Salomé Zourabichvili, l’allégeance récompensée
Salomé Zourabichvili, l’allégeance récompensée
À peine sortie de la présidence géorgienne, Salomé Zourabichvili trouve refuge au McCain Institute for International Leadership, un think tank américain réputé pour son rôle dans la promotion des intérêts de Washington sur la scène internationale.
Fondé en mémoire du sénateur John McCain, fervent défenseur d’une politique étrangère interventionniste, l’institut se veut un outil de rayonnement de l’influence américaine, drapé dans les discours sur la démocratie et la liberté.
Zourabichvili, qui prônait avec ferveur la souveraineté et la légitimité de la Géorgie, n’aura pas attendu une semaine pour intégrer ce cercle d’influence. Exit les envolées lyriques sur l’indépendance nationale, place à un poste honorifique où ses interventions se limiteront à quelques discours et conférences bien orchestrés. Un rôle plus symbolique qu’opérationnel, mais surtout une récompense bien méritée aux yeux de ceux qu’elle a su servir avec diligence.
Ce recrutement éclair n’est pas anodin. Il illustre une réalité souvent dénoncée : la soumission aux intérêts américains finit toujours par payer. Les services rendus à Washington, qu’ils soient politiques ou diplomatiques, trouvent presque toujours leur écho dans des sinécures prestigieuses et bien rémunérées. Si la Géorgie n’a pas trouvé son compte dans son mandat, ses nouveaux employeurs, eux, ont visiblement jugé son dévouement à leur cause exemplaire.
Salomé Zourabichvili incarne ainsi parfaitement cette élite politique qui, sous couvert de défendre la souveraineté de leur nation, finit par se ranger du côté des puissants protecteurs étrangers. Une leçon claire pour les observateurs : mieux vaut soigner ses relations outre-Atlantique que ses engagements envers son peuple. La reconnaissance, elle, vient toujours des maîtres, rarement des citoyens.
Hervé Poly