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Iran. Quand la guerre éclair se transforme en guerre d’usure

L’offensive américano-israélienne lancée fin février contre l’Iran devait démontrer la supériorité technologique occidentale. Moins de deux semaines après le début de l’opération « Epic Fury », le scénario initial semble pourtant s’inverser.

Au lieu d’une campagne rapide, Washington et Tel-Aviv se retrouvent engagés dans un conflit d’attrition où la stratégie iranienne consiste d’abord à aveugler les systèmes de défense avant de frapper les infrastructures militaires. Derrière l’intensité des frappes apparaît, une fois encore, que la guerre moderne se joue autant dans l’information et l’industrie que sur le champ de bataille.

La première phase de la stratégie iranienne consiste à cibler ce que les stratèges appellent le niveau sensoriel de la guerre moderne. Radars d’alerte avancée, stations de suivi balistique et centres de commandement constituent l’ossature du système de défense antimissile américain et israélien.

Plusieurs de ces équipements ont été frappés au cours des premiers jours du conflit. Des radars stratégiques installés dans le Golfe — au Qatar ou à Bahreïn — auraient été neutralisés, tandis que plusieurs systèmes liés aux batteries THAAD auraient été endommagés. Or ces capteurs constituent la première étape du processus d’interception. Sans détection fiable, les missiles Patriot ou THAAD deviennent largement inefficaces.

Cette approche marque une rupture doctrinale. Plutôt que de saturer les défenses par des vagues massives de missiles, l’Iran semble chercher à rendre la défense myope. Quelques frappes sur des radars rares et coûteux peuvent désorganiser l’ensemble d’un dispositif.

La conséquence est double. D’une part, l’efficacité des systèmes antimissiles diminue. D’autre part, les stocks d’intercepteurs sont consommés à un rythme très élevé pour compenser l’incertitude sur les trajectoires ennemies.

Dans le même temps, Téhéran s’efforce d’améliorer sa propre capacité de ciblage. Le soutien technologique et informationnel de la Chine et, dans une moindre mesure, de la Russie joue ici un rôle déterminant.

Le système de navigation BeiDou-3 offrirait aux missiles iraniens une précision importante, tandis que l’imagerie satellitaire commerciale à haute résolution permettrait de suivre en temps quasi réel les déploiements militaires occidentaux. Des capteurs radar de nouvelle génération capables de détecter des appareils furtifs renforceraient également les capacités de surveillance iraniennes.

Autrement dit, pendant que les capteurs occidentaux sont fragilisés, l’Iran améliore sa propre vision du champ de bataille.

Ce déséquilibre informationnel ouvre la voie à une seconde phase : la neutralisation progressive des bases militaires qui structurent la présence américaine au Moyen-Orient.

Les installations d’Al-Udeid au Qatar, pivot des opérations aériennes américaines, ou le quartier général de la cinquième flotte à Bahreïn constituent des cibles stratégiques évidentes. Côté israélien, les bases aériennes et les centres logistiques deviennent également des objectifs potentiels dans un conflit appelé à s’intensifier.

Au-delà de la dimension militaire, la dynamique actuelle révèle un problème structurel pour Washington. La guerre moderne oppose de plus en plus des systèmes extrêmement coûteux à des armes relativement bon marché. Un drone ou un missile iranien peut coûter quelques dizaines de milliers de dollars, alors que l’intercepteur chargé de l’abattre peut valoir plusieurs millions. Cette asymétrie économique crée un effet d’usure.

Plus le conflit dure, plus la question centrale devient la capacité industrielle à produire radars, missiles et munitions en quantité suffisante. Or certains composants critiques — comme le gallium utilisé dans l’électronique avancée — sont dominés par la Chine, ce qui complique la reconstitution rapide des équipements détruits.

Dans ces conditions, la bataille pourrait progressivement se déplacer des cieux du Moyen-Orient vers les chaînes d’approvisionnement industrielles.

L’histoire militaire montre que les guerres d’attrition ne se gagnent pas seulement par la technologie, mais par la capacité à soutenir l’effort dans la durée.

Si la stratégie iranienne consiste effectivement à rendre le coût du conflit insoutenable pour ses adversaires, alors l’opération « Epic Fury » pourrait bien marquer le début d’un affrontement plus long et plus incertain que prévu.

Le soutien informationnel chinois constitue l’un des éléments les plus sensibles du conflit. Le système de navigation BeiDou-3, équivalent chinois du GPS, offre non seulement une précision militaire de quelques mètres, mais aussi une capacité de communication bidirectionnelle permettant d’envoyer des instructions aux missiles ou drones en vol. Cette fonctionnalité permettrait de modifier les trajectoires ou de corriger les frappes en fonction des informations reçues sur les défenses adverses.

En complément, la Chine déploie également des moyens de renseignement maritime. Le navire Liaowang-1, spécialisé dans l’interception électronique et la surveillance spatiale, opère dans les eaux internationales au large d’Oman. Sa mission consiste à capter les signaux radar, les communications et les mouvements aéronavals américains dans la région.

Ces informations peuvent ensuite être transmises en temps réel aux partenaires de Pékin, notamment à l’Iran. Dans une guerre où l’information est devenue aussi décisive que la puissance de feu, cette capacité à voir le champ de bataille avant l’adversaire pourrait peser lourd dans l’évolution du conflit.

 Hervé Poly , Liberté Actus

13 335 millionnaires ne payent aucun impôt sur le revenu : Amélie de Montchalin a-t-elle menti ?

Une note de Bercy le confirme : en France, plusieurs milliers de millionnaires ne payent aucun impôt sur le revenu, contrairement à ce qu’affirmait Amélie de Montchalin en janvier. Éric Coquerel, président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, dénonce une rétention d’informations.

C’est un sacré pavé dans la mare que vient de lancer Bercy (ministère de l’économie). Dans une note transmise par l’administration aux sénateurs Claude Raynal (PS) et Jean-François Husson (LR), respectivement président et rapporteur général de la commission des Finances au Sénat, les fonctionnaires confirment que les très riches ne payent pas d’impôt. Suite...

Cyprien Boganda, l'Humanité.

Il n’y a pas d’Affaire Epstein

Il n’y a pas d’Affaire Epstein. Epstein n’est qu’un symbole. Scandaleux, certes, par sa dimension immorale, criminelle même, mais c’est un « simple » témoignage de la décadence d’un système – le capitalisme mondialisé – où le fric gouverne tout, la vie publique comme la vie privée, dans une confusion cynique et violente.

Si « l’Affaire Epstein » n’était qu’une affaire de pédocriminalité et de concussion, sa mort – assez trouble – le 10 août 2019 dans sa cellule à l’unité spéciale d’isolement, un mois après avoir été incarcéré, aurait relevé du fait divers et conduit à la clôture du dossier. Qu’elle ressurgisse avec tant de force, sept ans plus tard, est la preuve qu’il ne s’agit pas d’une simple affaire criminelle.

Dans un article de 1850 qui sera repris par Engels en 1895, lorsqu’il publie, au nom de Marx, Les luttes de classe en France, Marx écrivait : « Pendant que l’aristocratie financière dictait les lois, dirigeait la gestion de l’État, disposait de tous les pouvoirs publics constitués, dominait l’opinion publique par la force des faits et par la presse, dans toutes les sphères, depuis la cour jusqu’au café borgne se reproduisait la même prostitution, la même tromperie éhontée, la même soif de s’enrichir, non point par la production, mais par l’escamotage de la richesse d’autrui déjà existante. C’est notamment aux sommets de la société bourgeoise que l’assouvissement des convoitises les plus malsaines et les plus déréglées se déchaînait, et entrait à chaque instant en conflit avec les lois bourgeoises elles-mêmes, car c’est là où la jouissance devient crapuleuse, là où l’or, la boue et le sang s’entremêlent que tout naturellement la richesse provenant du jeu cherche sa satisfaction. L’aristocratie financière, dans son mode de gain comme dans ses jouissances, n’est pas autre chose que la résurrection du lumpenprolétariat dans les sommets de la société bourgeoise ».

La situation d’aujourd’hui n’est guère différente. Mais les rapports de force ont changé. En pleine décadence, de celles qu’un Luchino Visconti aurait pu mettre en scène à l’instar des Damnés, de Louis II de Bavière ou du Guépard, le capitalisme ne peut cacher ses turpitudes. S’il ne peut cacher le scandale, il lui faut le gérer et pourquoi pas à son profit.

Alors, on déverse sur le public, des milliers de pièces d’archives ; on offre en pâture aux médias qui n’attendent que ça, des centaines de noms. Les « élites » en tremblent dans tout l’Occident. Et cette peur qui court n’est pas une conséquence, c’est le but !

Les États-Unis ont perdu leur hégémonie mondiale. Ils ne peuvent même plus lancer des guerres comme par le passé.

Trump est passé maître dans les coups de théâtre. Ce ne sont plus des coups d’État. Ils restent le plus souvent sans lendemain : Venezuela, Iran, Groenland…C’est dangereux, c’est odieux, c’est scandaleux. Oui, mais ce n’est plus Arcole et encore moins Austerlitz.

Sans les médias aux ordres qui racontent l’histoire qu’on leur dit de raconter, loin, très loin de la vérité, tout ça relèverait du grand spectacle, celui qu’on offre avant que le rideau tombe. Définitivement !

Les États-Unis ont besoin de la servilité des États et des gens. L’Affaire Epstein est là pour cela.

Elle va sans doute durer longtemps, à coups de révélations, de dénonciations, dans un grand bluff où l’on joue sur la forme jamais sur le fond ; où l’on affirme tout dire pour cacher l’essentiel. Epstein est mort avant de parler, sans doute pour qu’il ne parle pas. Mais son cadavre est bien utile. On peut tout faire dire à un cadavre. Avant qu’il ne se taise pour l’éternité.

Bernard Frederick , Liberté Actus.

L'impossible mort de Joseph Staline

Il y a bientôt 70 ans, le 24 février 1956, les représentants des « partis frères » au XXᵉ Congrès du PCUS, étaient invités à quitter la salle et à laisser les délégués soviétiques, seuls, à entendre le rapport de Nikita Khrouchtchev sur le « culte de la personnalité de Staline », le fameux « rapport secret ».

« Le passé est, par définition, un donné que rien ne modifiera plus. Mais la connaissance du passé est une chose en progrès, qui sans cesse se transforme et se perfectionne ». Marc Bloch, Apologie pour l’histoire ou métier d’historien 

Khrouchtchev et ses amis pensaient alors enterrer Staline définitivement. On sait qu’il n’en fut rien. Bien que le nom du Vojd (guide) ait été banni ; que les rues, places et même des villes portant son nom aient été débaptisées, à commencer par la légendaire Stalingrad, renommée Volgograd, le personnage rôde toujours dans l’histoire, celle de l’Union soviétique et celle de la Russie d’aujourd’hui.

Très peu d’historiens, pas plus que les responsables politiques, qu’ils aient été amis d’hier ou ennemis de toujours, se sont posé la question. Une « légende noire » (Domenico Losurdo) s’est imposée qui a tenté d’emporter avec l’homme l’histoire de l’Union soviétique et celle du communisme.

Mais, comme le soulignait le cofondateur de l’École historique française des Annales, le grand Marc Bloch, « Jamais, en un mot, un phénomène historique ne s’explique pleinement en dehors de l’étude de son moment. Cela est vrai de toutes les étapes de l’évolution. De celle où nous vivons comme des autres. Le proverbe arabe l’a dit avant nous : “Les hommes ressemblent plus à leur temps qu’à leurs pères.” Pour avoir oublié cette sagesse orientale, l’étude du passé s’est parfois discréditée ».

Heureusement, certains paraissent avoir suivi les recommandations de Bloch et se sont intéressés à l’histoire vraie plutôt qu’à la légende. Suite...

Décidément, non, ce n’est pas la fin de l’histoire !

Bernard Frederick, Liberté Actus.

 

La crise iranienne et la crise vénézuélienne se télescopent et ce n’est probablement pas un hasard. Sur la situation du Venezuela, la tendance qui se dégage maintenant clairement est que la réussite militaire de l’opération tactique ne change pas fondamentalement la situation stratégique. Le pouvoir constitutionnel vénézuélien est en place, et ne s’est pas fissuré. Le pays fonctionne. Nicolas Maduro et Cilia Flores préparent leur défense face à un dossier juridique qui semble se décomposer sur place. Trump lui-même a été obligé de balayer l’opposition d’extrême-droite, cheval de bataille habituel de l’impérialisme en reconnaissant qu’ils « ne représentent rien au Venezuela ». Il a également été contraint de réunir les entreprises US pour les convaincre de préparer un plan d’investissement massif, et s’est entendu répondre par certaines que « ce sont vos sanctions qui nous ont obligées à quitter le Venezuela ». Les négociations (qui étaient déjà en cours avec Maduro) pour le retour des investissements US au Venezuela se poursuivent et rien de vraiment concret n’indique que l’enlèvement du président vénézuélien en exercice a fondamentalement amélioré la marge de manœuvre des USA. Si cette tendance se confirme, l’opération pourrait même rapidement affaiblir la position du bloc impérialiste US hier hégémonique, aujourd’hui divisé et en situation de liquidation progressive. Suite...

 

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