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        Ce que nous sommes.....                                                                                                   Dernière mise à jour : 20/03/2026

La chasse d’eau de l’Histoire

L’hyperpuissance US prend l’eau

Pendant trente ans, les États-Unis n’ont pas seulement dominé le monde, ils ont prétendu clore l’Histoire. L’hyperpuissance devait être définitive, la suprématie irréversible, l’ordre mondial stabilisé sous pavillon étoilé. Puis vint la plomberie.

Le fleuron de la US Navy, le porte-avions nucléaire USS Gerald R. Ford, 100 000 tonnes d’acier et 13 milliards de dollars de projection de puissance, immobilisé en Méditerranée orientale pour des problèmes sanitaires. Oui, sanitaires.

Et comme si cela ne suffisait pas, un incendie majeur en mer Rouge est venu rappeler que même les géants brûlent de l’intérieur. Pendant plus de trente heures, les équipes ont lutté pour contenir le sinistre, tandis que des centaines de marins perdaient leurs quartiers de vie.

L’empire qui observe la planète depuis l’orbite terrestre peine à évacuer ses propres eaux usées et à contenir ses propres flammes.

L’armada qui attend le plombier

Positionné au large de l’Iran, le Gerald R. Ford devait envoyer un message de puissance : présence, dissuasion, domination. Le message est parti. Mais il a pris l’eau. Entre escales techniques et maintenance d’urgence, la projection de puissance dépend soudain d’infrastructures locales. Une armada qui attend le plombier impressionne moins qu’elle n’intrigue.

Cet arrêt affaiblit-il la posture américaine ? Retarde-t-il une escalade potentielle ? Incident banal ou symptôme d’une mécanique sous tension ? Officiellement, tout fonctionne. Symboliquement, tout fuit.

Pendant ce temps, en mer de Chine, à des milliers de kilomètres, on observe sans bruit une flotte US qui court d’un théâtre à l’autre, sur des cycles opérationnels étirés, avec des stocks entamés par des engagements indirects et des guerres par procuration. Conclusion implicite : rien ne presse.

Quand une puissance doit être partout, elle s’use partout. Quand elle veut tout dissuader, elle disperse sa force. Quand elle démontre sa puissance, elle expose ses limites. La patience stratégique est parfois l’arme la plus redoutable.

La ruse terminale de l’Histoire

Depuis la révolution industrielle, une constante s’impose : la puissance durable repose sur la maîtrise des forces productives. On peut dominer militairement. On peut rayonner financièrement. On peut influencer culturellement. Mais lorsqu’une puissance perd sa base industrielle, elle entame le socle matériel de sa domination.

Les centres de gravité se déplacent toujours vers ceux qui produisent, construisent et innovent à grande échelle. L’histoire économique moderne n’a jamais fait exception.

On affirme encore que les États-Unis disposent d’une supériorité technologique et d’alliances sans équivalent. Peut-être. Mais une flotte sursollicitée, des chantiers saturés, des équipages épuisés et des systèmes en maintenance permanente évoquent moins la maîtrise que l’effort continu pour préserver l’image de la maîtrise.

Les empires ne s’effondrent pas toujours sous les coups d’un rival. Ils s’érodent dans leurs contradictions. Les États-Unis voulaient écrire l’Histoire. Ils affirmaient même en avoir signé la fin. Mais l’Histoire, elle, préfère les cycles. Ce n’est pas la panne qui compte. Tous les navires connaissent des incidents. C’est le symbole : le navire amiral du monde occidental immobilisé par ses propres canalisations — et fragilisé jusque dans ses entrailles — pendant qu’il prétend régenter la planète.

Pendant que l’empire colmate, le monde se réorganise. Pendant qu’il gesticule, d’autres construisent. Pendant qu’il proclame sa puissance, la gravité rappelle ses lois. Les empires tombent rarement sous les missiles. Ils se dissolvent dans leurs illusions. Et lorsque le navire amiral commence à fuir, ce n’est pas l’ennemi qui gagne mais le temps. Et lui ne répare rien.

 Hervé Poly , Liberté Actus

13 335 millionnaires ne payent aucun impôt sur le revenu : Amélie de Montchalin a-t-elle menti ?

Une note de Bercy le confirme : en France, plusieurs milliers de millionnaires ne payent aucun impôt sur le revenu, contrairement à ce qu’affirmait Amélie de Montchalin en janvier. Éric Coquerel, président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, dénonce une rétention d’informations.

C’est un sacré pavé dans la mare que vient de lancer Bercy (ministère de l’économie). Dans une note transmise par l’administration aux sénateurs Claude Raynal (PS) et Jean-François Husson (LR), respectivement président et rapporteur général de la commission des Finances au Sénat, les fonctionnaires confirment que les très riches ne payent pas d’impôt. Suite...

Cyprien Boganda, l'Humanité.

Il n’y a pas d’Affaire Epstein

Il n’y a pas d’Affaire Epstein. Epstein n’est qu’un symbole. Scandaleux, certes, par sa dimension immorale, criminelle même, mais c’est un « simple » témoignage de la décadence d’un système – le capitalisme mondialisé – où le fric gouverne tout, la vie publique comme la vie privée, dans une confusion cynique et violente.

Si « l’Affaire Epstein » n’était qu’une affaire de pédocriminalité et de concussion, sa mort – assez trouble – le 10 août 2019 dans sa cellule à l’unité spéciale d’isolement, un mois après avoir été incarcéré, aurait relevé du fait divers et conduit à la clôture du dossier. Qu’elle ressurgisse avec tant de force, sept ans plus tard, est la preuve qu’il ne s’agit pas d’une simple affaire criminelle.

Dans un article de 1850 qui sera repris par Engels en 1895, lorsqu’il publie, au nom de Marx, Les luttes de classe en France, Marx écrivait : « Pendant que l’aristocratie financière dictait les lois, dirigeait la gestion de l’État, disposait de tous les pouvoirs publics constitués, dominait l’opinion publique par la force des faits et par la presse, dans toutes les sphères, depuis la cour jusqu’au café borgne se reproduisait la même prostitution, la même tromperie éhontée, la même soif de s’enrichir, non point par la production, mais par l’escamotage de la richesse d’autrui déjà existante. C’est notamment aux sommets de la société bourgeoise que l’assouvissement des convoitises les plus malsaines et les plus déréglées se déchaînait, et entrait à chaque instant en conflit avec les lois bourgeoises elles-mêmes, car c’est là où la jouissance devient crapuleuse, là où l’or, la boue et le sang s’entremêlent que tout naturellement la richesse provenant du jeu cherche sa satisfaction. L’aristocratie financière, dans son mode de gain comme dans ses jouissances, n’est pas autre chose que la résurrection du lumpenprolétariat dans les sommets de la société bourgeoise ».

La situation d’aujourd’hui n’est guère différente. Mais les rapports de force ont changé. En pleine décadence, de celles qu’un Luchino Visconti aurait pu mettre en scène à l’instar des Damnés, de Louis II de Bavière ou du Guépard, le capitalisme ne peut cacher ses turpitudes. S’il ne peut cacher le scandale, il lui faut le gérer et pourquoi pas à son profit.

Alors, on déverse sur le public, des milliers de pièces d’archives ; on offre en pâture aux médias qui n’attendent que ça, des centaines de noms. Les « élites » en tremblent dans tout l’Occident. Et cette peur qui court n’est pas une conséquence, c’est le but !

Les États-Unis ont perdu leur hégémonie mondiale. Ils ne peuvent même plus lancer des guerres comme par le passé.

Trump est passé maître dans les coups de théâtre. Ce ne sont plus des coups d’État. Ils restent le plus souvent sans lendemain : Venezuela, Iran, Groenland…C’est dangereux, c’est odieux, c’est scandaleux. Oui, mais ce n’est plus Arcole et encore moins Austerlitz.

Sans les médias aux ordres qui racontent l’histoire qu’on leur dit de raconter, loin, très loin de la vérité, tout ça relèverait du grand spectacle, celui qu’on offre avant que le rideau tombe. Définitivement !

Les États-Unis ont besoin de la servilité des États et des gens. L’Affaire Epstein est là pour cela.

Elle va sans doute durer longtemps, à coups de révélations, de dénonciations, dans un grand bluff où l’on joue sur la forme jamais sur le fond ; où l’on affirme tout dire pour cacher l’essentiel. Epstein est mort avant de parler, sans doute pour qu’il ne parle pas. Mais son cadavre est bien utile. On peut tout faire dire à un cadavre. Avant qu’il ne se taise pour l’éternité.

Bernard Frederick , Liberté Actus.

L'impossible mort de Joseph Staline

Il y a bientôt 70 ans, le 24 février 1956, les représentants des « partis frères » au XXᵉ Congrès du PCUS, étaient invités à quitter la salle et à laisser les délégués soviétiques, seuls, à entendre le rapport de Nikita Khrouchtchev sur le « culte de la personnalité de Staline », le fameux « rapport secret ».

« Le passé est, par définition, un donné que rien ne modifiera plus. Mais la connaissance du passé est une chose en progrès, qui sans cesse se transforme et se perfectionne ». Marc Bloch, Apologie pour l’histoire ou métier d’historien 

Khrouchtchev et ses amis pensaient alors enterrer Staline définitivement. On sait qu’il n’en fut rien. Bien que le nom du Vojd (guide) ait été banni ; que les rues, places et même des villes portant son nom aient été débaptisées, à commencer par la légendaire Stalingrad, renommée Volgograd, le personnage rôde toujours dans l’histoire, celle de l’Union soviétique et celle de la Russie d’aujourd’hui.

Très peu d’historiens, pas plus que les responsables politiques, qu’ils aient été amis d’hier ou ennemis de toujours, se sont posé la question. Une « légende noire » (Domenico Losurdo) s’est imposée qui a tenté d’emporter avec l’homme l’histoire de l’Union soviétique et celle du communisme.

Mais, comme le soulignait le cofondateur de l’École historique française des Annales, le grand Marc Bloch, « Jamais, en un mot, un phénomène historique ne s’explique pleinement en dehors de l’étude de son moment. Cela est vrai de toutes les étapes de l’évolution. De celle où nous vivons comme des autres. Le proverbe arabe l’a dit avant nous : “Les hommes ressemblent plus à leur temps qu’à leurs pères.” Pour avoir oublié cette sagesse orientale, l’étude du passé s’est parfois discréditée ».

Heureusement, certains paraissent avoir suivi les recommandations de Bloch et se sont intéressés à l’histoire vraie plutôt qu’à la légende. Suite...

Décidément, non, ce n’est pas la fin de l’histoire !

Bernard Frederick, Liberté Actus.

 

La crise iranienne et la crise vénézuélienne se télescopent et ce n’est probablement pas un hasard. Sur la situation du Venezuela, la tendance qui se dégage maintenant clairement est que la réussite militaire de l’opération tactique ne change pas fondamentalement la situation stratégique. Le pouvoir constitutionnel vénézuélien est en place, et ne s’est pas fissuré. Le pays fonctionne. Nicolas Maduro et Cilia Flores préparent leur défense face à un dossier juridique qui semble se décomposer sur place. Trump lui-même a été obligé de balayer l’opposition d’extrême-droite, cheval de bataille habituel de l’impérialisme en reconnaissant qu’ils « ne représentent rien au Venezuela ». Il a également été contraint de réunir les entreprises US pour les convaincre de préparer un plan d’investissement massif, et s’est entendu répondre par certaines que « ce sont vos sanctions qui nous ont obligées à quitter le Venezuela ». Les négociations (qui étaient déjà en cours avec Maduro) pour le retour des investissements US au Venezuela se poursuivent et rien de vraiment concret n’indique que l’enlèvement du président vénézuélien en exercice a fondamentalement amélioré la marge de manœuvre des USA. Si cette tendance se confirme, l’opération pourrait même rapidement affaiblir la position du bloc impérialiste US hier hégémonique, aujourd’hui divisé et en situation de liquidation progressive. Suite...

 

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