui nous parviennent de la bande de Gaza sont monstrueuses. Ce sont celles de la vengeance qui n’est que le prétexte et la justification d’un génocide perpétré à l’encontre du peuple palestinien.

Les journalistes indépendants ne peuvent se rendre dans le territoire. Ceux des journalistes Palestiniens qui n’ont pas voulu ou pas réussi à fuir sont méthodiquement éliminés. Pas de trace ! C’est le propre d’un génocide.

Les enfants, la jeunesse, avenir de ce peuple sont massacrés, mutilés, prétendument victimes collatérales.

Les poètes, les artistes, pourvoyeurs de la culture de ce peuple et vecteurs d’ouverture sont éliminés, froidement, comme l’ont été en d’autre temps Victor Jara, assassiné par les fascistes chiliens de Pinochet, Federico Garcia Lorca, exécuté par les milices de Franco, Max Jacob, poète Juif, assassiné en 1944 par les milices fascistes françaises…

Netanyahou ne veut pas éradiquer sa création, le Hamas. Il prend prétexte des massacres de cette organisation fasciste pour organiser un des plus grand génocides de l’histoire.
Près de 20 000 morts, dont 80% sont des femmes et des enfants. Bilan qui n’est que provisoire puisque les milliers de blessés n’ont pas accès aux soins et que beaucoup ne survivrons pas. Que deviendront ces milliers d’estropiés, de mutilés, de traumatisés par la terreur des bombardement ? Que deviendrons ceux qui ne seront pas mort de faim ou de soif ?

Le monstre créé par les américains soutenu par une majorité de la prétendue “communauté internationale” pour garantir les intérêts occidentaux au Moyen Orient s’est émancipé de son créateur. Comme l’ont fait avant lui les Talibans créés pour enrayer l’émancipation de l’Afghanistan et des peuples de cette partie du monde du joug capitaliste.

Dans les années qui viennent, ce génocide n’aura pas pu être empêché, alors nous déposerons des bougies en mémoire des victimes, jusqu’au prochain.

Si nous ne voulons pas de ce scénario du pire, il serait temps qu’émerge un nouvel ordre mondial, qui ne soit plus dominé par la recherche et la sauvegarde des profits des grands groupes financiers privés

Que ceux qui roulent pour ces intérêts soient bannis à leur tour pour s’être rendu complice de ce nouveau génocide.

Il nous revient de l’exiger.

Yvan Donnat

 

Rayer Gaza et ses habitants de la carte : une option « civilisée »?

La France, en abandonnant ses ressortissants présents à Gaza et en interdisant toute expression d’empathie et de soutien au peuple palestinien se déconsidère et alimente l’antisémitisme en France.

Nous, Français.s.es Juifs et Juives sommes effaré.e.s et catastrophé.e.s  par l’ampleur sans précédent de ce massacre, commis avec l’accord des puissances occidentales, et par ses conséquences  prévisibles. 

Nous sommes effaré.es et catastrophé.e.s mais pas surpris.e.s.

L’actuel gouvernement français de droite fait ce que la droite fait.

  • Il s’empare du sujet pour en faire un conflit de civilisation,

  • Il instrumentalise le vécu des Juifs et Juives et notamment leur rapport à la destruction des juifs d’Europe à des fins islamophobes ; et c’est particulièrement ignoble.

  • Il soutient Israël « inconditionnellement » dans la ligne directe de son passé colonial.

  • Il favorise et entretient l’antisémitisme : en censurant les manifestations de soutien à un peuple en danger, en ne reprenant sur les événements que le récit israélien et en définissant comme antisémites la critique du sionisme ou la campagne BDS, en particulier quand cette critique vient de supposés musulmans et non de l’extrême droite.

Il s’agit d’une guerre contre un peuple désarmé, déplacé du nord vers le sud où soi-disant, il serait en « sécurité » alors qu’Israël bombarde de manière indiscriminée la totalité de la bande de Gaza !

Cela s’appelle un crime contre l’humanité 1. Ce sont des Juifs et des Juives qui le martèlent dans le monde entier, y compris en Israël. Comme l’ont souligné les centaines de manifestants juifs et leurs alliés qui ont rempli le Capitole à Washington ainsi que la gare centrale de New York à l’appel de Jewish Voice for Peace, la semaine dernière pour protester contre la guerre de Gaza, « plus jamais ça » signifie « plus jamais ça » pour personne. L’UJFP le répète inlassablement depuis des années.

Mais comme l’a rappelé Gideon Levy, « derrière tout cela se cache l’arrogance israélienne ; l’idée que nous pouvons faire ce que nous voulons, que nous n’en paierons jamais le prix et ne serons jamais punis pour cela. Nous continuerons sans être dérangés. »

Et Israël, forte de ses soutiens occidentaux inconditionnels :

  • Risque de programmer l’extermination de la population gazaouie et de parquer sans doute dans le Sinaï, comme annoncé, ceux qui auront échappé aux massacres, pour rendre Gaza vide de Palestiniens.

  • Autorise les colons de Cisjordanie, – armés jusqu’aux dents par le gouvernement israélien-, à tirer à bout portant sur des civils palestiniens, car encouragés et couverts par le ministre de la Défense Yoav Galant qui ose affirmer que les Palestiniens seraient des ‘animaux humains’.

La communauté internationale doit se réveiller, exiger un cessez-le feu immédiat, la levée du blocus et des négociations. Après cette guerre, personne ne pourra rentrer chez soi et se donner rendez-vous au prochain massacre !

Une solution politique juste est nécessaire et urgente.

 

La CGT : Stopper immédiatement le bain de sang à GAZA !

 Depuis 10 jours, la population de Gaza subit des frappes terribles en représailles des actes de terreur perpétrés par le Hamas le 7 octobre dernier. La CGT a condamné sans ambiguïté cette politique du pire qui dessert la cause palestinienne. Elle ne s’étonne pas de ce que le Hamas fasse ce type de choix, lui qui viole les droits des femmes et multiplie les arrestations arbitraires depuis près de 20 ans à Gaza, imposant une double peine à l’enclave, maintenue sous un blocus scandaleux par Israël depuis 2007.

Mais, la réponse ne peut en aucun cas être celle de la punition collective du peuple palestinien. D’autant que le gouvernement israélien porte une lourde responsabilité dans la situation actuelle. Rappelons les inacceptables propos de Benyamin Netanyahou devant les parlementaires du Likoud en mars 2019, pour justifier son autorisation de transferts de fonds Qataris vers Gaza : « Quiconque est opposé à un État palestinien devrait être favorable (à ces transferts). » Une « stratégie », comme le confesse alors le Premier ministre israélien, qui vise à affaiblir l’autorité palestinienne, en soutenant de facto le Hamas.

En une dizaine de jours, à Gaza, plus de 3000 civils dont près de 1000 enfants ont payé de leur vie cet escalade de la violence aveugle. On annonce, désormais, comme inéluctable une catastrophe humanitaire majeure sur fond de déplacement d’un million de personnes sur un territoire de 40 kilomètres de long ceint par un mur et des miradors atteignant 10 mètres de haut sur trois côtés et par la mer sur le quatrième. Les réserves d’eau et de nourriture ne permettent à cette population de tenir désormais que quelques jours. L’accès aux soins et à l’électricité est presque impossible aujourd’hui. De nombreuses voix s’élèvent pour exiger que l’aide humanitaire rejoigne sans délai la bande de Gaza mais Israël ne semble pas vouloir les entendre. Une fois encore, dans cette région du monde, le droit humanitaire le plus élémentaire se trouve bafoué.

La CGT exige de la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, qu’elle mobilise sans délai les ressources de sa diplomatie pour obtenir un cessez-le-feu immédiat et pour que l’anéantissement annoncé du nord de Gaza, par une offensive terrestre, maritime et aérienne de grande ampleur, ne se produise pas. Elle exige, aussi, que tout soit mis en œuvre pour venir en aide aux populations civiles. La générosité et les dispositions exceptionnelles (de protection temporaire notamment) mises en œuvre avec raison dans l’accueil aux populations ukrainiennes fuyant la guerre doivent également s’activer en direction des populations palestiniennes !

La CGT exige, enfin, que cesse immédiatement la criminalisation de l’expression d’un soutien au peuple palestinien victime des bombardements. L’interdiction des rassemblements de solidarité avec les populations civiles meurtries par le conflit est inacceptable !

La CGT adresse, une fois encore, tout son soutien aux milliers de victimes israéliennes et palestiniennes et à leur famille et exige la libération de tous les otages et personnes injustement détenus. Elle continuera à agir pour la paix et pour la reconnaissance pleine et entière de l’État de Palestine et œuvrera, en ce sens, avec ses partenaires syndicaux sur place et au plan international, dans le cadre de la CES et de la CSI. La CGT travaille actuellement à la construction d’un arc de forces le plus large possible en faveur d’un cessez-le-feu immédiat et d’une paix juste et durable pour cette région du monde.

 

Déclaration de Benyamin Netanyahou en mars 2019

"Quiconque veut contrecarrer l'établissement d'un état Palestinien doit soutenir

 le renforcement du Hamas et le transfert d'argent au Hamas.

 Cela fait partie de notre stratégie."

 

Ofer Cassif, député communiste israélien : « En finir avec l’occupation pour qu’Israéliens et Palestiniens vivent en paix »

« Rien, absolument rien ne peut justifier les crimes de guerre que le Hamas a commis dans le sud d’Israël. J’ai vu beaucoup de vidéos, de photos, j’ai parlé avec des amis et malheureusement l’une d’entre elles a été tuée avec son mari quelques heures après m’avoir écrit. C’est l’horreur !

Dans le même temps, bien sûr, ce qui se passe dans les territoires palestiniens occupés est aussi horrible. Ce qui s’y passe relève également de crimes de guerre, spécialement à Gaza depuis des années et des années. Je condamne totalement et sans réserve tout assaut sur des civils innocents. Mais contrairement à ce gouvernement israélien hypocrite et à ceux qui le soutiennent, je ne condamne pas seulement les morts civils israéliens, mais également palestiniens.

Nous devons tout regarder dans son contexte. La seule façon d’en finir avec ce bain de sang est d’en finir avec l’occupation. Ce que nous avons vu dans le sud d’Israël, qu’encore une fois je condamne et auquel je m’oppose totalement, est la conséquence d’une occupation létale en cours dans la bande de Gaza, qui est assiégée, en Cisjordanie, où quotidiennement des pogroms sont organisés par des colons fascistes sous les auspices des forces d’occupation et avec le soutien et les encouragements du gouvernement israélien.

S’agissant de Jérusalem-Est, nous assistons, par exemple dans le quartier de Cheikh Jarrah et dans d’autres lieux, à l’éviction des Palestiniens pour installer des colons, à un nettoyage ethnique. Mais c’est aussi ce qui se passe en Cisjordanie.

Il faut savoir tout ça pour comprendre la rage des Palestiniens. C’est un sentiment naturel dans de telles circonstances mais ce n’est pas une solution. Ce mode d’action ne peut pas être considéré comme une plateforme politique. Ce n’en est pas une. Ce n’est pas davantage, à mes yeux, une façon politique d’affronter la réalité pour essayer de la changer.

Or la réalité doit être changée. J’espère que c’est désormais évident pour tout le monde. Cette réalité doit être changée pour le mieux, pour les deux peuples. Qu’ils puissent vivre sur ces terres : Israël et Palestine. Pour cela, il n’y a qu’une solution. Il faut en finir avec l’occupation. Encore une fois, et au risque de me répéter, c’est la seule voie pour que les Israéliens et les Palestiniens aient la chance et le droit de vivre dans la prospérité, la paix et la sécurité.

Je le redis, rien ne justifie les crimes et les massacres commis aujourd’hui dans le sud d’Israël. Mais c’était écrit sur le mur, comme je l’ai souvent et depuis longtemps répété : nous paierons un lourd tribut pour les crimes de l’occupation, le siège de Gaza et l’arrogance du gouvernement kahaniste (raciste). Il n’y a pas de solution militaire, seulement politique – la fin de l’occupation et l’avènement de l’indépendance palestinienne. »

 

DÉCLARATION DE FABIEN ROUSSEL

 CESSEZ LE FEU -ARRÊT DU BLOCUS DE GAZA - FIN DE L'OCCUPATION- SEULE ISSUE AU CONFLIT !

 Le Hamas a lancé cette nuit une attaque massive de plusieurs milliers de roquettes contre l’Etat d’Israël, qui s’accompagnent d’incursions armées. Nous condamnons fermement ces attaques qui s’en prennent directement à la population civile israélienne. Elles sont inacceptables et injustifiables. Elles doivent cesser le plus rapidement possible. Le danger d’une traînée de poudre régionale est majeur. Les civils en seront toujours les premières victimes.

Nous appelons aussi à se défaire d’une indignation sélective. Ces attaques ont lieu dans le contexte de raids de terreur multiples que l’armée de l’Etat d’Israël et les colons mènent depuis plusieurs mois dans les territoires occupés qui ont fait plus de 200 morts palestiniens depuis le début de l’année.

Le gouvernement d’extrême-droite de B. Netanyahou et sa politique violente ont donc aussi lourdement contribué à cet engrenage en bafouant le droit international et en organisant l’annexion de la Cisjordanie occupée. C’est également la conséquence de l’inaction internationale, parmi laquelle figure la France, qui lui a laissé les mains libres et qui est incapable de faire respecter les résolutions de l’ONU.

Le PCF appelle donc à une action résolue de la France et de l’Europe pour une solution politique et pour la paix, en faisant respecter les résolutions de l’ONU. Cela implique en premier lieu la reconnaissance de l’Etat de Palestine et la levée du blocus contre Gaza en place depuis 2007. Les réactions du gouvernement Netanyahou contre l’ensemble de la population palestinienne peuvent être terribles. Les deux peuples israéliens et palestiniens ont droit à la sécurité et à la paix !

Il appartient aux Nations unies de décider l’envoi immédiat, sur le terrain, d’une force de protection des populations.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.

 

PALESTINE ISRAEL : la première violence est celle de l’occupation !

L'attaque du Hamas se produit alors que l’occupation et la colonisation se poursuivent et que les Palestiniens ne se sont jamais retrouvés aussi seuls au moment où Israël entame une normalisation de ses relations avec l’Arabie saoudite. Les territoires s’embrasent car l’espoir de voir la création d’un Etat palestinien n’existe plus, que la communauté internationale parle mais n’agit pas. La bande de Gaza est sous blocus israélien depuis 17 ans.

L’attaque menée par des commandos du Hamas par terre, mer et même air par l’utilisation d’ULM, a pris tout le monde de court, à commencer par les Israéliens eux-mêmes, en premier lieu ceux vivant à proximité de la bande de Gaza. Les combattants palestiniens sont entrés dans plusieurs villages, y compris sur des sites militaires comme on peut le voir sur les multiples vidéos postées sur les réseaux sociaux. Certains ont été emmenés en territoire palestinien, d’autres tués dans les affrontements. Au total, plus de 40 Israéliens auraient ainsi été tués et 700 blessés. 35 soldats israéliens auraient été fait prisonniers, une information difficile à confirmer. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a déclaré: « Nous sommes en guerre, il ne s’agit pas d’une (simple) opération (…). L’ennemi paiera un prix sans précédent. Nous sommes en guerre et nous allons gagner ». Il a immédiatement fait donner son aviation qui a frapper Gaza pendant plusieurs heures. En début d’après-midi, samedi, au moins 160 Palestiniens auraient trouvés la mort et 900 blessés.

“Un message à la communauté internationale”

Dans les heures qui viennent, la riposte israélienne risque d’être terrible et sans retenue. Elle pourrait embraser la région. Le Hezbollah libanais a fait savoir qu’il est « en contact direct avec le commandement de la résistance palestinienne aux plans local et international, pour une évaluation continue du déroulement de l’opération ». Le mouvement chiite explique également que l’opération du Hamas « constitue notamment un message au monde arabe et islamique ainsi qu’à la communauté internationale et plus particulièrement à ceux qui oeuvrent pour une normalisation avec l’ennemi, pour leur dire que la cause palestinienne restera vivante ». En Iran, le général des Gardiens de la révolution Yahya RahimSafavi, conseiller militaire du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a salué « cette fière opération « déluge d’Al-Aqsa »», ajoutant: « nous sommes sûrs que le front de la résistance la soutient également ». Le « front de la résistance » étant le terme employé à Téhéran pour évoquer les mouvements palestiniens, libanais, syriens et autres, proches de l’Iran et opposés à Israël.
La date choisie ne doit sans doute rien au hasard. L’attaque se produit cinquante ans après la guerre d’octobre (de kippour pour les Israéliens) considérée comme une défaite pour Tel Aviv. De la même manière qu’en 1973, d’ailleurs, les services de renseignements israéliens n’ont rien vu venir. Reste les motifs de cette opération sans précédent de la part d’une organisation palestinienne. Elle a été minutieusement préparée, visiblement dans le plus grand secret, alors qu’elle implique des centaines de combattants. Le communiqué du Hezbollah indique sans détour qu’il s’agit d’empêcher la normalisation en cours des relations entre Israël et l’Arabie saoudite, qui se fait au détriment des Palestiniens, totalement ignorés.

Blocus imposé à Gaza depuis 2007

Le numéro 2 du Hamas, Salah al-Arouri, qui se trouve à Beyrouth, a expliqué à la chaîne qatarie Al Jazeera que, selon leurs informations, l’armée israélienne se préparait à attaquer Gaza et Jenine après la fin des fêtes religieuses de Soukkot qui se terminait le 6 octobre. « Nous ouvrons une bataille qui s’élargira, s’intensifiera et s’approfondira et n’aura qu’un seul objectif : la liberté et la sainteté de notre peuple, pas pour des demandes ici et là. » Il a affirmé que son mouvement était prêt à tout, y compris opération terrestre israélienne dans la bande de Gaza. « Ce serait le meilleur scénario de résistance », a-t-il ajouté.
« La violence est une impasse », peut bien déclarer la cheffe de la diplomatie française, Catherine Colonna alors que Emmanuel Macron « condamne fermement les attaques terroristes qui frappent actuellement Israël ». Pourtant, la première violence est celle de l’occupation qui se traduit en Cisjordanie par la mise en place d’un apartheid, d’une colonisation grandissante et de raids de colons armés dans les villages palestiniens ou d’interventions de l’armée israélienne, comme à Jénine où l’intrusion d’orthodoxes venus prier sur l’esplanade des mosquées au mépris des accords de statu quo. Sans parler des destructions de maisons dans cette même partie orientale de Jérusalem occupée et annexée, qui jettent des centaines de familles à la rue. La violence, c’est également le blocus inhumain appliqué contre la bande de Gaza. Celle-ci a été désignée par Israël comme une « entité hostile » et les droits humains fondamentaux sont violés depuis. Les habitants subissent des restrictions sévères sur l’entrée de carburant et de biens essentiels, ils ne peuvent se déplacer librement, y compris les malades. Il est établi que le blocus a entraîné une hausse du taux de mortalité par cancer à Gaza par rapport à la moyenne mondiale.

Destruction des infrastructures industrielles et agricoles

En 2008-2009, 2012, 2014 et 2022 Tel Aviv a mené cinq offensives militaires sans parler des opérations sporadiques. Israël a non seulement tué des milliers de Palestiniens de façon indiscriminée, le plus souvent dans des zones civils, mais a délibérément détruit les infrastructures industrielles et agricoles de la bande de Gaza, a établi une zone tampon dans le territoire palestinien, et l’a finalement clôturé, la transformant en prison à ciel ouvert.
Les Palestiniens n’en peuvent plus. Les accords d’Oslo n’existent plus, il apparait clairement qu’Israël ne veut pas entendre parler d’un Etat palestinien et la « communauté internationale » parle mais n’agit pas. Elle devrait pourtant entendre le cri de cette jeunesse palestinienne qui cherche un avenir. Elle l’avait déjà exprimé en avril 2022. Depuis, la situation s’est aggravée. Que reste-t-il quand on ferme les portes de l’espoir?

Pierre Barbancey, L'Humanité du 07 octobre 2023

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