À l’occasion de la Journée internationale de solidarité envers le peuple palestinien, ce vendredi, le Parti communiste français (PCF) et l’Organisation de libération de la Palestine annoncent une campagne à l’échelle européenne et française pour l’application des résolutions de l’Onu, de la CPI et d’un cessez-le-feu.
Le peuple palestinien subit la plus grande catastrophe de son histoire. Le gouvernement israélien d’extrême droite veut détruire tout espoir d’émancipation du peuple palestinien. Les massacres de masse, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, le génocide, dont il est coupable, ont été condamnés par la Cour Internationale de Justice et ont donné lieu à l’émission de mandats d’arrêt de la part de la Cour Pénale Internationale. Nous dénonçons également la politique d’épuration ethnique de l’armée et des colons israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem-est occupés.
Nous réaffirmons le droit inaliénable du peuple palestinien à la réalisation de ses droits légitimes nationaux, en toute indépendance, en application du droit des peuples à l’autodétermination, et à vivre en paix et en sécurité, dans le cadre d’un État souverain et démocratique, aux côtés du peuple israélien. Seules une solution politique et l’application du droit international permettront une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens.
Nous exigeons donc, en application des résolutions de l’ONU :
– Un cessez-le-feu immédiat et permanent pour l’ensemble de la région,
– La mise en jugement des criminels de guerre en application de l’arrêt de la CPI,
– La protection du peuple palestinien contre les attaques de l’armée et des colons israéliens,
– La reconnaissance par la France et l’Union Européenne de l’État de Palestine sur la base des frontières de 1967 avec Jérusalem-est pour capitale,
– La libération des prisonniers politiques palestiniens et des otages israéliens,
– Le démantèlement de toutes les colonies israéliennes et la fin de l’occupation,
– La levée du blocus de Gaza,
– L’exercice du droit au retour des réfugiés,
Telle est la voie pour établir une relation pacifique entre les peuples palestinien et israélien.
Nous demandons à l’UE et à la France de condamner les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par le gouvernement israélien. Elles doivent faire appliquer les arrêts de la CPI. Nous appelons à la suspension de l’accord de libre-échange UE-Israël tant que l’État d’Israël ne se plie pas au droit international, et à la fin immédiate de toute livraison d’armes, de matériel militaire et de la coopération militaire entre les pays européens et l’État d’Israël.
Alors que l’extrême droite israélienne a annoncé l’annexion unilatérale et illégale d’une partie de la Cisjordanie pour 2025, qui s’ajouterait à l’annexion illégale de Jérusalem-est, il y a urgence à agir !
En cette Journée internationale de solidarité envers le peuple palestinien, le PCF et l’OLP annoncent donc s’engager dans la construction d’une campagne large de solidarité à l’échelle européenne et française pour la réalisation des droits nationaux du peuple palestinien.
Ramallah et Paris, 29 novembre 2024
Parti Communiste Français
L’administration présidentielle étasunienne a annoncé avoir autorisé l’Ukraine à frapper en profondeur le territoire russe. La Russie avait en septembre dernier avancé que cela équivaudrait à un conflit direct avec les pays de l’OTAN.
Alors que des initiatives diplomatiques pour une solution politique à la guerre en Ukraine reprennent, par exemple de la part de l’Allemagne, un bloc de pays bellicistes font tout pour les empêcher de se concrétiser : les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Pologne, les pays baltes et la France, qui annonce la livraison prochaine de premiers Mirage 2000.
Il ne s’agit pas simplement d’une escalade supplémentaire, mais d’un risque assumé de généralisation du conflit sur le sol européen. Les frappes russes de ce week-end contre les villes et les installations énergétiques en Ukraine, que nous condamnons fermement, ne sauraient servir de justification.
Ce sont les peuples européens, le peuple ukrainien et le peuple russe qui paient le prix du sang de cette politique de guerre. Il est honteux que le gouvernement français suive d’une manière servile cet engrenage.
Le PCF condamne cette étape supplémentaire vers la guerre.
La France doit rompre avec cette politique, déclarer que les armes françaises ne pourront pas être employées sur le territoire russe et renoncer à l’envoi de Mirage. Plus largement, les conditions de l’aide militaire doivent être rediscutées et soumises à la construction d’une solution politique concrète et urgente.
La France doit prendre le parti de la paix et de la résolution politique du conflit, non celui de l’engrenage de la guerre. Elle doit relayer les propositions de paix qui émanent, tant du gouvernement allemand que de pays comme la Chine et le Brésil. Il n’y aura pas de solution militaire. L’heure est aux négociations de cessez-le-feu pour une paix juste et durable en Ukraine et en Europe.
Le Parlement doit être saisi en urgence des dangers que fait courir à toute l’Europe et au monde les nouvelles escalades en cours.
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF
L’Assemblée nationale se penche mardi sur la stratégie française d’aide à l’Ukraine, lors d’un débat suivi d’un vote symbolique, qui va surtout servir de confrontation entre la majorité, le Rassemblement national et La France insoumise, cela à trois mois des élections européennes.
“Pour le RN, face à la Russie, toutes les mollesses, toutes les faiblesses sont bonnes”, avait lancé le Premier ministre Gabriel Attal samedi lors d’un meeting à Lille, donnant ainsi le ton probable au Palais-Bourbon mardi. Les oppositions ont condamné à plusieurs reprises les récentes sorties du président Macron, qui n’exclut pas l’envoi de troupes au sol en Ukraine et ne veut “aucune limite” dans le soutien à Kiev. Une posture “inquiétante” pour Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), invité du Grand Rendez-vous Europe 1/CNews/Les Échos. “Je pense qu’il fait des coups de menton avec un langage guerrier, mais que lui-même ne croit pas un seul instant que la France va s’engager là-dedans”, a-t-il glissé.
Emmanuel Macron cherche-t-il à instrumentaliser la guerre en Ukraine à des fins de politique intérieure ? Oui, d’après le secrétaire national du PCF. “Il agite un contrefeu, une manière de détourner l’attention des Français sur ce conflit et pendant ce temps-là, c’est la catastrophe en France. La situation sociale est déplorable, le pouvoir d’achat des Français fond comme neige au soleil et il n’y a aucune réponse qui est apportée, que ce soit pour les agriculteurs, pour les salariés, pour nos services publics. C’est une manière pour lui d’endosser des habits de chef de guerre tout en menant une guerre sociale qui fait beaucoup de mal à notre pays”, a assuré Fabien Roussel.
“J’ai le sentiment qu’il se prend pour le chef d’État américain Bush en 2003. Nous n’avons pas besoin en France d’un Bush. Nous n’avons pas besoin en France d’un chef militaire, nous avons besoin d’une coalition pour la paix, et de ramener la paix en Europe”, a-t-il tranché.
Concernant l’accord de sécurité franco-ukrainien du 16 février examiné mardi à l’Assemblée, Fabien Roussel l’assure, “si le discours du Premier ministre reprend les éléments qu’il y a dans le traité que Monsieur Macron a signé avec Volodymyr Zelensky, nous voterons contre”.
“Ce traité dit plusieurs choses. Il dit notamment que l’Ukraine doit rentrer dans l’OTAN. C’est une provocation, c’est une bêtise. Et d’ailleurs l’Ukraine ne rentrera jamais dans l’OTAN parce que ça fera partie des discussions. L’autre chose, c’est qu’il est écrit dedans ‘un soutien militaire sans limite ‘ […] aujourd’hui, nous franchissons un cap dangereux pour l’avenir de l’Europe et pour la paix en Europe et nous ne voulons pas franchir ce cap. Pour nous, parti de la paix, c’est comme si on assassinait une deuxième fois Jean Jaurès. Nous sommes à l’aube d’une escalade militaire dangereuse”, a assuré le député du Nord.
L’accord franco-ukrainien, conclu pour une durée de dix ans, comprend un renforcement de la coopération militaire, en particulier dans les domaines de l’artillerie et de la défense aérienne. En 2024, Paris promet de fournir “jusqu’à 3 milliards d’euros de soutien supplémentaire”, un financement que pourraient interroger les oppositions alors que le gouvernement vient d’annoncer une série de coupes budgétaires.
Invité du Grand Rendez-vous Europe 1/CNews/Les Échos ce dimanche, Fabien Roussel indique que le Parti communiste français prendra certainement une initiative mardi, celle d’appeler l’ensemble des concitoyens à se mobiliser et à exprimer le rejet d’aller plus loin dans la guerre. “Et pourquoi pas nous rassembler partout en France devant les monuments aux morts, de venir faire une veillée. Nous serons ce que nous serons, mais nous devons faire briller les bougies de la paix, dire stop à la guerre et faire en sorte que l’on pousse et que l’on mette la pression sur le président de la République”, a-t-il conclu. Après l’Assemblée, un débat similaire se tiendra au Sénat mercredi.