Le 15 octobre dernier, L’Humanité a
publié, sans s’en indigner le moins du monde, cette
information : « Ils ne sont pas
d’accord avec une candidature communiste et le font savoir.
Alternative communiste, réseau composé de personnes membres
ou non du PCF, et le collectif Nos révolutions ont présenté,
mardi 13 octobre, en présence du coordinateur de la France
insoumise Manuel Bompard un appel à faire “vivre une
campagne communiste pour Jean-Luc Mélenchon”. »
Et de préciser : « Au moment de la
présentation mardi, l’appel avait été signé par 1 600 personnes.
Ils sont désormais près de 2 000 signataires. Une très grande
majorité n’est pas ou n’est plus membre du PCF ou ne l’a jamais
été. Selon nos informations, mardi, seules 283 personnes étaient
adhérentes. » Parmi celles-ci, l’animateur d’Alternative
communiste, le maire PCF de Gennevilliers, Patrice Leclerc, qui
a annoncé la nouvelle le 13 octobre au côté de Bompard. Une
nouvelle qui a aussitôt réjoui Jean-Luc Mélenchon : « Merci
aux 1 600 communistes qui ont décidé d’entrer en campagne
présidentielle à nos côtés (…) Ils ouvrent la voie à d’autres
forces qui voudront dans ces conditions nous rejoindre à leur
tour », a-t-il écrit sur le réseau social X.
Donc, 283 membres du PCF entendent s’opposer aux
17 267 communistes qui ont voté pour la candidature de Fabien
Roussel à l’élection présidentielle (72,06 %) du 3 au 6
septembre dernier. Il pourrait d’ailleurs y en avoir plus, et il
y en aura sans doute plus et non des moindres, s’ils ont le
courage de sortir du bois. Mais ça ne change rien au fond :
cette prise de position est une violation caractérisée des
règles de fonctionnement du Parti communiste et d’ailleurs de
n’importe quel parti qui se respecte, on vient de le voir chez
les Verts avec le cas Yannick Jadot, suspendu du parti pour
cause de soutien à Glucksmann. C’est aussi un déni de démocratie
et n’ayons pas peur des mots : une trahison ! On s’étonnera – ou
pas – que L’Humanité ait consacré deux articles à cette
flagrante marque d’indiscipline (les 2 et 15 octobre) sans en
relever le caractère inacceptable. Car, en plus de ce que nous
avons écrit plus haut, le coup a été prémédité. Le 10 août
dernier, Leclerc accordait un entretien à la revue
Contretemps, proche de la mouvance trotskiste. À propos de
son positionnement, il disait : « Quant
à la décision collective d’Alternative communiste, elle reste à
discuter, on va regarder ce qui est le plus important et comment
avancer pour développer une utilité communiste dans le contexte.
Ces questions se poseront aussi aux élus communistes en
particulier. Ils et elles auront à mesurer si leur parole et
leurs actes les coupent ou pas des populations de leur ville.
Comment elles vont nous juger si on n’apparaît pas comme étant
celles et ceux qui permettent de se rassembler contre le
fascisme ? »
Qu’est-ce que cela veut dire ? C’est bien simple,
cela veut dire que tout ce petit monde (les élus) s’occupe de
sauver sa place en étant convaincu qu’il ne le peut qu’en allant
se prosterner devant Mélenchon. Si ça ne s’appelle pas de
l’opportunisme ça ! Dans une telle situation, que va faire la
direction communiste ? Beaucoup de militants en ont assez de ces
francs-tireurs qui à chaque occasion tournent le dos à la
majorité ou la remettent en cause. Dans n’importe quelle
organisation le fonctionnement démocratique est basé sur un
principe clair : on discute, puis on vote ; il y a une majorité
et une minorité ; la minorité s’incline. Partout, le manque de
respect de ce simple principe est sanctionné. Et donc…
Bernard Frederick , Liberté Actus.
La
danse du ventre de Roland
La discussion budgétaire vient de s’engager à
l’Assemblée nationale. Le moins que l’on puisse dire, c’est
que les choses s’engagent très mal pour le gouvernement. Au
moment où les besoins s’expriment aux quatre coins du pays :
lycéens, étudiants, agriculteurs, enseignants,
collectivités… pour ne citer que ces quelques secteurs, M. Lecornu
demande de réduire les dépenses publiques de 54 milliards
d’euros.
Ce projet de loi de finances est à contre-courant
total des besoins du pays. Le souci du pouvoir n’est plus depuis
longtemps de redonner de l’espoir au peuple mais par-dessus tout
de « rassurer les marchés financiers ».
Le quotidien Le Monde titrait le samedi 10
octobre dernier « La France sous la pression des marchés ».
On apprend ainsi que le ministre de l’Économie, M. Roland
Lescure, était à Londres quelques jours auparavant pour
« rassurer les acteurs de la City sur la trajectoire financière
de la France ». En effet, on le sait déjà, ce budget 2027
sera en déficit de 150 milliards environ, comme c’est le cas
depuis 1974. On sait aussi que notre pays réempruntera 340
milliards pour, d’une part, combler le déficit et, d’autre part,
rembourser les emprunts arrivant à terme.
M. le Ministre est allé encore plus loin dans sa
« danse du ventre » pour séduire nos créanciers. Il a
ainsi déclaré, je cite : « Nous ferons tout pour passer le
budget quoi qu’il en coûte ». Il faut donner des gages aux
marchés financiers et leur garantir le paiement de leurs juteux
intérêts : 91 milliards d’euros prévus !
De Gaulle dit un jour que la politique de la
France ne se faisait pas à la corbeille (la Bourse).
Aujourd’hui, cette politique ne se mène même plus à la Bourse
mais sur les marchés financiers.
La République est sous tutelle, le Parlement
bafoué. Il est temps de s’en libérer !
Le 17 octobre de toutes les colères par
Jakeline Boyer
17 octobre de toutes les
colères.
Parmi les raisons de
désespérer il y a le prix du carburant comme la dernière goutte de trop. Ces
millions de personnes qui ne peuvent ni travailler, ni se soigner, ni vivre
finalement sans leur voiture ont le plus souvent des revenus modestes.
Comment font ils ? Seront ils dans la rue ? En ont ils le loisir ?
Les grèves multiples et
incessantes des soignants, des pompiers, des magistrats, des personnels du
monde de l’éducation vont elles se prolonger ce 17 octobre en un vaste
mouvement puissant ?
La colère n’a d’égal qu’un
profond ressentiment à l’égard d’un pouvoir sourd et méprisant. Quelle que
soit sa force ce 17 octobre restera une étape décisive. Il dira bien le
refus des "forces vives" du pays de ne pas attendre une élection
présidentielle dont le cirque politique qu’elle suscite en souligne la
vacuité. D’autant que le pouvoir, lui, poursuit sans relâche sa politique de
destruction massive. De démolition systématique de ce qui fait notre pays.
Par exemple la volonté de guerre s’accompagne de l’attaque frontale
d’entreprises liées à la production d’armement. Les forges de Tarbes
fabriquent des pièces des canons César et sont "en grande difficulté", comme
on dit.
1- Je découvre les derniers
chiffres officiels 15 octobre : 8000 lycéens en GAV, garde à vue, en deux
semaines de leur mouvement. 86% ont entre 14 et18 ans.
Ce sont les résultats d’une
politique répressive associée plutôt à l’Amérique latine ou l’Afrique,
quelques coins d’Asie.
C'est une indication de ce
qu’est devenu notre pays.
Ça brûle partout, à Paris un
marché historique du Marais, 1613, inscrit au patrimoine mondial de
l’Unesco, a entièrement brûlé.
Il avait tout traversé
intact toute notre histoire sur des siècles. Incurie ou geste criminel, il
n’a pas survécu à la France de Macron.
2- Le même sort est réservé
au système éducatif. Pendant des décennies, le pouvoir s’est appliqué à
dénaturer le sens profond de l’éducation à la française : former des
citoyens et non des consommateurs aguerris à la concurrence. C'est de ça
dont ne veulent pas les lycéens. Un tel système obère leur avenir. Il était
symptomatique et rafraîchissant d’entendre une lycéenne, noire, ( je précise
car dans les premières analyses, de gauche, de ce mouvement il était dit que
c’était les lycéens " blancs", bobos, pas ceux "des quartiers"). Donc cette
lycéenne expliquait qu’on leur enseignait les rebelles Rimbaud, La Boétie,
Olympe de Gouges et on leur demande de ne pas se rebeller. Signe que le
système en a encore de beaux restes ! Le conscient collectif.
Obère leur avenir et celui
du pays. D’où cette répression qui a du sens, même si elle semble insensée.
Les risques de l’IA
L’Intelligence artificielle fait très vite ce qui nous
demande beaucoup de temps. Son impact est celui de la robotisation des
processus intellectuels. Alors que les ordinateurs ont bouleversé le
monde du travail pour les cols bleus, l’IA le bouleversera pour celui
des cols blancs. Dès à présent, nous assistons à une série de désastres,
non pas à cause des IA, mais à cause de ceux qui les manipulent. Nous
devons, non pas vérifier la qualité de nos IA, mais l’intelligence de
ceux qui leur font confiance.
Les intelligences artificielles ne
sont pas des cerveaux, mais des superordinateurs capables
d’absorber une quantité infinie de données. Ils sont dénués
d’émotions, d’intention et de volonté. Ils ne peuvent
modifier leur programme que pour lui ajouter de nouvelles
capacités ce calcul.
Suite...
Ce
qui est dérisoire jusqu'à
l'écœurement, c'est le laïus de ces
radoteurs qui assènent que les
jeunes ne reconnaissent plus
l'autorité, que tout le problème
vient de là, qu'il va falloir la
restituer cette autorité, que de
bons coups de pied au cul leur
feraient du bien à ces merdeux, que
les forces de l'ordre ont bien du
mérite, et j'en passe et des
meilleures de cette immonde coulée
verbale qui suinte de tous les trous
du capitalisme médiatique.
L'autorité bafouée,
vraiment ? Mais de quelle autorité
parlez-vous ? De celle de l'État ?
Il n'existe plus depuis longtemps,
cet Etat, sauf pour manier la
matraque, et encore pas contre
n'importe qui, contre des gamins
sans défense de préférence, pas
contre les casseurs qui ont mis leur
brassard de police dans leur poche !
L'autorité, c'est
celle de Macron, la call-girl de la
finance qui a ruiné notre pays,
vendu à l'encan les joyaux de son
industrie et saccagé ses services
publics, tout en ajoutant à ce sale
boulot de fossoyeur national un
souverain mépris pour les
travailleurs ? Cet imposteur de haut
vol, qui préfère financer la guerre
plutôt que donner les moyens dont
ils ont besoin à l'école, à
l'hôpital et aux pompiers ?
Eh oui, si le pays
fout le camp, et c'est bien vrai
qu'il part en quenouille, ce n'est
pas la faute des lycéens ou de de
LFI, c'est la faute de ses
dirigeants : ils ont saboté tout ce
que des décennies de luttes sociales
avaient permis d'obtenir, tout ce
qui faisait de la France une
République digne de ce nom.
Le macronisme, c'est
une entreprise de démolition à
grande échelle, un dynamitage en
règle de ce qui restait de lien
social... Et le pire c'est que la
clique répugnante dont il sert les
intérêts, cette grande bourgeoisie
qui se moque de la France comme
d'une guigne, a déjà prévu la
solution de rechange avec le RN, ce
ramassis d'arrivistes dirigé par un
clan familial kleptomane qui tient
en laisse un gigolo crétinisé par le
soralisme en guise d'attrape-mouches
électoral.
La manœuvre est
pourtant facile à voir tant c'est
cousu de fil blanc : quand les
jeunes réclament des lycées qui
fonctionnent, quand ils veulent des
perspectives d'avenir, le pouvoir
macronien, le RN et la cohorte des
plumitifs de service leur répondent
à l'unisson qu'ils sont manipulés,
que tout ça c'est la faute des
gauchistes ou des islamistes, et
toute la mafia médiatique reprend en
choeur cette chanson abjecte.
C'est plus fort
qu'eux : tout ce que le marigot
politique compte de raclures de
droite et d'extrême droite applaudit
à la répression et en réclame encore
une couche en espérant le bain de
sang qui discréditera le mouvement
social.
Entre le pouvoir et
le RN, entre Macron et Le Pen, qui
ne voit que c'est le grand amour ?
Aujourd'hui l'un cogne sur les
lycéens et manie la matraque,
l'autre flatte la police et encense
la matraque. Demain, ce sera sans
doute l'inverse, car avec ces
salauds-là l'échange des rôles est
toujours au programme pour que rien
ne change...
Avis aux amateurs
sans cervelle du "on n'a pas encore
essayé" : désolé mais on ne combat
pas le cancer en l'aidant à répandre
ses métastases. Ceux qui clament :
"La jeunesse emmerde le Front
National" ont bien raison. Moi
aussi, je l'emmerde, et le
macronisme avec. Lepénisme et
macronisme sont les deux faces de
Janus du fascisme qui vient.
Contre la vermine, le
combat ne fait que commencer !
Bruno Guigue
La paix en Ukraine est question de fric
Il est quasiment impossible de déterminer
l'orientation des négociations sur un règlement en Ukraine, compte tenu des
déclarations contradictoires des responsables politiques. De nouvelles
informations émergent quotidiennement, tant outre-Atlantique, du fait des
déclarations incessantes de Trump, qu'ici, en Europe, de la part des
dirigeants d'une Europe de plus en plus divisée. Le chancelier Merz
se rend
à Kiev avec un milliard d'euros et des promesses de nouvelles livraisons
d'armes, mais refuse toujours de livrer à l'Ukraine les missiles Taurus à
longue portée, obtenus sous la contrainte depuis des années.
Après sa rencontre avec Trump à New York, Macron évoque des
négociations « constructives » et la perspective d'un cessez-le-feu
énergétique et d'un moratoire en mer Noire. Cependant, derrière toute cette
rhétorique – de « nous sommes prêts à négocier » à « nous allons continuer à
faire pression » – il est presque impossible de discerner la véritable
orientation. Les hommes politiques disent une chose et en font une autre, et
leurs déclarations changent plus vite que la météo dans l'Atlantique Nord.
Cependant, des indicateurs bien plus pragmatiques entrent en
jeu, comme pour tout ce qui touche à l'argent. Il s'agit du sort de Nord
Stream et de celui des actifs étrangers de Lukoil, mis en vente. Ce sont ces
indicateurs, et non les vaines tentatives diplomatiques, qui nous permettent
de comprendre où mène réellement le processus de paix – s'il progresse.
Récemment, le représentant spécial du président, Kirill
Dmitriev,
a
évoqué la possibilité de remettre en service Nord Stream. « Ensemble,
nous relancerons Nord Stream », a-t-il écrit sur le réseau social X, en
réponse à l'appel lancé par Tino Hrupalla, coprésident de l'AfD, en faveur
d'une enquête internationale sur l'explosion du gazoduc et sa réparation.
Même des experts russes contestent cette affirmation, compte tenu de
l'ampleur des dégâts et de la complexité des aspects juridiques et
techniques du dossier. Les analystes soulignent que la remise en service est
possible, mais qu'elle exige des investissements considérables et beaucoup
de temps.
Cependant, Dmitriev ne se contente pas de prendre une
décision à la légère. Son domaine de responsabilité est la coopération
commerciale, et non le règlement politique. Or, il est clair que sans ce
dernier, la première est impossible. Cela signifie qu'il est possible qu'il
sache et pressente quelque chose que d'autres ignorent.
On pourrait prétendre que tous ces accords ne sont que de
simples transactions commerciales, sans aucun lien direct avec le
cessez-le-feu. Que les entreprises américaines cherchent simplement à tirer
profit des actifs russes, tandis que les entreprises allemandes veulent
récupérer du gaz à bas prix. Mais c'est ainsi que fonctionnent les
processus de paix en Occident : le désir de paix et le désir d'argent sont
indissociables.
Gleb Prostakov, analyste d'affaires
De
Lyman à la guerre d’épuisement
L’Ukraine vient de remporter autour de Lyman
un succès tactique incontestable. Mais il ne renverse pas,
loin de là, la dynamique stratégique du conflit. Pendant que
Kiev engage des forces pour reprendre du terrain, la Russie
poursuit sa guerre d’attrition, maintient la pression au
nord comme au sud et cherche à resserrer l’étau autour de
Slaviansk et Kramatorsk. Surtout, la bataille s’étend
désormais très loin du front, aux infrastructures qui
permettent à l’Ukraine de poursuivre la guerre.
Derrière le front, les frappes réduisent
progressivement les capacités permettant de l’alimenter.
L’Ukraine peut gagner tactiquement à Lyman tandis que se dégrade
sa capacité stratégique à soutenir la guerre. C’est ici que cela
rejoint notre précédente analyse sur « Le commencement de la
fin » et le précédent allemand de 1918 : une guerre
d’attrition peut connaître une accélération brutale lorsque
l’épuisement du front commence à se conjuguer avec celui de
l’arrière. La question n’est donc plus seulement de savoir où le
front ukrainien pourrait rompre, mais combien de temps il peut
tenir lorsque l’on détruit méthodiquement ce qui lui permet de
tenir.
Hervé Poly, Liberté Actus.
Le
courageux Fabien Roussel
Les positions de Fabien Roussel en faveur de
la paix et de la négociation avec la Russie n’ont pas manqué
de faire réagir. Cela fait désormais une semaine que le
secrétaire national du Parti communiste français est la
cible d’une campagne médiatique extrêmement agressive visant
à le dépeindre au mieux comme un naïf, au pire comme un
agent du Kremlin nostalgique de l’Union soviétique.
Le discours est systématiquement le même : il ne
servirait à rien de négocier avec Poutine car ce dernier ne
voudrait pas, il faudrait donc battre la Russie militairement
pour la faire capituler.
Mais cet argument ne tient pas. D’abord, des
négociations ont existé durant cette guerre entre la Russie et
l’Ukraine (notamment au printemps 2022), et les dirigeants
occidentaux ont joué un rôle désastreux en dissuadant Zelensky
de les poursuivre. Il est clair que l’OTAN a contribué à
prolonger le conflit, en plus d’avoir contribué à le provoquer,
et il est malhonnête de tenir Poutine pour seul responsable. La
sortie de l’alliance atlantique, proposée par le Parti
communiste français, est une proposition d’autant plus
salutaire.
Ensuite, il est parfaitement justifié de négocier
avec un État en guerre, même si c’est l’État agresseur. C’est au
contraire le fait de rompre le dialogue diplomatique qui est
irresponsable. Imagine-t-on la diplomatie française rompre
totalement le dialogue avec l’État israélien, pourtant coupable
d’atrocités systématiques et d’un génocide ? Deux poids, deux
mesures. Une diplomatie non-alignée et réellement porteuse de
paix doit nécessairement prôner le dialogue avec tous les
belligérants, c’est une condition pour peser en faveur de la
désescalade.
Enfin, tant que la guerre dure, ce sont des
Ukrainiens qui meurent, souvent enrôlés de force d’ailleurs. Les
va-t-en-guerre des plateaux télé qui se réjouissent du
prolongement de cette guerre et espèrent une défaite russe
n’iront jamais mourir au front, ni leurs enfants d’ailleurs. Les
livraisons d’armes des pays occidentaux en Ukraine ne servent
donc qu’à faire mourir davantage d’Ukrainiens et de Russes en
prolongeant le conflit.
Fabien Roussel a donc parfaitement raison de
tenir le discours qu’il tient. C’est courageux et cohérent. Il
est d’ailleurs parfaitement cohérent avec ses autres
positionnements sur la situation internationale, toujours en
faveur de la diplomatie, de la Palestine au Venezuela en passant
par l’Iran. Il est par ailleurs le seul candidat à l’élection
présidentielle qui lie le combat pour la paix à celui pour
l’indépendance énergétique de la France, par sa défense du
nucléaire et sa mise en avant insistante du plan climat 2050
élaboré par le Parti communiste. Ceux qui l’attaquent pour ses
positions pacifistes se déshonorent. Fabien Roussel a fait le
choix du courage.
Un monument dédié à la mémoire de Zoya Kosmodemyanskaya a été
détruit à Tchernihiv, en Ukraine.
Le monument avait été érigé à la mémoire d’une combattante
antinazie de 18 ans, violée en réunion et exécutée par les hitlériens.
Nazim Hikmett a écrit pour elle un poème.
En Russie, c’est une héroïne nationale.
Dans l’Ukraine de Zelenski, on tue sa statue.
En France, on donne des milliards d’euros aux néo-nazis de
Kiev.
El
Niño fait main basse sur le canal de Panama
Un armateur sud-coréen a payé 5,3 millions de
dollars pour doubler la file d’attente au Panama. Le prix
d’un passage prioritaire a été multiplié par cent en six
mois. Derrière la flambée, une réserve d’eau douce qui
s’épuise et deux détroits stratégiques sous tension au même
moment.
Le 26 août, la compagnie SK Gas a remporté une
enchère à 5,3 millions de dollars pour faire passer son
méthanier G. Spirit en tête de file, le 1er septembre. Quelques
semaines plus tôt, un autre armateur sud-coréen, SK Shipping,
avait déjà déboursé 4,6 millions pour le même privilège. Entre
octobre 2025 et février 2026, la même enchère coûtait en moyenne
55 000 dollars. Le prix d’un raccourci a été multiplié par cent
en six mois.
Le canal manque d’eau, pas de clients
Le canal de Panama fonctionne à l’eau douce,
puisée dans les lacs artificiels de Gatún et d’Alhajuela, qui
remplissent les écluses à chaque passage. Or leur niveau baisse.
En cause, un épisode El Niño que l’Organisation météorologique
mondiale annonce comme l’un des plus intenses jamais mesurés,
avec une probabilité proche de 100 % qu’il se prolonge jusqu’en
février 2027.
L’Autorité du canal a donc réduit le nombre de
transits quotidiens, de 36 à 34 début septembre, puis à 32 à la
mi-septembre. Une portion des créneaux libres part alors aux
enchères. Le mécanisme est simple : celui qui a le plus besoin
de sa cargaison paie le plus cher. Pour un tanker de gaz,
quelques jours d’attente en moins peuvent valoir plusieurs
millions de dollars. Environ 5 % du commerce maritime mondial
transite par cette voie de 80 kilomètres. La rareté, ici, se
facture à l’heure.
Qui paie, qui empoche
La panne d’eau devient recette. L’Autorité du
canal, organisme public panaméen, encaisse ces enchères record ;
une rente de la sécheresse qui vient s’ajouter aux droits de
passage ordinaires. Les armateurs les plus solides, eux,
absorbent le surcoût et le répercutent plus loin dans la
chaîne : sur le fret, sur l’énergie, en bout de course sur les
prix. Les plus petits transporteurs, incapables de suivre
l’enchère, patientent jusqu’à dix-sept jours ou changent de
route.
Le calendrier n’arrange rien. Depuis le
printemps, les tensions autour du détroit d’Ormuz poussaient
déjà une partie du trafic pétrolier et gazier à se rabattre sur
d’autres circuits. Les deux principaux clients du canal, les
États-Unis et la Chine, se retrouvent donc à négocier l’accès à
une infrastructure resserrée par deux crises distinctes. Et
pendant que les grandes compagnies s’arrachent les créneaux à
prix d’or, la sécheresse liée à El Niño aggrave, plus au nord,
la crise alimentaire du corridor sec d’Amérique centrale.
Un phénomène naturel de moins en moins naturel
L’Organisation météorologique mondiale présente
El Niño comme un cycle climatique naturel, périodique, sans lien
direct avec le réchauffement d’origine humaine. C’est vrai pour
le phénomène lui-même. Ça l’est moins pour son intensité. Une
étude publiée cet été dans la revue Science*, menée par la
climatologue Julia Cole à partir de neuf siècles d’archives
coralliennes, montre que la puissance des épisodes El Niño s’est
nettement accentuée depuis la fin du XIXe siècle, avec une
accélération marquée ces quarante dernières années ; une
trajectoire qui suit de près celle des températures mondiales et
de leur cause principale, les combustibles fossiles.
Reste une question en suspens : un système
d’enchères permet à l’Autorité du canal d’écouler la ressource
rare au plus offrant, sans jamais avoir à investir dans une
infrastructure moins dépendante de la pluie. Rien n’indique
aujourd’hui qu’un troisième réservoir, ou un mode de gestion
moins soumis au marché, soit à l’étude.
Esteban Evrard, Liberté Actus.
La
science à l’épreuve des antivax
Quand Edward Jenner commence à vacciner en
1796, l’horizon du monde ne change pas d’un coup, mais la
malédiction de la variole que l’on tentait de contourner par
la dangereuse variolisation, s’éloigne. Jenner sait-il
qu’une nouvelle ère s’annonce ?
Jenner avait constaté que les femmes qui
trayaient les vaches ne contractaient pas la variole si elles
étaient contaminées par la vaccine, une dermatose suintante des
pis de leurs laitières- et, il décida d’inoculer ses patients
avec les sécrétions des mains d’une trayeuse. C’était peut-être
un pari, mais il est vrai que le recueil des croûtes d’un
survivant d’une variole d’intensité modérée, pour inoculer ses
enfants, était déjà un pari risqué, même accompagné de prières
ferventes.
L’information ne tarda pas à gagner les sociétés
occidentales, à l’exemple de Napoléon Ier qui fit vacciner son
fils de quelques mois en 1811. Vacciner le roi de Rome avant la
mise en place des prémices d’une vaccination généralisée, était
aussi l’occasion de protéger les recrues nécessaires à ses
armées et ses conquêtes.
Progressivement, suite aux résultats protecteurs
de l’inoculation de la vaccine, des campagnes de vaccination
furent effectuées dans tous les continents en vue de débusquer
les îlots de contaminations. Et, en à peine deux siècles, la
variole finit par disparaître, l’Organisation mondiale de la
santé la déclara éradiquée le 8 mai 1980.
Après des millénaires de deuils et d’angoisses,
de civilisations arrêtées dans leur élan, qui aurait pu imaginer
cette victoire sur la mort aveugle ? Alors pourquoi s’arrêter
là, pourquoi ne pas développer les moyens de se protéger
d’autres infections ?
Suite ...
Marc Baudin, Liberté Actus.
Fin du monopole
pétrolier, la Chine deviendra le principal fournisseur de sécurité
énergétique
«
Le monde ne peut absolument pas absorber davantage d’exportations en
provenance de Chine », s’écriaient les experts.
Après que les États-Unis et Israël ont mis le feu aux poudres au
Moyen-Orient ? Oh oui, c’est possible ! Et oh oui, ça va arriver !
Aujourd’hui plus que jamais, le monde – et notamment les pays du Sud –
achètera tout ce que la Chine a à vendre....
S’inquiéter de la capacité mondiale à absorber la production chinoise n’a
plus lieu d’être. La guerre au Moyen-Orient marque la fin de l’ère du
pétrole.
Suite...