Comment peut-on porter le développement massif des éoliennes et
des panneaux photovoltaïques, en connaissant la réalité de ces
moyens de production intermittents avec un faible rendement ?
Il y
a besoin de voir la réalité en face, une éolienne ou un panneau
photovoltaïque ne sont pas une énergie renouvelable, ce sont des
moyens de production, c’est le vent ou le soleil qui sont
renouvelables et sont une énergie.
Ces
moyens de production ont été utilisés pour la déréglementation
et la libéralisation du secteur électrique dans le monde. La
France n’a pas innové, elle a utilisé les mêmes moyens pour leur
développement ;
subvention publique pour la construction des parcs solaires ou
éoliens, politique du rachat de la production électrique à des
niveaux bien supérieurs aux coûts réel de production par
l’entreprise publique, avec bien sur la privatisation ou le
démantèlement du service public de l’électricité.
Pour
argumenter, deux exemples de pays, le Maroc pour son
ensoleillement et le potentiel de vent, et le Québec Etat du
canada possédant encore un service public où l’ouverture du
marché n’est pas encore complètement réalisée.
Le Maroc, un marché
libéralisé et un fort potentiel solaire et éolien
Au
Maroc, le marché de l’électricité a été ouvert. L’ONE
(Office National de l’Electricité) n’assure plus que 21,4% de la
production, mais reste le distributeur et le fournisseur, avec
obligation de rachat de toutes les productions.
En
2021, la production électrique atteint 41,26 TWh, dont 8,83 TWh
par l’ONE, qui n’assure donc que 21,4 %
de la production ;
le privé contribue pour 78,6 %.
En
2021, le parc éolien marocain a atteint une puissance de 1 466
MW, soit 13,4 %
de la puissance totale du parc électrique marocain, La
production d’énergie éolienne s’élève en 2021 à 3,8 TWh
contribuant à hauteur de 11,9% au volume d’énergie injectée au
niveau du réseau, le taux de charge est de 29,6%.
Le
parc solaire marocain a atteint une puissance de
831MW, soit 7,6% La production
d’énergie solaire atteint quant à elle 1,88TWh sur la période,
contribuant à 4,4% au volume de l’énergie injectée au niveau du
réseau de transport, le taux de charge est 25%.
Les
émissions de CO2/ KWh sont autour des
750 gr, la moyenne de Europe est de 320gr CO2/
KWh ( le France est autour des 40 gr suivant le %
de production nucléaire).
Un constat, malgré des conditions climatiques
très favorables au Maroc, les taux de charges des
ENR intermittentes et non pilotables
ne dépasse pas les 30%.
Le
taux de charge (ou facteur de charge) correspond au %
de la production produite par un moyen de production par rapport
à ce qu’elle aurait produit sans arrêt à sa puissance nominale
pendant 1 an. Avec un tel taux de charge on ne peut pas assurer
un accès à l’électricité pour tous 24h/24h sans avoir des moyens
pilotables produisant pour compenser l’intermittence et ce
faible taux de production. Les seuls moyens de production bas
carbone existants sont l’hydraulique ou et les centrales
thermiques nucléaires. C’est un constat sans appel même pour les
pays avec un taux ENR important. Tous
les pays ayant choisit de limiter leur moyens de production
pilotable, hydraulique ou nucléaire, et ayant un taux important
des ENR ont des émissions de
CO2/KWh bien supérieures à 150gr et
donc sont loin d’avoir une électricité bas carbone répondant aux
enjeux climatiques de baisse des émissions de gaz à effet de
serre.
L’irradiation solaire au Maroc est exceptionnel, en moyenne 2
200 kWh/m2 par jour. En
France, elle est en moyenne de 1 274 kWh/m² et le taux de charge
du solaire en France est de 12,4%.
Pour décarboner son électricité et sortir des énergies fossiles
pétrole charbon et gaz, le Maroc envisage la construction de
centrales nucléaires pour avoir dans son mix de production, une
part importante de moyens pilotables et de fortes capacités de
production. Évidement, c’est ce qui reste du service public qui
doit faire l’investissement lourd avec un retour sur
investissement long.
Constat, comme dans l’ensemble des pays dits
développés, la construction et l’exploitation des centrales
éoliennes et solaires sont privées et financées par des
subventions publiques avec une garantie de rachat.
Autre constat, c’est le service public qui a contribué à
l’électrification rurale avec la construction de réseaux. Le
taux d’accès est passé de 18% en 1995 à 99,88% à fin 2023, grâce
au Programme d’électrification rurale global (PERG),
réalisé par l’Office national de l’électricité et de l’eau
potable (ONEE).
Le Québec, un
service public et un fleuve immense
Le
mix électrique au Québec est composé à 94% hydraulique, 5%
éolien, et 0,6% biomasse, le solaire représentant moins de 0,1%.
Hydro-Québec, entreprise publique nationale, produit 94%
d’électricité par l’hydraulique. C’est une entreprise nationale
de l’Etat du Québec, une entreprise intégrée, production,
transport, distribution, commercialisation.
L’éolien alimente des réseaux autonomes.
Le
prix du Kwh pour l’usager est un des moins élevé du monde, 6,483
cents de dollars le kilowattheure jusqu’à 1 200 kilowattheures
par mois, puis 9,857 cents de dollars pour le reste de l’énergie
consommée.
Les
émissions de CO2/KWh sont autour des
10 gr de Co2/KWh. Le Québec ne connaît pas de précarité
énergétique et à une interdiction de coupure de l’électricité.
L’Etat du Québec reste le seul de toute l’Amérique du Nord avec
un monopole public de l’électricité. Depuis plus d’une décennie
le gouvernement Québécois poussé par le gouvernement du canada
et par les lobbyistes des éoliens essaye d’ouvrir le marché et
de privatiser le secteur.
Ce
qui pourrait être drôle, les arguments avancés par la commission
européenne en 1996 - la concurrence fera baisser les prix et
permettra grâce au développement des éoliennes et des panneaux
photovoltaïque, la baisse des émissions de
CO2 - sont les mêmes avancés par des libéraux et même des
écolos Québecois.
A
l’heure actuelle, le gouvernement souhaite privatiser
Hydro-Québec, pour introduire de la concurrence. Notez que la
concurrence ne souhaite pas faire la distribution ni le
transport, comme en France. Le gouvernement affirme que la
concurrence fera baisser les prix et les émissions de
CO2 avec le développement de l’éolien,
que ce sera bon pour les usagers !
Le gouvernement propose l’obligation d’achat de
l’électricité produite par le privé pour Hydro-Québec, et lui
imposerait l’obligation de vendre une partie de sa production
hydraulique à la concurrence. Exactement ce qui a été fait en
France et la grande majorité des pays Européens.
Cela
permet de voir la supercherie du discours des
ENR ?
Car au Quebec, il n’y a pas de nucléaire !
L’éolien ne fera pas baisser les émissions de
CO2/Kwh. D’après le GIEC, les
éoliennes émettent plus de CO2/KWh que
l’hydraulique !
Le but de l’éolien au Québec n’est pas de faire baisser les prix
aux usagers, mais bien d’engranger des profits pour les sociétés
éoliennes et leurs actionnaires, grâce à l’obligation de rachat
supérieur au coûts de production hydraulique.
Qui
soutient ce projet ?
évidement les libéraux mais aussi les écolos qui sont opposés au
barrage hydraulique et sont favorables à la privatisation de
l’électricité comme en Europe.
Le
SCFP, (Syndicat de la Fonction Public
du Canada) dont est adhérent le syndicat d’Hydro-Québec mène une
campagne importante contre le projet, avec l’aide d’associations
citoyennes, et des forces politiques, mais la bataille est rude
avec toujours manipulations et mensonges des médias aux ordres
du pouvoir et de l’idéologie de la concurrence.
Attention que ce développement massif des éoliennes et des
panneaux photovoltaïque ne conduisent pas à plus
d’individualistes et à terme ne conduisent pas à des délestages
notamment des plus pauvres, remettant en cause le droit à
l’accès à l’électricité 24h/24h et 7J/7J.
Voilà un petit éclairage sur le développement de l’éolien dans
le monde et les objectifs des sociétés éoliennes.
Gilles Pereyron