La production électrique de la Chine bat des records

Depuis une dizaine d’années, Michael Barnard, prospectiviste du climat, consacre son temps à projeter des scénarios de décarbonation pour les 40 à 80 prochaines années. Dans ce cadre, il observe une croissance exponentielle de la production d’électricité en Chine, et stagnante aux États-Unis.

L’auteur étudie notamment les trajectoires de production électrique et d’intensité carbone (quantité de CO2 émise pour chaque Kilowattheure d’énergie électrique produit) entre 2010 et aujourd’hui entre la Chine et les USA.

L’explosion des énergies renouvelables en Chine

On remarque que la production électrique de la Chine a quasiment doublé en 13 ans, ce qui confirme le développement économique du pays, mais aussi l’électrification massive de toutes ses activités, notamment les transports. D’autre part, l’intensité carbone de l’électricité chinoise a baissé dans des termes voisins de celle des USA, ce qui contredit l’idée souvent véhiculée que le développement chinois est basé sur une exploitation massive du charbon. La réalité est différente. La Chine investit massivement dans l’hydraulique, l’éolien et le photovoltaïque. Pour les USA, la baisse est principalement due au remplacement du charbon par le gaz, moins émetteur de CO2, mais émetteur quand même.

Cela ne signifie pas que la Chine ne produit pas d’électricité à partir du charbon, mais il faut nuancer sur plusieurs aspects. La Chine construit désormais beaucoup plus de centrales renouvelables qu’au charbon et les fermetures de centrales à charbon, notamment à faible rendement, ont été beaucoup plus nombreuses que l’on ne pensait. De son côté, l’amélioration des émissions aux États-Unis est presque entièrement due au passage au gaz.

Dans les faits, la Chine électrifie beaucoup plus rapidement que les USA, notamment dans les transports. La Chine dispose de systèmes de transports en commun massifs et électrifiés dans toutes ses villes, dont environ 700.000 bus électriques, alors que dans la plupart des villes américaines, les transports en commun sont plus faibles et fonctionnent au diesel. D’autre part, la Chine compte plus de 500.000 camions électriques sur ses routes, là où les États-Unis ne font que commencer.

Une amélioration des émissions de CO2 constante

Concernant les voies ferrées, l’empire du milieu dispose de 44.000 Km de voies à grande vitesse pour le transport de passagers. Il ne faut pas oublier que la Chine est de très loin le plus grand marché mondial de véhicules électriques de toutes tailles.

Enfin, compte tenu de la grande efficacité des voies d’accès à l’énergie renouvelable et à l’électricité, la Chine se dirige vers un point de basculement où ses émissions de carbone pour son économie vont diminuer rapidement. Si, pour la Chine, les émissions vont très vite chuter, celles États-Unis va décroître très lentement.

Hervé Poly , Liberté Actus

Idéologie et expérience, le cas des énergies renouvelables électriques...

Comment peut-on porter le développement massif des éoliennes et des panneaux photovoltaïques, en connaissant la réalité de ces moyens de production intermittents avec un faible rendement ?

Il y a besoin de voir la réalité en face, une éolienne ou un panneau photovoltaïque ne sont pas une énergie renouvelable, ce sont des moyens de production, c’est le vent ou le soleil qui sont renouvelables et sont une énergie.

Ces moyens de production ont été utilisés pour la déréglementation et la libéralisation du secteur électrique dans le monde. La France n’a pas innové, elle a utilisé les mêmes moyens pour leur développement ; subvention publique pour la construction des parcs solaires ou éoliens, politique du rachat de la production électrique à des niveaux bien supérieurs aux coûts réel de production par l’entreprise publique, avec bien sur la privatisation ou le démantèlement du service public de l’électricité.

Pour argumenter, deux exemples de pays, le Maroc pour son ensoleillement et le potentiel de vent, et le Québec Etat du canada possédant encore un service public où l’ouverture du marché n’est pas encore complètement réalisée.

Le Maroc, un marché libéralisé et un fort potentiel solaire et éolien

Au Maroc, le marché de l’électricité a été ouvert. L’ONE (Office National de l’Electricité) n’assure plus que 21,4% de la production, mais reste le distributeur et le fournisseur, avec obligation de rachat de toutes les productions.

En 2021, la production électrique atteint 41,26 TWh, dont 8,83 TWh par l’ONE, qui n’assure donc que 21,4 % de la production ; le privé contribue pour 78,6 %.

En 2021, le parc éolien marocain a atteint une puissance de 1 466 MW, soit 13,4 % de la puissance totale du parc électrique marocain, La production d’énergie éolienne s’élève en 2021 à 3,8 TWh contribuant à hauteur de 11,9% au volume d’énergie injectée au niveau du réseau, le taux de charge est de 29,6%.

Le parc solaire marocain a atteint une puissance de 831MW, soit 7,6% La production d’énergie solaire atteint quant à elle 1,88TWh sur la période, contribuant à 4,4% au volume de l’énergie injectée au niveau du réseau de transport, le taux de charge est 25%.

Les émissions de CO2/ KWh sont autour des 750 gr, la moyenne de Europe est de 320gr CO2/ KWh ( le France est autour des 40 gr suivant le % de production nucléaire).

Un constat, malgré des conditions climatiques très favorables au Maroc, les taux de charges des ENR intermittentes et non pilotables ne dépasse pas les 30%.

Le taux de charge (ou facteur de charge) correspond au % de la production produite par un moyen de production par rapport à ce qu’elle aurait produit sans arrêt à sa puissance nominale pendant 1 an. Avec un tel taux de charge on ne peut pas assurer un accès à l’électricité pour tous 24h/24h sans avoir des moyens pilotables produisant pour compenser l’intermittence et ce faible taux de production. Les seuls moyens de production bas carbone existants sont l’hydraulique ou et les centrales thermiques nucléaires. C’est un constat sans appel même pour les pays avec un taux ENR important. Tous les pays ayant choisit de limiter leur moyens de production pilotable, hydraulique ou nucléaire, et ayant un taux important des ENR ont des émissions de CO2/KWh bien supérieures à 150gr et donc sont loin d’avoir une électricité bas carbone répondant aux enjeux climatiques de baisse des émissions de gaz à effet de serre.

L’irradiation solaire au Maroc est exceptionnel, en moyenne 2 200 kWh/m2 par jour. En France, elle est en moyenne de 1 274 kWh/m² et le taux de charge du solaire en France est de 12,4%.
Pour décarboner son électricité et sortir des énergies fossiles pétrole charbon et gaz, le Maroc envisage la construction de centrales nucléaires pour avoir dans son mix de production, une part importante de moyens pilotables et de fortes capacités de production. Évidement, c’est ce qui reste du service public qui doit faire l’investissement lourd avec un retour sur investissement long.

Constat, comme dans l’ensemble des pays dits développés, la construction et l’exploitation des centrales éoliennes et solaires sont privées et financées par des subventions publiques avec une garantie de rachat.

Autre constat, c’est le service public qui a contribué à l’électrification rurale avec la construction de réseaux. Le taux d’accès est passé de 18% en 1995 à 99,88% à fin 2023, grâce au Programme d’électrification rurale global (PERG), réalisé par l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE).

Le Québec, un service public et un fleuve immense

Le mix électrique au Québec est composé à 94% hydraulique, 5% éolien, et 0,6% biomasse, le solaire représentant moins de 0,1%.

Hydro-Québec, entreprise publique nationale, produit 94% d’électricité par l’hydraulique. C’est une entreprise nationale de l’Etat du Québec, une entreprise intégrée, production, transport, distribution, commercialisation.

L’éolien alimente des réseaux autonomes.

Le prix du Kwh pour l’usager est un des moins élevé du monde, 6,483 cents de dollars le kilowattheure jusqu’à 1 200 kilowattheures par mois, puis 9,857 cents de dollars pour le reste de l’énergie consommée.

Les émissions de CO2/KWh sont autour des 10 gr de Co2/KWh. Le Québec ne connaît pas de précarité énergétique et à une interdiction de coupure de l’électricité.

L’Etat du Québec reste le seul de toute l’Amérique du Nord avec un monopole public de l’électricité. Depuis plus d’une décennie le gouvernement Québécois poussé par le gouvernement du canada et par les lobbyistes des éoliens essaye d’ouvrir le marché et de privatiser le secteur.

Ce qui pourrait être drôle, les arguments avancés par la commission européenne en 1996 - la concurrence fera baisser les prix et permettra grâce au développement des éoliennes et des panneaux photovoltaïque, la baisse des émissions de CO2 - sont les mêmes avancés par des libéraux et même des écolos Québecois.

A l’heure actuelle, le gouvernement souhaite privatiser Hydro-Québec, pour introduire de la concurrence. Notez que la concurrence ne souhaite pas faire la distribution ni le transport, comme en France. Le gouvernement affirme que la concurrence fera baisser les prix et les émissions de CO2 avec le développement de l’éolien, que ce sera bon pour les usagers !

Le gouvernement propose l’obligation d’achat de l’électricité produite par le privé pour Hydro-Québec, et lui imposerait l’obligation de vendre une partie de sa production hydraulique à la concurrence. Exactement ce qui a été fait en France et la grande majorité des pays Européens.

Cela permet de voir la supercherie du discours des ENR ? Car au Quebec, il n’y a pas de nucléaire ! L’éolien ne fera pas baisser les émissions de CO2/Kwh. D’après le GIEC, les éoliennes émettent plus de CO2/KWh que l’hydraulique ! Le but de l’éolien au Québec n’est pas de faire baisser les prix aux usagers, mais bien d’engranger des profits pour les sociétés éoliennes et leurs actionnaires, grâce à l’obligation de rachat supérieur au coûts de production hydraulique.

Qui soutient ce projet ? évidement les libéraux mais aussi les écolos qui sont opposés au barrage hydraulique et sont favorables à la privatisation de l’électricité comme en Europe.

Le SCFP, (Syndicat de la Fonction Public du Canada) dont est adhérent le syndicat d’Hydro-Québec mène une campagne importante contre le projet, avec l’aide d’associations citoyennes, et des forces politiques, mais la bataille est rude avec toujours manipulations et mensonges des médias aux ordres du pouvoir et de l’idéologie de la concurrence.

Attention que ce développement massif des éoliennes et des panneaux photovoltaïque ne conduisent pas à plus d’individualistes et à terme ne conduisent pas à des délestages notamment des plus pauvres, remettant en cause le droit à l’accès à l’électricité 24h/24h et 7J/7J.

Voilà un petit éclairage sur le développement de l’éolien dans le monde et les objectifs des sociétés éoliennes.

Gilles Pereyron

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