Le Maroc, un marché libéralisé et un fort potentiel solaire et éolien
Au Maroc, le marché de l’électricité a été ouvert. L’ONE (Office National de l’Electricité) n’assure plus que 21,4% de la production, mais reste le distributeur et le fournisseur, avec obligation de rachat de toutes les productions.
En 2021, la production électrique atteint 41,26 TWh, dont 8,83 TWh par l’ONE, qui n’assure donc que 21,4 % de la production ; le privé contribue pour 78,6 %.
En 2021, le parc éolien marocain a atteint une puissance de 1 466 MW, soit 13,4 % de la puissance totale du parc électrique marocain, La production d’énergie éolienne s’élève en 2021 à 3,8 TWh contribuant à hauteur de 11,9% au volume d’énergie injectée au niveau du réseau, le taux de charge est de 29,6%.
Le parc solaire marocain a atteint une puissance de 831MW, soit 7,6% La production d’énergie solaire atteint quant à elle 1,88TWh sur la période, contribuant à 4,4% au volume de l’énergie injectée au niveau du réseau de transport, le taux de charge est 25%.
Les émissions de CO2/ KWh sont autour des 750 gr, la moyenne de Europe est de 320gr CO2/ KWh ( le France est autour des 40 gr suivant le % de production nucléaire).
Un constat, malgré des conditions climatiques très favorables au Maroc, les taux de charges des ENR intermittentes et non pilotables ne dépasse pas les 30%.
Le taux de charge (ou facteur de charge) correspond au % de la production produite par un moyen de production par rapport à ce qu’elle aurait produit sans arrêt à sa puissance nominale pendant 1 an. Avec un tel taux de charge on ne peut pas assurer un accès à l’électricité pour tous 24h/24h sans avoir des moyens pilotables produisant pour compenser l’intermittence et ce faible taux de production. Les seuls moyens de production bas carbone existants sont l’hydraulique ou et les centrales thermiques nucléaires. C’est un constat sans appel même pour les pays avec un taux ENR important. Tous les pays ayant choisit de limiter leur moyens de production pilotable, hydraulique ou nucléaire, et ayant un taux important des ENR ont des émissions de CO2/KWh bien supérieures à 150gr et donc sont loin d’avoir une électricité bas carbone répondant aux enjeux climatiques de baisse des émissions de gaz à effet de serre.
L’irradiation solaire au Maroc est exceptionnel, en moyenne 2
200 kWh/m2 par jour. En
France, elle est en moyenne de 1 274 kWh/m² et le taux de charge
du solaire en France est de 12,4%.
Pour décarboner son électricité et sortir des énergies fossiles
pétrole charbon et gaz, le Maroc envisage la construction de
centrales nucléaires pour avoir dans son mix de production, une
part importante de moyens pilotables et de fortes capacités de
production. Évidement, c’est ce qui reste du service public qui
doit faire l’investissement lourd avec un retour sur
investissement long.
Constat, comme dans l’ensemble des pays dits développés, la construction et l’exploitation des centrales éoliennes et solaires sont privées et financées par des subventions publiques avec une garantie de rachat.
Autre constat, c’est le service public qui a contribué à l’électrification rurale avec la construction de réseaux. Le taux d’accès est passé de 18% en 1995 à 99,88% à fin 2023, grâce au Programme d’électrification rurale global (PERG), réalisé par l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE).
Le Québec, un service public et un fleuve immense
Le mix électrique au Québec est composé à 94% hydraulique, 5% éolien, et 0,6% biomasse, le solaire représentant moins de 0,1%.
Hydro-Québec, entreprise publique nationale, produit 94% d’électricité par l’hydraulique. C’est une entreprise nationale de l’Etat du Québec, une entreprise intégrée, production, transport, distribution, commercialisation.
L’éolien alimente des réseaux autonomes.
Le prix du Kwh pour l’usager est un des moins élevé du monde, 6,483 cents de dollars le kilowattheure jusqu’à 1 200 kilowattheures par mois, puis 9,857 cents de dollars pour le reste de l’énergie consommée.
Les émissions de CO2/KWh sont autour des 10 gr de Co2/KWh. Le Québec ne connaît pas de précarité énergétique et à une interdiction de coupure de l’électricité.
L’Etat du Québec reste le seul de toute l’Amérique du Nord avec un monopole public de l’électricité. Depuis plus d’une décennie le gouvernement Québécois poussé par le gouvernement du canada et par les lobbyistes des éoliens essaye d’ouvrir le marché et de privatiser le secteur.
Ce qui pourrait être drôle, les arguments avancés par la commission européenne en 1996 - la concurrence fera baisser les prix et permettra grâce au développement des éoliennes et des panneaux photovoltaïque, la baisse des émissions de CO2 - sont les mêmes avancés par des libéraux et même des écolos Québecois.
A l’heure actuelle, le gouvernement souhaite privatiser Hydro-Québec, pour introduire de la concurrence. Notez que la concurrence ne souhaite pas faire la distribution ni le transport, comme en France. Le gouvernement affirme que la concurrence fera baisser les prix et les émissions de CO2 avec le développement de l’éolien, que ce sera bon pour les usagers !
Le gouvernement propose l’obligation d’achat de l’électricité produite par le privé pour Hydro-Québec, et lui imposerait l’obligation de vendre une partie de sa production hydraulique à la concurrence. Exactement ce qui a été fait en France et la grande majorité des pays Européens.
Cela permet de voir la supercherie du discours des ENR ? Car au Quebec, il n’y a pas de nucléaire ! L’éolien ne fera pas baisser les émissions de CO2/Kwh. D’après le GIEC, les éoliennes émettent plus de CO2/KWh que l’hydraulique ! Le but de l’éolien au Québec n’est pas de faire baisser les prix aux usagers, mais bien d’engranger des profits pour les sociétés éoliennes et leurs actionnaires, grâce à l’obligation de rachat supérieur au coûts de production hydraulique.
Qui soutient ce projet ? évidement les libéraux mais aussi les écolos qui sont opposés au barrage hydraulique et sont favorables à la privatisation de l’électricité comme en Europe.
Le SCFP, (Syndicat de la Fonction Public du Canada) dont est adhérent le syndicat d’Hydro-Québec mène une campagne importante contre le projet, avec l’aide d’associations citoyennes, et des forces politiques, mais la bataille est rude avec toujours manipulations et mensonges des médias aux ordres du pouvoir et de l’idéologie de la concurrence.
Attention que ce développement massif des éoliennes et des panneaux photovoltaïque ne conduisent pas à plus d’individualistes et à terme ne conduisent pas à des délestages notamment des plus pauvres, remettant en cause le droit à l’accès à l’électricité 24h/24h et 7J/7J.
Voilà un petit éclairage sur le développement de l’éolien dans le monde et les objectifs des sociétés éoliennes.
Gilles Pereyron