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La « diplomatie économique » : un pilier essentiel de la guerre hybride ouverte des Etats-Unis (Common Dreams)

Il ne s'agit certainement ni de diplomatie ni de coercition. C'est une guerre menée par des moyens économiques, le tout visant à provoquer une crise économique et des troubles sociaux susceptibles d'entraîner la chute d’un gouvernement.

John Maynard Keynes a écrit, dans son ouvrage célèbre Les Conséquences économiques de la paix (1919), : 

« Il n’existe pas de moyen plus subtil ni plus sûr de renverser les fondements mêmes de la société que de pervertir la monnaie. Ce processus mobilise toutes les forces occultes des lois économiques au service de la destruction, et ce, d’une manière que personne sur un million n’est capable de déceler. »

Les États-Unis ont perfectionné cet art de la destruction en instrumentalisant le dollar et en recourant à des sanctions économiques et à des politiques financières pour provoquer l’effondrement des monnaies des pays ciblés. Le 19 janvier, nous avons publié «  La guerre hybride américano-israélienne contre l’Iran  » , décrivant comment les États-Unis et Israël mènent des guerres hybrides contre le Venezuela et l’Iran au moyen d’une stratégie coordonnée de sanctions économiques, de coercition financière, de cyberopérations, de subversion politique et de guerre de l’information. 

Cette guerre hybride a été conçue pour déstabiliser les monnaies iranienne et vénézuélienne afin de provoquer des troubles internes et, à terme, un changement de régime.

Le 20 janvier, soit un jour seulement après la publication de notre article, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a publiquement confirmé, sans réserve, sans excuses ni ambiguïté, que notre description correspond bien à la politique officielle des États-Unis.

« Il est grand temps que les nations du monde prennent conscience du comportement économique débridé des États-Unis... Cette anarchie est illégale, irresponsable, nuisible, déstabilisatrice et, en fin de compte, inefficace pour atteindre les objectifs des États-Unis, et encore moins les objectifs mondiaux. »

Lors d’une interview à Davos , le secrétaire Bessent a expliqué en détail comment les sanctions du Trésor américain visaient délibérément à provoquer l’effondrement de la monnaie iranienne, à paralyser son système bancaire et à pousser la population iranienne dans la rue. Il s’agit d’une campagne de « pression maximale » destinée à priver l’Iran d’accès aux systèmes financiers, commerciaux et de paiement internationaux.

Bessent a expliqué :

« Le président Trump a ordonné au Trésor et à l’OFAC (Office of Foreign Assets Control), notre division chargée du contrôle des avoirs étrangers, d’exercer une pression maximale sur l’Iran. Et cela a fonctionné, car en décembre, leur économie s’est effondrée. Nous avons vu une grande banque faire faillite ; la banque centrale a commencé à imprimer de la monnaie. Il y a une pénurie de dollars. Ils ne peuvent plus importer de marchandises, et c’est pourquoi la population est descendue dans la rue. »

Voici la chaîne causale explicite par laquelle les sanctions américaines ont provoqué l’effondrement de la monnaie et la défaillance du système bancaire.

Cette instabilité monétaire a entraîné des pénuries d’importations et des difficultés économiques, provoquant les troubles. Bessent a conclu en qualifiant les actions des États-Unis de « diplomatie économique » et l’effondrement économique de l’Iran d’évolution « positive ».

« Il s’agit donc d’une politique économique menée sans effusion de sang, et les choses évoluent de manière très positive ici. »

Ce que décrit le secrétaire Bessent n’est évidemment pas de la « politique économique » au sens traditionnel du terme. Il s’agit d’une guerre menée par des moyens économiques, le tout visant à provoquer une crise économique et des troubles sociaux susceptibles d’entraîner la chute du gouvernement. Et c’est cela que l’on qualifie fièrement de « politique économique ».

Les souffrances humaines causées par une guerre ouverte et par des sanctions économiques écrasantes ne sont pas si différentes qu’on pourrait le croire. L’effondrement économique engendre des pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant, tout en détruisant l’épargne, les pensions, les salaires et les services publics. 

L’effondrement économique délibéré plonge les populations dans la pauvreté , la malnutrition et la mort prématurée, tout comme la guerre ouverte.

Ce schéma de souffrance résultant des sanctions américaines est bien documenté. Une étude marquante publiée dans The Lancet par Francisco Rodríguez et ses collègues montre que les sanctions sont significativement associées à une forte augmentation de la mortalité, les effets les plus marqués étant observés pour les sanctions unilatérales, économiques et américaines, avec un bilan global comparable à celui des conflits armés.

Ce type de guerre économique viole les principes fondamentaux du droit international et la Charte des Nations Unies . Les sanctions unilatérales imposées en dehors de l’autorité du Conseil de sécurité de l’ONU, en particulier lorsqu’elles visent à causer des souffrances aux populations civiles, sont illégales. 

La guerre hybride ne se soustrait pas au droit international en évitant les bombardements (bien que les États-Unis et Israël aient également bombardé illégalement l’Iran, bien sûr). L’illégalité de la « politique économique » américaine s’applique non seulement à l’Iran et au Venezuela, mais aussi à des dizaines d’autres pays victimes des sanctions américaines.

L’Europe a peut-être commencé à comprendre que la complicité dans les crimes économiques américains n’est pas une solution, puisque le gouvernement Trump se retourne désormais contre l’Europe de la même manière, mais avec des droits de douane plutôt que des sanctions.

Trump a menacé l’Europe de droits de douane si elle refusait de céder le Groenland aux États-Unis, avant de lever cette menace, au moins temporairement. Lorsqu’il a « invité » la France à rejoindre son Conseil de la paix, il a menacé d’imposer une taxe de 200 % sur le vin français en cas de refus. Et ainsi de suite.

Les États-Unis peuvent mener ce type de guerre économique globale car le dollar est la monnaie clé du système financier mondial.

Si les pays tiers ne se conforment pas aux sanctions américaines contre l’Iran et le Venezuela, les États-Unis menacent d’imposer des sanctions aux banques de ces pays tiers, notamment pour les exclure des règlements en dollars (connus sous le nom de système SWIFT).

De cette manière, les États-Unis appliquent leurs sanctions à des pays qui, autrement, seraient ravis de continuer à commercer avec les pays que les États-Unis tentent de mener à l’effondrement économique.

Si les sanctions américaines engendrent la misère à court terme, leur utilisation incessante incite rapidement d’autres économies à se libérer de l’emprise financière américaine. 

Les pays BRICS, et bien d’autres, développent leurs échanges commerciaux internationaux dans leurs propres monnaies, créant ainsi des alternatives au dollar américain et évitant de ce fait les sanctions. La capacité des États-Unis à imposer des sanctions financières et commerciales à d’autres pays diminuera bientôt, probablement de façon brutale dans les années à venir.

Il est grand temps que les nations du monde prennent conscience des agissements économiques déloyaux des États-Unis. Ces derniers mènent une guerre économique d’une intensité croissante, tout en la qualifiant de « stratégie économique d’État ». 

Cette anarchie est illégale, imprudente, nuisible, déstabilisatrice et, en fin de compte, inefficace pour atteindre les objectifs de l’Amérique, et encore moins les objectifs mondiaux.

L’Europe a fermé les yeux jusqu’à présent. Peut-être que maintenant qu’elle est elle aussi menacée, elle se réveillera et se joindra au reste du monde pour mettre un terme aux agissements effrontés et illégaux des États-Unis.

Jeffrey D. Sachs, Sybil Fares

L'impossible mort de Joseph Staline

Il y a bientôt 70 ans, le 24 février 1956, les représentants des « partis frères » au XXᵉ Congrès du PCUS, étaient invités à quitter la salle et à laisser les délégués soviétiques, seuls, à entendre le rapport de Nikita Khrouchtchev sur le « culte de la personnalité de Staline », le fameux « rapport secret ».

« Le passé est, par définition, un donné que rien ne modifiera plus. Mais la connaissance du passé est une chose en progrès, qui sans cesse se transforme et se perfectionne ». Marc Bloch, Apologie pour l’histoire ou métier d’historien 

Khrouchtchev et ses amis pensaient alors enterrer Staline définitivement. On sait qu’il n’en fut rien. Bien que le nom du Vojd (guide) ait été banni ; que les rues, places et même des villes portant son nom aient été débaptisées, à commencer par la légendaire Stalingrad, renommée Volgograd, le personnage rôde toujours dans l’histoire, celle de l’Union soviétique et celle de la Russie d’aujourd’hui.

Très peu d’historiens, pas plus que les responsables politiques, qu’ils aient été amis d’hier ou ennemis de toujours, se sont posé la question. Une « légende noire » (Domenico Losurdo) s’est imposée qui a tenté d’emporter avec l’homme l’histoire de l’Union soviétique et celle du communisme.

Mais, comme le soulignait le cofondateur de l’École historique française des Annales, le grand Marc Bloch, « Jamais, en un mot, un phénomène historique ne s’explique pleinement en dehors de l’étude de son moment. Cela est vrai de toutes les étapes de l’évolution. De celle où nous vivons comme des autres. Le proverbe arabe l’a dit avant nous : “Les hommes ressemblent plus à leur temps qu’à leurs pères.” Pour avoir oublié cette sagesse orientale, l’étude du passé s’est parfois discréditée ».

Heureusement, certains paraissent avoir suivi les recommandations de Bloch et se sont intéressés à l’histoire vraie plutôt qu’à la légende.

C’est le cas de Geoffrey Roberts avec La Bibliothèque de Staline : Un despote et ses livres, de Staline et la guerre de Constantin Simonov ou du formidable Staline Histoire et critique d’une légende noire, du philosophe marxiste italien Domenico Losurdo, un ouvrage devenu introuvable que les Éditions de la Librairie Tropiques ont eu la très bonne idée de republier l’été dernier. 

Tous ces auteurs se tiennent très loin de l’hagiographie mais très loin aussi de la pratique « de juge des Enfers, chargé de distribuer aux héros morts l’éloge ou le blâme ». Tout ce que détestait Marc Bloch.

En ce qui concerne la Bibliothèque de Staline, je me permets de renvoyer à ma recension pour le site La Faute à Diderot.

S’agissant de Staline et la guerre de Constantin Simonov, dont l’œuvre entière est consacrée à la Grande Guerre patriotique, l’appellation russe pour la guerre de 1941-1945, l’ouvrage vaut surtout par les entretiens de l’auteur avec les principaux maréchaux soviétiques vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale : Joukov, Koniev, Vassilievski. Tous ont vécu la guerre proche de Staline et témoignent de son rôle aux antipodes du portrait qu’en fit Khrouchtchev en 1956 quand il affirmait que Vojd dressait ses plans de campagne sur une mappemonde.

« Dès le début de la guerre, note Joukov, par exemple, Staline montra du talent dans les questions stratégiques (…) son intelligence et son talent lui ont permis d’assimiler si bien l’art opérationnel qu’en convoquant les commandants de front et en discutant avec eux des questions relatives à la mise en œuvre des opérations, il se révélait parfois plus compétent qu’eux ».

Dans Staline Histoire et critique d’une légende noire, Losurdo fait œuvre d’historien tout autant que de philosophe. C’est le matérialisme historique qu’il convoque pour critiquer (démolir ?) la légende noire du « démon » du Kremlin dont, selon lui, le « rapport secret » est la cause.

Dans une lettre au journal italien Liberazione, datée de 2009, le philosophe marxiste français André Tosel expliquait : « La méthode de Losurdo combine deux approches dont la légitimité théorique me paraît éprouvée. D’une part, il contextualise de manière permanente les choix politiques intérieurs et extérieurs qui se présentent dans l’histoire se faisant. D’autre part, il use d’une comparaison constante entre les pratiques de l’URSS et celles des démocraties occidentales, non pour relativiser et minimiser la violence stalinienne mais pour la comprendre en relation avec ce qu’était la violence en son présent ».

On se souvient que Louis Althusser estimait le « concept » de « culte de la personnalité », « introuvable » dans le marxisme. Losurdo le démontre à son tour. Et sa démonstration est salvatrice alors que nous avons tant de mal à nous dégager du chaos politique et théorique dans lequel le « rapport secret » a plongé le mouvement ouvrier international, a contrario de ce que fut la critique du maoïsme par le Parti communiste chinois et Deng Xiao Ping.

Car, pour en revenir à Marc Bloch : « L’erreur sur la cause se prolongeant donc ici, comme il arrive presque nécessairement, en faute de thérapeutique, l’ignorance du passé ne se borne pas à nuire à la connaissance du présent ; elle compromet, dans le présent, l’action même ». Effet boomerang, pourrait-on dire.

Avec l’opération militaire spéciale lancée en 2022 par la Russie en Ukraine et vite devenue une guerre entre celle-ci et l’OTAN des analogies réelles ou fantasmées entre ce conflit et celui qui opposa l’URSS à l’Allemagne nazie se sont développées. Tout y concourt : l’identification de la direction ukrainienne et d’une partie de ses soutiens nationalistes aux nazis et surtout les lieux de la bataille qui sont ceux de la Grande Guerre patriotique : Kharkov, Kherson, Odessa, Koursk, Donetsk …

Rien d’étonnant à ce que vienne planer sur tout cela l’ombre de Staline. L’été dernier, le 19ème congrès du KPRF a adopté une résolution reconnaissant le rapport Khrouchtchev sur le culte de la personnalité de Joseph Staline comme « erroné et politiquement biaisé ». Enlevé du métro de Moscou dans les années soixante, à la station TaganskaÏa le bas-relief « Gratitude du peuple au chef et commandant », vient d’y être rétabli ; l’aéroport de Volgograd a été autorisé à prendre le nom de Stalingrad tandis que de plus en plus de voix s’élèvent pour qu’il en soit définitivement ainsi pour toute la ville.

Décidément, non, ce n’est pas la fin de l’histoire !

Bernard Frederick, Liberté Actus.

 

La crise iranienne et la crise vénézuélienne se télescopent et ce n’est probablement pas un hasard. Sur la situation du Venezuela, la tendance qui se dégage maintenant clairement est que la réussite militaire de l’opération tactique ne change pas fondamentalement la situation stratégique. Le pouvoir constitutionnel vénézuélien est en place, et ne s’est pas fissuré. Le pays fonctionne. Nicolas Maduro et Cilia Flores préparent leur défense face à un dossier juridique qui semble se décomposer sur place. Trump lui-même a été obligé de balayer l’opposition d’extrême-droite, cheval de bataille habituel de l’impérialisme en reconnaissant qu’ils « ne représentent rien au Venezuela ». Il a également été contraint de réunir les entreprises US pour les convaincre de préparer un plan d’investissement massif, et s’est entendu répondre par certaines que « ce sont vos sanctions qui nous ont obligées à quitter le Venezuela ». Les négociations (qui étaient déjà en cours avec Maduro) pour le retour des investissements US au Venezuela se poursuivent et rien de vraiment concret n’indique que l’enlèvement du président vénézuélien en exercice a fondamentalement amélioré la marge de manœuvre des USA. Si cette tendance se confirme, l’opération pourrait même rapidement affaiblir la position du bloc impérialiste US hier hégémonique, aujourd’hui divisé et en situation de liquidation progressive. Suite...

Socialisme, démocratie et système politique à parti unique

Un système politique à parti unique est un État de droit légitime et n'est pas une dictature, contrairement à l'amalgame systématique que font les partisans du libéralisme politique et économique pour dénigrer le socialisme.

Il existe actuellement cinq pays officiellement socialistes dans le monde, qui sont tous dirigés par un parti unique, ou placé institutionnellement au pouvoir, ce qui revient presque au même. Cela ne signifie pas que ces pays ne sont pas des démocraties. Ce sont : Cuba, La RPD de Corée, la RP de Chine, le Viet Nam, et le Laos.

On a toujours martelé l’accusation : les communistes seraient les fossoyeurs de la liberté.

Et en effet, ils sont les fossoyeurs de la liberté du capital, des capitalistes, de leurs agents et des hommes et des femmes dont ils ont lessivés le cerveau. Et cela en fait les défenseurs presque exclusifs de la liberté réelle dans ce monde sur-aliéné à l'argent, à la marchandise et au spectacle .

La liberté, pour reprendre la rigoureuse définition de Friedrich Engels, c'est la conscience de ce qui doit être fait nécessairement, et non le droit d'ignorer superbement autrui en faisant tout ce qu'on veut (tout ce qu'on a fait vouloir par le marketing et l'aliénation de classe), ou de scandaliser pour se faire remarquer par les puissants.

Dans la société bourgeoise, loin que la liberté de l’individu s’arrête aux bornes de celle d’autrui, comme l’affirme la déclaration des droits de l’homme, la liberté illimitée de l’argent y écrase complètement la liberté d’autrui.

Si on veut la démocratie, il faut l’imposer aux minorités qui accaparent la puissance politique : successivement les nobles, puis les riches. Sinon, on n’en aura que l’apparence.

Il ne faut pas confondre démocratie, et régime d’assemblée. Même la démocratie étymologique, celle de Périclès, à Athènes, au Vème siècle avant Jésus Christ, où l’assemblée du peuple était toute puissante, était fondée sur la guerre, l’impérialisme et l’esclavage, et n’en était pas une au sens actuel.

Tant que les partis communistes ont revendiqué et défendu le système de parti unique qui prévalait dans les pays socialistes, ils ont été de puissantes forces politiques sures de leur légitimité, des contre-pouvoirs démocratiques efficaces dans les pays capitalistes, et des bornes posées par la classe ouvrière à la dictature du capital sur ces pays. Les peuples occidentaux comprenaient très bien qu'il était consistant et logique pour un pays socialiste d'interdire aux représentants du capital sous ses formes diverses de briguer le retour au pouvoir. Mais dès que ces partis ont accepté de se soumettre à l’État de droit tel qu’il est étroitement défini par le libéralisme politique leur puissance s’est évaporée comme par enchantement.

Les pays qui se revendiquent du socialisme méritent le titre quand ils empêchent les capitalistes étrangers ou à domicile de jouer tout rôle politique !

Gilles Questiaux.

Pourquoi la Chine est-elle en train de gagner ? Le théorème de Dan Wang

 En deux ans, Pékin a produit autant de ciment que les États-Unis en un siècle.

La Chine de Xi nous pose une question fondamentale : comment est-il possible de construire autant et aussi vite ?

Pour Dan Wang, face à l’État d’avocats du modèle américain,

le Parti communiste chinois a inventé une nouvelle formule : le gouvernement des ingénieurs.

JOB et CRESUS

Pauvre comme Job, référence biblique, et riche comme Crésus, référence populaire. Il y a quelques jours furent publiés deux rapports qui pourraient illustrer ces deux personnages.

Le premier est le rapport annuel du Secours catholique, qui s’appuie sur trente années d’observation des situations de pauvreté multiples et singulières vécues par les 2,7 millions de ménages accueillis par eux entre 1994 et 2024.

En 2024, le niveau de vie médian des ménages accueillis est de 565 euros. Le taux d’extrême pauvreté a augmenté de 11 points entre 2017 et 2023. Le pourcentage de foyers vivant sous le seuil de pauvreté s’établit aujourd’hui à 15,4 %. Évidemment, les premières victimes de la pauvreté des parents restent les enfants. La situation empire donc et les réformes successives de l’assurance chômage depuis 2021 ont plongé un grand nombre de personnes, hier protégées, dans du chômage non indemnisé ou dans l’inactivité.

À l’autre bout du spectre, c’est grâce à une étude de l’INSEE publiée la semaine dernière que nous pouvons constater que le revenu des 0,1 les plus fortunés a plus que doublé en 20 ans et encore davantage depuis 2017… Les réformes de M. Macron n’y sont pas pour rien.

Ainsi, entre 2003 et 2022, les revenus moyens des 0,1 % des foyers fiscaux les plus riches, c’est-à-dire des personnes déclarant à l’administration fiscale plus de 463 000 euros par an, ont augmenté 2,6 fois plus vite que ceux du reste des Français. En effet, Manu n’y est pas étranger : en cinq ans, les revenus des 0,1 % les plus riches ont grimpé de plus de 51%, contre 44,7 % de hausse sur les quinze années précédentes.

Emmanuel Macron, accélérateur d’inégalités sociales. Lui qui dénonça un jour le « pognon de dingue » que l’État dépense pour les combattre, devrait savoir, comme l’a récemment rappelé la Cour des comptes, que sans redistribution, le taux de pauvreté en France s’élèverait non pas à 15,4 % mais à 21,7 %.

Ni Job, ni Crésus, une vie digne !

Eric Bocquet, Liberté Actus.

 

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